32e Festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan, du 29 juin au 3 juillet 2021

vendredi 30 avril 2021 par Nicolas Vilodre

Enfin, les affaires reprennent. Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan vient d’annoncer la programmation de son édition 2021, du 29 juin au 3 juillet. Il sera précédé par le quatrième festival Flamenco en Loire (du 25 au 27 juin) et suivi par le festival de Rivesaltes, qui prend ses nouveaux quartiers à Perpignan (du 9 au 14 août), puis, en automne, par celui de Toulouse – tous évènements dont nous ne manquerons pas de vous entretenir, après un probable détour par Jerez.

 

Si l’on excepte Sandrine Rabassa, la directrice artistique du Festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan, la soirée de lancement de sa 32e édition (qui se déroulera du 29 juin au 3 juillet 2021) a été présentée en visioconférence par des hommes : Lionel Niedzwiecki (qui l’a animée), Xavier Fortinon (président du Conseil Départemental des Landes), Charles Dayot (maire de Mont-de-Marsan et président de l’Agglomération), Renaud Lagrave (vice-président de la région Nouvelle Aquitaine) et Antoine Gariel(directeur du Théâtre de Gascogne). Antonia Emmanuelli, absente, avait su convaincre en son temps son mari Henri, président du Conseil Général des Landes dans les années 80, de créer un festival voué à l’art andalou, un peu sur le modèle de celui consacré au jazz à Marciac, qui avait rencontré un succès retentissant. Arte Flamenco avait et a toujours l’ambition de réunir « les plus grands danseurs et musiciens flamencos du monde. » Les hommes qui, aujourd’hui encore, tiennent les cordons de la bourse de cet événement qui rayonne dans l’hexagone et en dehors de ses frontières, ont été particulièrement sensibles cette année au flamenco féminin.

La nouveauté est aussi que la manifestation se déroulera en extérieur : dans les arènes du Plumaçon, gracieusement mises à disposition des organisateurs par la ville, et sur la « scène de la bodega » qui sera transposée sur la magnifique place Saint-Roch, bordée de terrasses de cafés et de restaurants qui, bonne nouvelle, seront rouverts ! La programmation a été rendue publique en même temps que l’ont été les mesures gouvernementales du déconfinement spectaculaire – dans tous les sens de ce terme. La conférence de presse a naturellement mis l’accent sur les « cinq soirées exceptionnelles » qui se tiendront dans l’amphithéâtre à ciel ouvert de Plumaçon, sur la grande scène de 18 mètres qui sera installée dans le ruedo (cf. notre agenda). Le détail des spectacles qui seront présentés ailleurs, des actions pédagogiques, cartes blanches, expressions libres, stages et animations sera communiqué en juin sur le site d’Arte flamenco. D’ores et déjà est confirmée, l’exposition « Danse Danse avec la lune », au musée Despiau-Wlérick, qui fera le lien entre les mouvements chorégraphiques et ceux des planètes.

La bailaora Rafaela Carrasco, ex-directrice artistique du Ballet Flamenco d’Andalousie, « héritière de la grande Matilde Corral », fera l’ouverture du festival, le 29 juin, avec sa dernière création, « Ariadna, al hilo del mito« . Outre Rafaela Carrasco, on y admirera à la danse Rafael RamírezGabriel MatíasRicardo Moro et Felipe Clivio ; au chant,  Antonio Campos et Miguel Ortega ; à la guitare, Jesús Torreset Juan Antonio Suárez « Cano ». Le pianiste de Triana, Pedro Ricardo Miño, dévoilera au public français le 30 juin le spectacle qu’il a donné à l’Alcazar lors de la dernière Biennale de Séville (« Universo jondo« ), en compagnie de la cantaora lebrijana Anabel Valencia, la cousine de José du même nom, du danseur El Choro, du percussionniste Paco Vega et des palmeros Manuel Valencia et Manuel Cantarote.

Le 1er juillet sera de nouveau la fête des femmes, avec Manuela Carrasco, qualifiée de « déesse de la danse », de « beauté gitane de Triana » et de « mythe vivant », qui se produira avec la chanteuse Esperanza FernándezLa Tana et Zamara Carrasco, ainsi qu’avec sa fille, elle aussi danseuse, elle aussi prénommée Manuela (« Aires de mujer« ). A été annoncé le report à l’an prochain de la création commandée par le Festival et le Théâtre à la danseuse Patricia Guerrero. Le 2 juillet, date anniversaire de la mort de Camarón de la Isla, sera l’occasion d’une soirée de « cante jondo » sobrement intitulée « Voces« , avec deux artistes ayant obtenu le giraldillo de Séville, El Pele et Pedro el Granaíno – on sait que le second excelle à appliquer de manière personnelle le style de Camarón aux compositions d’Enrique Morente, et que le premier est l’un des cantaores les plus créatifs et inspriés de la génération postérieure (donc, à ne pas manquer). On aura droit à un bonus qui, à lui seul, méritera le déplacement : une prestation du fantasque bailaor Farruquito, petit-fils de Farruco et fils de La Farruca. En clôture du festival montois, le 3 juillet, sera donnée la suite du dialogue entamé il y a deux ans à Nîmes et, espérons-le, le début d’un tout autre, intitulé « Inicio (Uno)« , entre deux solistes d’exception, la danseuse Rocío Molina et le guitariste Rafael Riqueni, capables d’envolées lyriques comme de pureté stylistique.

www.arteflamenco.landes.fr

www.flamencoweb.fr

NB : réservations en ligne ouvertes à partir du 12 mai

Nicolas Villodre