Grégoire

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18 05/2017

Poignards, intrigues, poisons et maléfices à Tirana | L’Humanité

jeudi 18 mai 2017|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Luiza Xhuvani joue une Lucrèce Borgia tout en fêlures, toujours ancrée dans le registre de la tragédie. Kristo Calat/Teatri Kombetar

Éric Vigner met en scène Lucrèce Borgia avec la troupe du Théâtre national d’Albanie. Le drame de Victor Hugo, qui se trame sous le règne d’un clan tyrannique, résonne singulièrement dans ce pays longtemps étranglé par une féroce dictature.

Au crépitement d’un néon, une silhouette féminine prend forme, spectrale, dans un grondement d’orage, puis s’efface. Au centre du plateau, comme un totem dont on ne distingue jamais la cime, s’élève une réplique de la Colonne sans fin de Constantin Brâncusi, allumée par les reflets mordorés d’un interminable crépuscule. Sur la scène à l’italienne du Théâtre national d’Albanie, vouée à une destruction prochaine, Éric Vigner met en scène Lucrèce Borgia. Il déplie en plasticien ce drame tragique de Victor Hugo au gré de tableaux aussi lugubres que cette intrigue se tramant dans l’Italie du XVe siècle, sous le règne d’un clan tyrannique, corrompu et décadent. Le crissement d’un sabre qu’on aiguise rythme d’abord le récit glaçant de l’inceste et du sang versé, celui de l’assassinat de Jean Borgia par son frère César, par amour pour leur sœur, Lucrèce. Gennaro, endormi, n’entendra rien du secret de ses origines. Dès l’instant où elle se penche sur le sommeil de ce jeune capitaine, Luiza Xhuvani joue une Lucrèce Borgia tout en fêlures, toujours ancrée dans le registre de la tragédie. Sous la femme machiavélique, criminelle et dépravée, perce d’emblée, dans les modulations de l’actrice, dans la tension de son jeu, la quête de salut, la certitude que l’amour maternel peut laver les péchés d’une infâme lignée. Dans le clair-obscur d’un inquiétant carnaval, l’inversion des valeurs opère chez elle à contre-courant et derrière les masques, la métamorphose est déjà là, lorsque la mère et le fils, lovés dans la même pelisse de laine blanche, entament une valse étrange et ambiguë.

Les ondoiements de la lumière

Autour de la colonne, le ballet macabre du soupçon et des représailles les emporte pourtant, comme il emporte encore de nos jours les montagnards albanais pris au piège du kanun, ce code d’honneur hérité de l’Empire ottoman qui perpétue la loi du talion. L’oppression porte ici un nom, Borgia, qui surgit, sur scène, en lettres blanches en trois dimensions, comme celles qui peuplent les parcs de Tirana. Dans la déambulation autour de ces caractères, la révolte gronde et résonne dans une mémoire collective encore meurtrie par un demi-siècle de dictature féroce, de huis clos suffocant. Dans un geste de rébellion, Gennaro fait tomber l’initiale, « Orgia » claque finalement comme l’un de ces slogans de pierre dont Enver Hoxha parsemait les paysages, à la gloire du Parti et de son chef aussi despotique que paranoïaque. Au flanc des montagnes, on aperçoit toujours ces inscriptions démentes, des esprits libres en ont détourné le sens, « Enver » est devenu « Never »… Sur scène, la répression revêt la forme d’un cérémonial d’empoisonnement qui se déploie et se répète à l’ombre d’un rideau noir frappé de l’aigle bicéphale, le symbole national qui orne le drapeau. Toujours ambivalente, Lucrèce parvient à soustraire Gennaro aux foudres de son époux jaloux, le duc Alphonse, mais perd, par vengeance, les compagnons du jeune capitaine. Le voile noir se lève, tombe un rideau doré, gigantesque couverture de survie prête à envelopper le dernier souffle de la monstrueuse héroïne en quête d’une impossible renaissance. Le tonnerre ponctue le matricide et, comme au début, c’est la musique qui meut les protagonistes et semble précipiter ce passage à l’acte sacrificiel. Sur le fil de la mort, Gennaro apprend dans une explosion de douleur le secret de sa filiation. Il tombe au pied de la Colonne sans fin, finalement happée par les ténèbres. Le jeu torrentueux des acteurs de la troupe du Théâtre national d’Albanie, formés à l’école russe, se confronte ici à la scénographie picturale d’Eric Vigner, donnant un souffle épique à ce drame classique. Dans cette recherche, tout se noue dans les ondoiements de la lumière. « On sait ce que la couleur et la lumière perdent à la réflexion simple, remarquait Victor Hugo dans la préface de Cromwell. Il faut donc que le drame soit un miroir de concentration qui, loin de les affaiblir, ramasse et condense les rayons colorants, qui fasse d’une lueur une lumière, d’une lumière une flamme. Alors seulement, le drame est voué à l’art. » D’une création à l’autre, Éric Vigner tisse une cohérence artistique qui fait du théâtre un point d’optique.

Tournée française : du 12 au 19 novembre au TNB, Théâtre national de Bretagne, dans le cadre du festival Mettre en scène.

À lire : Éric Vigner, 48 Entrées en scène, Éditions Les Solitaires intempestifs. Un théâtre plasticien, sous la direction de Sandrine Morsillo, Éditions l’Harmattan.

Rosa Moussaoui – Journaliste à la rubrique Monde

Source : L’Humanité

17 05/2017

Irina Brook : « J’aimerais être beaucoup plus révolutionnaire ! » | Profession Spectacle

mercredi 17 mai 2017|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Actrice et metteur en scène franco-britannique, Irina Brook est tombée dedans quand elle était petite : fille de Peter Brook et de l’actrice Natasha Parry, elle se forme aux États-Unis avant de rejoindre l’Angleterre, puis la France, où elle s’attache à la mise en scène avec, comme figure tutélaire, William Shakespeare. Couronnée par deux Molière, Irina Brook est nommée en 2014, pour trois ans, à la tête du théâtre national de Nice, mission qui vient d’être renouvelée au début de l’année 2017. Rencontre.

Vous avez été reconduite à la tête du Théâtre National de Nice pour une période de trois ans, jusqu’en 2020. Comment décririez-vous votre parcours ?

Je suis passée d’actrice à metteur en scène à la fin des années 1990. Alors, j’étais libre comme l’air, suivant simplement mes aspirations artistiques et créatives. En France, à la différence des autres pays, il y a toujours un moment où un metteur en scène est invité à diriger une maison, un théâtre. Il arrive un moment, et c’est spécifique à la France, où l’on ne peut pas aller plus loin, si l’on ne rentre pas dans ce système. J’avais toujours dit que cela ne m’intéressait pas car le plus important pour moi était d’être libre, de ne pas être obligée de rester quelque part à plein temps. Ce que j’ai beaucoup aimé dans mon travail de metteur en scène, ce fut également de tourner ; je pense que je suis assez gitane dans l’âme, j’ai aimé voyager et bouger constamment.

Vous avez été en Angleterre et aux États-Unis avant cela ?

Je n’ai jamais vraiment tenu en place nulle part. C’était très bien pour moi de pouvoir constamment me déplacer avec les spectacles, de théâtre en théâtre, de ville en ville, de public en public, comme avec un cirque. C’est, pour moi, l’un des grands intérêts de la mise en scène. Mais il y a trois ans environ, j’ai pris conscience que, comme metteur en scène, j’avais aussi besoin d’un lieu, car il arrive un moment où le metteur en scène est à la merci des directeurs de lieux, qui ont tout le pouvoir. L’artiste n’a pas beaucoup de possibilité s’il n’a pas de lieu. Il faut absolument être dans les bonnes grâces d’un directeur. C’est ainsi que j’ai compris pourquoi tout le monde finissait par diriger des théâtres.

Je suis une enfant des années 70 et mon rêve a toujours été La Cartoucherie de Vincennes et j’ai toujours cru, depuis vingt ans, que je pourrais créer ma propre Cartoucherie. Plusieurs fois, je suis allée au ministère demander des subventions. Peu avant de me proposer pour Nice, j’étais encore allée voir le ministère car j’avais la possibilité de m’installer dans une vieille friche à Ris-Orangis, en région parisienne. Le maire de l’époque, Thierry Mandon, m’avait proposé de reprendre une friche pour en faire un théâtre dans son éco-village, ce qui me semblait absolument génial. J’étais partie au ministère pour tenter d’y trouver des subventions afin de créer ce lieu. On m’y a répondu que c’était impossible de créer de nouveaux lieux aujourd’hui, qu’il fallait que je me propose pour diriger un CDN.

Quelles sont les raisons qui ont été invoquées pour expliquer l’impossibilité de créer un nouveau lieu ?

Il semble que je sois née à la mauvaise époque. Dans les années 80, tout était en floraison, on pouvait encore imaginer des Cartoucheries, des Bouffes, des lieux extraordinaires, mais cela s’est vraiment ralenti malgré quelques exceptions. Nous ne sommes plus à cette époque où l’on pouvait rêver d’un lieu créé spécialement sur mesure. Selon le ministère, le plus judicieux était de déplacer les artistes d’un endroit à un autre, afin de diriger toutes ces maisons qui en ont besoin. J’avais dans l’idée de récupérer un bâtiment en friche, de le reconstruire en bois, de l’appeler le Dream Théâtre, d’en faire quelque chose de complètement alternatif… On m’a poussée à proposer ma candidature pour diriger le théâtre de Nice. J’ai failli tomber de ma chaise.

L’aspect intéressant, c’est qu’il s’agissait d’un des seuls CDN que je connaissais bien : on allait y jouer chaque année avec la compagnie. J’avais une affection particulière pour ce théâtre, car je trouvais le public extraordinaire, en dépit des a priori que l’on peut avoir sur Nice, la Côte-d’Azur… Je ne sais pas si j’aurais éprouvé la même envie pour un autre CDN. J’ai donc postulé et, après quelques complications politiques, j’ai fini par être choisie.

Comment se sont passées ces trois premières années ?

La première année, je me suis sentie très bien accueillie. J’étais naïve, pleine d’idées et d’enthousiasme, puis la réalité a repris le dessus. Je me suis rendue compte que changer le monde, ou même simplement une ville, voire un théâtre, était naïf et impossible. Tout est contre le mouvement de changement. On se retrouve à contre-courant si l’on prétend changer quoi que ce soit. Les obstacles ont surgi de tous les côtés et j’ai perdu courage. Mais depuis l’été dernier, j’ai commencé à voir les premières pousses de ce que nous avions semé. C’est comme si l’on m’avait confié un énorme champ à défricher et replanter, avec un peu plus de bio. J’ai été mitigée sur l’idée de reconduire ma candidature, car j’ai toujours cette envie de liberté, de bouger, de choisir avec qui travailler ; mais, dans le même temps, j’ai très envie de voir croître ce que j’ai semé. Il est impossible de voir un changement radical en trois ans. J’ai ouvert un énorme chantier que je ne peux pas abandonner en plein travail.

Le public vous a-t-il suivie ?

Le public a suivi son mouvement naturel ; il a changé et suivi. Le public avait un a priori sur moi, avant que j’arrive. Un deuxième théâtre a été construit à Antibes, que dirige mon prédécesseur [Daniel Benoin, NDLR]. Le mouvement naturel d’une partie du public a été de le suivre. C’est naturel et bon, car cela signifie qu’il peut exister plusieurs directions de théâtres différentes. Évidemment, les chiffres de la fréquentation n’ont fait que baisser les deux premières années. Cela a fait peur aux tutelles. Il est pourtant impossible de remplir avant de vider.

Vous assumez un changement radical de public ?

Pas radical car il y a des abonnés de tous les âges qui sont restés très aventureux, très ouverts et qui ont suivi le changement avec joie. D’innombrables personnes abonnées depuis longtemps me disent qu’elles sont contentes. C’est un mélange. Un public est une masse organique et humaine. Il n’est pas le même la première semaine d’un spectacle que les suivantes. L’essentiel pour moi est de ramener la jeunesse, car on n’a pas fait beaucoup d’efforts au TNN pour y amener la jeunesse.

Revenons à votre répertoire. On peut y discerner deux lignes. Une classique, à vos débuts, une plus contemporaine aujourd’hui. Y voyez-vous un fil directeur ?

Pour moi, le fil conducteur de ces pièces, c’est l’humanité et ce que ça touche en nous et dans le public. Il est évident que l’on revient beaucoup aux classiques qui demeurent intemporels parce qu’ils ont cette humanité incontournable. On trouve cela beaucoup plus difficilement dans le contemporain, surtout celui qui se démode rapidement. Le contemporain du dernier siècle n’est plus du tout à jour, tandis que les grands classiques le sont toujours. J’ai parfois la chance de tomber sur des pièces contemporaines qui répondent au même besoin de parler de l’humain dans son entièreté.

Vous avez fait jouer deux pièces contemporaines, Lampedusa Beach et Terre noire…

J’ai découvert Lampedusa Beach, une pièce extraordinaire, par Lina Prosa ; nous l’avons montée avec Romane Bohringer. C’est à Stefano Massini que nous avons commandé Terre noire pour le festival « Réveillons-nous » que j’ai initié à Nice, autour de la COP21, pour un éveil autour de l’environnement. Il me semblait important que les théâtres y prennent part.

Ne sommes-nous pas là dans ce contemporain qui se démode, dont vous parliez ?

Nous verrons dans 50 ans si Terre noire raconte encore quelque chose. L’écriture de Stefano Massini est très belle, épurée, faite pour durer. Malheureusement, je ne pense pas que le sujet de l’environnement se démodera, cela ne risque que d’empirer.

Nous sommes aujourd’hui très focalisés sur ces problèmes. Peut-être les regarderons-nous différemment dans quelques années…

Il est certain que la façon dont on les voit sera sans doute datée et démodée, mais peu importe, ce qu’il faut, c’est raconter ce qui est d’aujourd’hui.

Nous ne sommes donc plus du tout dans le classique, qui aborde aussi des thèmes actuels et concrets mais par un autre biais, en essayant de ne pas y aller de manière frontale.

Ce qui est important, c’est de pouvoir présenter un peu de tout. Il est dommage de ne faire que du Tchekhov et du Shakespeare, quand certaines choses ont aujourd’hui besoin d’être racontées frontalement. Terre noire raconte quelque chose d’actuel, frontalement, de manière très simple, à la façon d’un conte. Cette pièce évoque les paysans d’Afrique du Sud, atteints par la corruption des multinationales et des avocats qui se disputent leurs terrains. Shakespeare ne peut pas nous raconter ces histoires d’aujourd’hui. Or cela touche les gens, notamment les jeunes, et parfois pour la première fois, grâce au théâtre : ils voient cette histoire représentée par des êtres de chair sous leurs yeux. Je me dis que c’est utile.

J’ai lu que vous revendiquiez un théâtre lanceur d’alertes. Est-ce le rôle du théâtre aujourd’hui ? Est-ce là quelque chose d’essentiel pour lui ?

Je pense qu’il faut rester modéré ; qu’il faut de tout. Je ne prétendrais pas que mon théâtre soit un théâtre lanceur d’alertes, cela serait exagéré, car j’estime que ma goutte est très petite dans l’océan de ces nécessités. Un théâtre aujourd’hui doit présenter un mélange de choses : de l’actualité, un rôle de lanceur d’alerte, mais aussi du pur divertissement… L’actualité est très déprimante et nous avons besoin de nous divertir et de rire pendant quelques heures. Quand on dirige un théâtre, il faut proposer au public un repas qui soit bien composé.

Comment arrivez-vous à être critique, en dirigeant un théâtre national, donc public ?

Je ne peux pas être critique, je me dois de rester neutre, car mon théâtre est financé pour moitié par la ville et par le ministère pour l’autre moitié. Je ne peux pas mordre la main qui me nourrit. Si j’avais un petit théâtre dans les champs, je serais peut-être beaucoup plus extrême. Il peut y avoir quelque chose de frustrant, car, compte-tenu de ce qui se passe autour de nous, j’aimerais être beaucoup plus révolutionnaire ; mais être obligée de diluer cela est aussi plus sain. Si on imagine tous les besoins de l’être humain : le rire, le réconfort, sentir son humanité, pleurer, être alerté, la direction d’un théâtre requiert une vision plus globale, oblige à dépasser sa subjectivité personnelle, ce qui est un travail très intéressant.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?

Dans l’immédiat, je veux essayer d’approfondir tout ce que j’ai mis en place. Les grands axes sont le festival « Shake Nice ! », qui est le premier grand festival shakespearien international en France. J’aimerais pouvoir approfondir le travail que je mène avec les enfants et les jeunes, pour ce festival, par le biais de « Shakespeare Freestyle ! ». Pendant deux jours, des centaines de lycéens et de collégiens retransmettent sur le plateau leur vision d’une pièce de Shakespeare en moins d’une demi-heure. C’est une des choses dont je suis le plus fière à Nice. J’espère obtenir un partenariat avec l’université de Montpellier qui est la seule, je crois, à avoir un département exclusivement shakespearien. Ce qui nous manque, c’est le fond intellectuel sur Shakespeare. Je vais aussi approfondir le travail pour la jeunesse avec un festival qui aura lieu à la rentrée, car il ne suffit pas de proposer deux ou trois spectacles pour la jeunesse dans notre programmation. Nous allons organiser quatre semaines autour de la jeunesse. Cela aura lieu en octobre 2017, ce sera le festival « Génération Z ». Il reste beaucoup de travail pour le mettre en place. J’ai trop d’idées et d’envies que je n’ai pas les moyens humains de réaliser. L’équipe n’a pourtant jamais été si inventive et si entreprenante.

Propos recueillis par Matthieu de GUILLEBON

Source : Profession Spectacle

9 11/2015

Macha Makeïeff & Elie Wajeman : Femmes savantes et amours anarchistes | Podcast France Culture

lundi 9 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , , |

Théâtre National de Marseille La Criée - «Trissotin ou les femmes savantes» de MolièreAu programme de Ping Pong ce soir Femmes savantes et amours anarchistes avec Macha Makeïeff, qui met en scène « Trissotin ou les Femmes Savantes » de Molière au Théâtre Gérard Philippe à Saint Denis puis en tournée (Créteil, La Criée à Marseille…).


Source : France Culture

11 10/2015

Joëlle Gayot reçoit Christophe Honoré | Podcast France Culture

dimanche 11 octobre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , , |

Le Théâtre de Lorient - Direction Eric Vigner - «Fin de l'Histoire» de Christophe Honoré

Joëlle Gayot reçoit Christophe Honoré, à l’occasion de sa mise en scène du spectacle « Fin de l’histoire« , d’après une pièce inachevée de Witold Gombrowicz, au Théâtre de Lorient (du 13 au 15 octobre), puis au Théâtre National de la Colline, à Paris, du 3 au 28 novembre…

Source : France Culture

21 09/2015

Interview de Macha Makeïeff | Journal La Marseillaise

lundi 21 septembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Macha Makeïeff, la directrice de la Criée, nous parle de la programmation de cette saison, de « Mise à feu ! » et de Molière.

Tout d’abord, pourquoi avoir appelé cette journée portes ouvertes « Mise à feu ! » ?

(rires) Je trouvais assez heureux de commencer par l’idée qu’un théâtre, dans le bon sens du terme, s’embrase de plein d’étonnement, de beauté, de spectacles surprenants d’artistes extrêmement variés. Quelque chose d’une réjouissance, de chaleureux, aussi quelque chose qui s’illumine sur le Vieux-Port, comme un repère. C’est une grande journée qui va inaugurer la saison, aujourd’hui, une journée absolument ouverte à tous quel que soit l’âge, même si on n’a pas l’habitude de fréquenter cette maison, c’est une journée gratuite mais c’est aussi une journée d’initiation artistique que ce soit par le dessin, le théâtre, la langue de Molière.

Quelles seront les activités proposées ?

Il y aura un atelier sur l’alexandrin, une répétition publique d’Emio Greco, on sera en contact avec des danseurs des performances, une initiation maquillage pour les enfants, aussi un parcours avec Philippe Fenouic dans les coulisses et dans la partie du théâtre où le public n’a pas accès dans les dédales de nos couloirs avec des improvisations auxquelles le public est convié à participer. C’est pour être en contact avec ce qui fabrique le théâtre, avec les artistes eux-mêmes, c’est une expérience très importante. C’est la Journée du patrimoine aussi parce que l’architecte Romain Barelli va expliquer le geste architectural de ce hall. Aller voir comment fabriquer un théâtre, les dessous, les coulisses, c’est du patrimoine mais c’est aussi une maison de théâtre.

Quelle sera la programmation de cette saison ?

Les programmations sont toujours traversées par des thèmes. Il y a deux thèmes importants et des créations, nous sommes avant tout un théâtre de création : il y a Animal ! Animal ! autour d’un spectacle avec des grues grises de Luc Petton où des danseurs font une chorégraphie avec de grands oiseaux magnifiques et nous en profiterons aussi pour avoir toutes une suite de débats avec Isabelle de Fontenay, un partenariat avec le Monde, de réflexions avec des historiens, avec des philosophes autour de ce qu’est l’animal par rapport à l’humain.

C’est-à-dire ?

C’est à la fois un sujet philosophique mais aussi accessible à chacun d’entre nous. C’est quelque chose qui m’importait que l’on aborde ici dans ce théâtre parce que c’est révélateur. Il n’y a pas plus important que l’animal pour être le révélateur de l’humain, de notre cœur humain. Le deuxième thème « Voyous Voyouses » autour de Jean Genet, des Cantates policières. C’est Arthur Nauzyciel qui a monté Splendid’s avec des acteurs américains, c’est quelque chose de très fort, de très beau, un texte qui aujourd’hui résonne de façon très puissante. Et puis les Cantates policières qui est une création du théâtre musical en collaboration avec l’opéra, là aussi avec une écriture littéraire, une création littéraire, création musicale aussi, une collaboration entre le théâtre et la musique comme je l’aime comme je la souhaite dans cette maison. Il faut venir voir les spectacles avec l’idée d’être étonné, d’être bousculé même. Je dirige un centre dramatique national et je suis tenue au bonheur de faire un spectacle par saison. Cette année c’est Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière.

Justement, adapter cette pièce dans le contexte actuel où la place de la femme en société est toujours en mutation, pourrait-on parler d’acte militant ?

(rires) Oui vous avez raison, je pense que tout acte artistique a forcement une volonté de faire passer quelque chose qui est à la fois intime et universel. Il est vrai que ça a traversé ma vie de femme mais, en même temps, c’est de faire entendre que Molière, dans un langage poétique, est tellement drôle et il aborde des sujets très puissants qui traversent évidemment la société d’aujourd’hui, plus que jamais.

La Criée a récemment subi des transformations architecturales. En quoi étaient-elles nécessaires ?

C’était important à plus d’un titre. D’abord parce qu’il y avait un problème d’amiante il n’était pas question d’abandonner une si belle maison, une si belle équipe à ce poison, la page est tournée, on a désamianté les espaces publics. La deuxième chose c’est que, moi je suis pour la beauté, cette ville change, elle est traversée par un urbanisme magnifique, continu, donc je pense que c’est une réponse artistique aussi que de faire intervenir un architecte dans un théâtre. Et troisièmement, c’était aussi mon projet, pour cette maison que d’avoir un hall qui soit comme le troisième lieu artistique de la maison puisqu’on a une grande salle de presque 800 places, une petite salle de presque 300 places et puis on a désormais un espace où on peut y faire des performances, proposer des expressions plastiques, de la photographie, des images, toutes formes d’images mais aussi des spectacles dont le format ne se propose pas à nos salles. Ca permet d’accueillir de belles expositions. Notre ambition c’est de faire un théâtre pour chaque citoyen.

Source : Journal La Marseillaise

18 09/2015

Trois raisons d’aller écouter Bartabas à Télérama Dialogue #3 – Arts et scènes | Télérama.fr

vendredi 18 septembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Son nouveau spectacle a illuminé les festivals d’été. Le cavalier-metteur en scène, fondateur de Zingaro, sera l’une des fortes têtes de notre journée de rencontres, lundi 21 septembre.

1 – Parce que de tous les inventeurs d’imaginaire et de performance scénique en activité, il est sans doute le plus physiquement, le plus radicalement engagé dans son art : Bartabas est un créateur total (démiurge, diront certains), qui vit parmi ses animaux, ses partenaires, ses cavaliers ; qui vit surtout au cœur même de ses idées, ses obsessions, sa galopante érudition (musique classique, peinture, cultures d’ailleurs…). Affûté comme jamais, ce sportif de haut niveau qu’on n’a pas vu vieillir (58 ans déjà) semble vivre chaque jour comme si c’était le premier. Ou le dernier. Debout quotidiennement à six heures pour faire travailler ses chevaux en son petit royaume de Zingaro (au fort d’Aubervilliers) et affiner sans cesse ses propres gestes, il n’en redevient pas moins chaque matin un chef d’entreprise, l’homme le plus exposé dans cette extraordinaire aventure : le cheminement d’une troupe de saltimbanques (de plus en plus étoffée, 100 personnes aujourd’hui) sur toutes les routes du monde depuis plus de trente et un ans.

De tout cela (l’entreprise humaine du théâtre équestre Zingaro, l’écriture et la création des spectacles, et bien sûr la relation charnelle de l’écuyer à sa monture), il parle avec une force qui n’en finit pas d’épater. Une rencontre avec Bartabas n’est jamais polissée, cadrée, maîtrisée. Elle est ce qu’il en fait, selon l’énergie du moment.

2 – Parce le nouveau spectacle de Zingaro, On achève bien les anges (élégies), recevra ses premiers spectateurs franciliens à partir du 23 octobre. Succès public immédiat, cette nouvelle création – la treizième en trente ans – en a déjà attiré plus de 30 000 lors de sa présentation à Lyon, dans le cadre des Nuits de Fourvière, puis 22 000 à Auch, au Pôle national des arts du cirque (Circa). A Aubervilliers, le chapiteau et sa réjouissante antichambre – le grand café/musée vivant où il ne faut pas manquer de venir à l’avance, histoire de se mettre dans l’ambiance – verront bientôt défiler 1 200 paires d’yeux ébahies chaque soir – jusqu’à février. Les réservations viennent d’ouvrir.

A noter que Bartabas lui-même, après plus de mille représentations où il restait dans l’ombre des coulisses, se présentera à nouveau au centre de l’arène dans ce spectacle où la musique de Tom Waits sera une autre forte présence.

3 – Parce que son « actualité médiatique » s’enrichit de plusieurs autres rendez-vous. Au cinéma, on le verra – en compagnie complice de son cheval préféré Le Caravage – sous l’œil d’Alain Cavalier, témoin privilégié des cérémonies matinales rapprochant l’homme de sa monture. Le Caravage sortira en salles le 28 octobre. A Versailles, où il dirige l’Académie équestre, la troupe donne chaque week-end La Voie de l’écuyer – Opus 2015 (les samedis à 18h, les dimanches à 15h). Et rappelons qu’il n’est pas trop tard pour ce procurer le riche Almanach 1984-2014, publié l’an dernier par Actes Sud, pour les 30 ans de Zingaro. Un ouvrage grand format que Bartabas dédicacera précisément à la libraire du Ront-Point, lundi, à l’issue de la rencontre – donc vers 19h.

Source : Télérama.fr

15 07/2015

Avignon : l’affaire Bettencourt avec Anouk Grinberg | Le Figaro

mercredi 15 juillet 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

TNP Villeurbanne - Direction Christian Schiaretti - «Bettencourt Boulevard» de Michel Vinaver

Dans le cadre du cycle de France Culture au musée Calvet, la comédienne a lu magistralement la pièce de son père, Michel Vinaver, Bettencourt Boulevard ou une histoire française.

Les politiques vont et viennent dans Avignon sans susciter la passion des foules. Mais la politique est au cœur du festival, avec des rencontres, des débats. C’est encore mieux quand le théâtre s’empare de sujets d’actualité.

Michel Vinaver, 88 ans, s’est toujours intéressé à la société, au monde. Lui qui fut l’un des grands dirigeants de Gillette France, a puisé ses arguments dans la guerre avec Les Coréens, dans les faits divers avec L’Ordinaire, dans l’entreprise avec Par-dessus bord, dans la réalité avec 11 septembre 2001.

Il y a un peu moins d’un an, L’Arche a publié sa nouvelle pièce, Bettencourt Boulevard ou une affaire française. Elle sera créée en novembre prochain, au Théâtre national Populaire de Villeurbanne, dans une mise en scène de Christian Schiaretti.

Cette pièce, Blandine Masson, directrice de la fiction à France Culture, l’a programmé en ouverture de l’excellent cycle de lectures et de mises en espace en public, donné dans la cour du Musée Calvet d’Avignon. C’est Michel Vinaver qui devait lire lui-même sa pièce. Mais il a été renversé dans le métro, à Paris, et a dû être hospitalisé avec une méchante fracture. C’est sa fille, la merveilleuse Anouk Grinberg, qui l’a remplacé. Elle a eu trois jours pour travailler et le résultat, vendredi soir, était remarquable.

Travail documentaire

Blandine Masson et Anouk Grinberg ont enregistré à l’aide d’un simple téléphone les propos de l’écrivain, lundi dernier et les diffusent liminairement. De sa voix ferme, Michel Vinaver explique son projet, analyse son propos. Pour lui, par-delà «l’affaire», c’est bien notre histoire qui affleure. Et la pièce en témoigne. Gilet sans manches et pantalon noirs, fine comme une brindille, Anouk Grinberg commence par la liste des personnages par ordre d’entrée en scène: chroniqueur, Eugène Schueller, Rabbin Robert Meyers, Liliane Bettencourt, François-Marie Banier, Patrice de Maistre, Françoise Bettencourt Meyers, Lindsay Owen-Jones, Dominique Gaspard, etc…Ils sont dix-sept personnages. Sans le faire exprès, Anouk Grinberg, très émue, a sauté un nom…Celui de Nicolas Sarkozy! Joli lapsus!

C’est que la pièce est bâtie sur un travail documentaire d’une précision profonde et l’on verra aussi apparaître en une scène hallucinante trois jeunes gens en visite en Allemagne en 1939, quelques semaines avant le déclenchement de la guerre: André BettencourtFrançois Dalle, qui fut le grand PDG de l’Oréal, François Mitterrand. Une évocation qui éclaire leurs relations futures, leurs mentalités et l’Histoire!

Michel Vinaver a construit la pièce en trente scènes qu’il nomme «éclats». Des précipités dramatiques très savoureux dans lesquels, de sa plume aigue, il cerne les personnages et les faits.

Source : Le Figaro

12 06/2015

Macha Makeïeff embarque ses Femmes Savantes en tournée | FranceTV Info

vendredi 12 juin 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Crée au Théâtre antique de Fourvière cet été, « Trissotin ou les femmes savantes » débute sa tournée au CDN d’Orléans le 29 septembre 2015 et part ensuite dans toute la France jusqu’au mois de mars 2016. Tombée entre les mains de Macha Makeïeff, la pièce de Molière prend un sérieux coup de botox.

Source : FranceTV Info

7 03/2015

Rencontre avec Pierre Lhomme | Cinémathèque de Toulouse

samedi 7 mars 2015|Catégories: Audiovisuel, Festivals|Mots-clés: , |

Pierre Lhomme, directeur de la photographie et invité d’honneur de la 9e édition du festival Zoom Arrière (6–14 mars 2015)

Les films et la couleur : une idylle mouvementée mais souvent fructueuse par Pierre Lhomme

En s’appuyant sur la dernière bobine de Cyrano de Bergerac et de la première de Camille Claudel, deux films pour lesquels il a remporté le César de la meilleure photographie, Pierre Lhomme nous éclairera sur les questions – techniques, esthétiques et historiques – liées à la couleur.

Le 7 mars 2015 à la Cinémathèque de Toulouse dans le cadre du 9e festival Zoom Arrière.
Captation : Carmen Grimaud

Source : Cinémathèque de Toulouse

16 02/2015

Dakh Daughters Band | TRACKS | arte

lundi 16 février 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , , |

Les sept Ukrainiennes du Dakh Daughters Band, qui mélangent spectacle burlesque, punk et sons traditionnels, ont écrit l’hymne de l’Euromaïdan, du nom des rassemblements proeuropéens de 2013 et 2014 à Kiev.