Le théâtre parisien ouvrira, en juin 2022, « La Scala Provence », un lieu de création pluridisiplinaire et de résidence d’artistes.

ParSandrine Blanchard

Publié aujourd’hui à 08h00, mis à jour à 08h38

Temps de Lecture 3 min

Le cinéma Pandora (ex-Capitole) sera rebaptisé, d’ici à juin 2022, La Scala Provence,  1, 1 million d’euros de travaux vont être lancés pour l’aménager.

Le cinéma Pandora (ex-Capitole) sera rebaptisé, d’ici à juin 2022, La Scala Provence,  1, 1 million d’euros de travaux vont être lancés pour l’aménager. LA SCALA

Alors que les lieux culturels ont été fermés pendant de longs mois pour cause de pandémie, « la période du Covid a été propice et fructueuse », assure, sourire aux lèvres, Frédéric Biessy, directeur de La Scala Paris. Boutade ? Provocation ? Ni l’une ni l’autre, plutôt un optimisme inébranlable et une dose d’ambition. Trois ans après avoir inauguré leur nouveau théâtre privé dans le quartier des Grands Boulevards, le couple Frédéric et Mélanie Biessy – lui ancien producteur indépendant de spectacles, elle directrice d’une société de capital-investissement –, entendent amplifier l’aventure. Ils ouvriront, en juin 2022, La Scala Provence à Avignon et lanceront, en janvier, leur propre label musical, Scala Music.

« Nous ne voulions pas devenir un garage chic qui ne programmerait que des créations venues d’ailleurs », justifie Frédéric Biessy. Lieu pluridisciplinaire où se croisent théâtre (Alexis Michalik), danse (Kaori Ito), musique (Yann Robin), humour (Jonathan Lambert), cirque et arts visuels, La Scala Paris se veut « un théâtre privé d’intérêt public ». A l’automne 2020, La Piccola Scala (180 places) est venue s’ajouter aux 700 fauteuils de la grande salle mais a supprimé les salles de répétition. En quête d’espace supplémentaire, c’est grâce à l’ancienne ministre de la culture Françoise Nyssen et son mari Jean-Paul Capitani, à la tête du groupe d’éditions Actes Sud, que Frédéric Biessy s’est tourné vers Avignon.

« Un jour, ils m’ont appelé. Ils venaient de visiter un lieu à vendre à Avignon, envisageaient d’y créer une grande librairie et me demandaient si je serais intéressé pour m’y associer », raconte-t-il. Le couple Nyssen-Capitani renonce finalement au projet mais le couple Biessy, après avoir visité le lieu convoité, a « un coup de foudre » et l’achète pour 1,1 million d’euros. Il s’agit d’un ancien et vaste cinéma au style Art déco, 3 000 mètres carrés au cœur des remparts avignonnais. Ses quatre salles (de 80 à 600 places) sont connues des spectateurs du « off » d’Avignon. Le Pandora (ex-Capitole) sera donc rebaptisé, d’ici à juin 2022, La Scala Provence. Il deviendra « un lieu de création et de résidence d’artistes à l’année », « de rodage pour les stand-upers » et toujours une adresse du festival « off » en été avec une « programmation pluridisciplinaire ».

« Un ensemble complémentaire »

Ce n’est pas la première fois qu’un théâtre privé parisien crée une « antenne » avignonnaise. Les Béliers et La Reine Blanche, avec des structures plus petites, sont déjà présents dans les deux villes. La future Scala Provence aura « la même allure » que sa grande sœur parisienne : 1, 1 million d’euros de travaux vont être lancés pour l’aménager à la couleur bleue de La Scala et créer huit studios dont l’un sera dévolu aux enregistrements produits par Scala Music.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Avec l’humoriste Jason Brokerss, le stand-up entre à La Scala

Ce nouveau label, dirigé par le compositeur Rodolphe Bruneau-Boulmier, producteur à France Musique et conseiller musical de La Scala, entend « soutenir l’émergence », « estomper les frontières entre classique, jazz et électro » et « porter des projets qui peuvent se décliner sur scène ». « Nous voulons produire des artistes de A à Z », explique son directeur, qui garde pour l’instant secret le nom des cinq premiers artistes signés. Outre la sortie de disques, le label sera distribué en ligne par Believe pour sa déclinaison numérique.