DIMANCHE 17/10/2021 à 15H04

 

Mélanie et Frédéric Biessy engagent 3 M€ sur ce lieu historique de la ville

Par Fabien Bonnieux

Capitole, Pandora, re-Capitole. Et bientôt, donc, « La Scala Provence », à partir de juin 2022. Depuis 1935, il en a connu, des séquences éclectiques, ce cinéma « Art déco » mué en théâtre chaque mois de juillet, et situé à quelques mètres de la rue de la République. Nouvelle étape : les lieux viennent d’être rachetés à René Kraus (Capitole Studios) par Mélanie et Frédéric Biessy. Un couple de parisiens qui, a mis sur orbite, avec succès, en 2018, un lieu de création multidisciplinaire (théâtre, musique contemporaine et classique, danse, nouveau cirque, arts visuels…) : la Scala Paris, qui programme tout autant Alexis Michalik, Jonathan Lambert, le stand-upper Jason Brokerss, les chorégraphes Kaori Ito et Yoann Bourgeois, le musicien électro et classique, Francesco Tristano, ou encore les circassiens novateurs de « Machine de cirque ». Mots choisis avec Frédéric Biessy.

Ci-dessus, le dessin de ce que sera « La Scala Provence » à partir de juin 2022, en lieu et place du Capitole. Ci-contre, Mélanie et Frédéric Biessy, qui ont (re) mis sur orbite « La Scala », à Paris, en 2018.PHOTOS SCALA

Croisement des genres

« Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani, dont on est proches (son épouse et lui NDLR), m’ont appelé récemment en me parlant du Capitole, qui était à vendre à Avignon. J’ai découvert le lieu il y a six mois, j’en suis tombé amoureux, j’ai vu tout le potentiel. On vient à Avignon avec une proposition qui ajoute au foisonnement d’ici, mais certainement pas en donneurs de leçon. Notre ADN à la Scala Paris, depuis le début, c’est l’émergence et le croisement des genres : théâtre, danse, musique, mais aussi nouveau cirque, stand-up, arts visuels et numériques. On a acheté le Capitole 1,5 millions d’euros et les travaux, qui viennent de commencer et se poursuivront jusqu’à fin mai, coûteron eux aussi 1,5 million ».

Ouvert à l’année

« Notre ambition est que « La Scala Provence » vive à l’année, et pas seulement en juillet. Le lieu va travailler avec des spectacles créés entièrement lors de résidences de création dans les quatre salles : la grande (autour de 600 places), les deux salles du bas (220 et 120 places) et une quatrième, toute petite, à l’étage. Les sorties de résidence (lesquelles pourraient durer un mois en moyenne) permettront de proposer des représentations, des avant-premières qui feront une programmation assez permanente ».

Quels travaux ?

« L’ancien cinéma est très beau dans sa structure et il n’est pas question de la modifier. Par contre, dans les deux salles du bas, on va mettre le plateau (la scène NDLR) en plain-pied, avec des gradins rétractables, qui seront de grands espaces de répétions, mais qui, en dix minutes, seront modulables pour accueillir du public. Aux deuxième et troisième étage, on va construire des studios pour loger les artistes qui seront en résidence. Enfin, sur le plan visuel, on décline à Avignon ce qu’on a fait à la création de « La Scala Paris » : le lieu a été pensé et dessiné par Richard Peduzzi (scénographe qui signait les décors des pièces et films de Patrice Chéreau, dont « La Reine Margot » NDLR). Par exemple comme à Paris, les fauteuils de « La Scala Provence » seront tout bleu, « bleu Scala » (couleur déposée), qui est fait de17 pigments et qui réagit différemment en fonction des lumières ».

Un label musical

Au sein de « La Scala Provence » sera installé le studio d’enregistrement d’un nouveau label, « Scala Music », dirigé par Rodolphe Bruneau- Boulmier, compositeur, producteur et animateur sur France Musique (Radio France). L’ambition est de soutenir l’émergence et d’estomper les frontières entre le classique, la musique contemporaine ou l’électro. Le label produira ses artistes de la pose des micros aux concerts de sortie de disque. Enfin, « Scala Music » sera distribué en ligne par « Believe ».