Audiovisuel

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17 03/2021

Christian Schiaretti « A voix nue » France culture | 5 épisodes du 8 au 12 mars 2021

mercredi 17 mars 2021|Catégories: Audiovisuel, Spectacle Vivant|Mots-clés: |

LE 12/03/2021

Épisode 5 :

Diriger le théâtre national Populaire: avec le pouvoir, la responsabilité

 À VOIX NUE par Lucile Commeaux

L’épiphanie poétique

Il impose en 2002 son goût pour le répertoire, ses incertitudes aussi, sur la réalité économique et esthétique d’un théâtre populaire. Christian Schiaretti y mène une politique d’ouverture, manifeste dans le choix des spectacles qui s’y donnent mais aussi dans les travaux qu’il entreprend.

Je pense que si le théâtre a quelque chose à dire au monde, il est dans le fond poétique et que dans ce fond poétique, il y a à douter fondamentalement de la qualité d’un mot, et de son véhicule sémantique. Le poète ne fait que cela, donc de ce point de vue là,  j’essaie de l’exprimer au ras du silence,  mais pas dans l’achèvement des distractions élégantes.

Démocratiser par l’élégance et non par l’aisance

Le théâtre de Villeurbanne est entièrement refait, la grande salle modernisée, un restaurant et une librairie ouvrent dans le bâtiment, et il s’en dit très fier. Il y monte de grands spectacles qui connaîtront un franc succès, notamment une adaptation d’Une Saison au Congo d’Aimé Césaire, écrivain dont il admire la prosodie.

C’est aussi pour lui un temps de réflexion sur le rôle de l’acteur, et son fonctionnement en troupe: il a voulu faire de Villeurbanne une maison pour les comédiens, où ils peuvent travailler à l’année.

Je démystifie le travail avec l’acteur, c’est à dire que son état ne m’intéresse pas, la psychologie ne m’intéresse pas. Une sorte de dérive vulgaire stanislavskienne qui supposerait qu’on soit dans des convulsions intérieures pour être au bord d’une improvisation psychologique épatante tous les soirs ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est la technicité prosodique, alors là j’ai besoin d’athlètes et à cet endroit là, évidemment, j’apprends autant de l’actrice que de l’acteur.

Christian Schiaretti a fait ses adieux au TNP de Villeurbanne en 2020, des adieux qui coïncident étonnamment avec la crise sanitaire, un ultime signe pour lui qui croit tant en eux.

Une série d’entretiens proposée par Lucile Commeaux. Réalisation : Franck Lilin. Prise de son : Georges Thô. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

 

Bibliographie :

Christian Schiaretti Pour en finir avec les créateurs Atalande, 2014.Bibliographie

Liens

Pour aller plus loin sur le théâtre populaire

23 02/2021

Interview Eric Vigner | Sceneweb 22-02-21

mardi 23 février 2021|Catégories: Audiovisuel, Spectacle Vivant|Mots-clés: |

/ itw / Eric Vigner : « On ne peut pas remplacer l’acte théâtral » 

 

Mithridate de Jean Racine dans la mise en scène d’Eric Vigner était l’une des pièces les plus attendues de la saison avec Thomas Jolly, Philippe Morier Genoud, Stanislas Nordey, Jules Sagot, Yanis Skouta et Jutta Johanna Weiss. Sa création aurait dû avoir lieu au Théâtre National de Strasbourg le 7 novembre. Le reconfinement de l’automne l’en a empêché. En attendant de retrouver la pièce en tournée à partir du 27 mai au Quai à Angers, on peut voir sa version filmée sur la chaine éphémère de France TV, Culturebox, sur la TNT, ce soir à 21h. Eric Vignier revient sur la génèse du film. 

 Comment avez-vous conçu ce film Mithridate ? Est-il différent du spectacle scénique ?

Ce sont deux objets complémentaires. On ne peut pas remplacer l’acte théâtral. Il est unique. Il n’est pas reproductible. C’est comme la vie, le théâtre. Le temps a passé, on ne peut pas le reproduire. On était dans une situation particulière car on se préparait à rencontrer le public le 7 novembre. Je n’ai pas voulu suspendre l’acte de création. L’équipe artistique était sur place, je devais aller au bout de la mise en scène. J’ai demandé de l’aide à Gildas Leroux, le président de la société de production La Compagnie des Indes, et à Nicolas Auboyneau, le délégué du théâtre et des événements internationaux à France TV, pour que l’on puisse finaliser l’acte théâtral et faire un film sur le temps des représentations supposées, dans le théâtre vide. On a filmé pendant cinq jours, dans beaucoup de silence et d’intimité, ce qui allait assez bien avec Racine et ce théâtre de chambre. Et l’on a un objet artistique qui rend compte du spectacle qui sera présenté au public je l’espère en mai-juin, qui en est complémentaire.

Comment avez-vous travaillé avec l’équipe de La Compagnie des Indes ?

On s’est interrogé sur la façon de rendre compte d’une mise en scène avec des moyens audiovisuels. Ce n’est pas une captation pour archive. Je souhaitais concevoir un objet pour être au plus proche de la sensation de la mise en scène. Avec une attention très forte sur le texte, sur le visage des acteurs, sur un rapport de proximité et d’intimité. C’est une chance d’avoir pu, à la fois, finaliser la mise en scène et concevoir ce film qui est autre chose.

Comment avez-vous fait pour rendre compte de l’intimité de la pièce ?

Je suis plasticien de formation, et je trouve que le film rend bien compte de l’atmosphère de cette pièce particulière de Racine qui est très peu jouée. Elle parle d’un homme qui s’est empoisonné toute sa vie. Vous connaissez l’expression de la « mithridatisation ». Il y a quelque chose qui se passe dans sa tête qui est de l’ordre de la succession de tableaux différents, de l’ordre des scènes traitées. L’idée était que plastiquement chaque scène, chaque mise en situation soit esthétique, avec des contrastes très très forts. Le film permet d’en rendre compte au plus près.

Avant le début du film, il y a un petit clip qui résume l’action de la pièce et qui s’appelle Mithridate express. C’est très ludique. C’est aussi le bon côté de cette pandémie, cela contraint à trouver des formes diverses pour capter d’autres publics, et le diversifier. Est-ce une porte d’entrée au théâtre ?

Absolument. Je pense que tous les moyens sont bons pour aller au théâtre. On est dans un monde de la communication. L’initiative de France TV est formidable. Cela va donner l’envie au public. Je me souviens, quand j’étais adolescent en Bretagne, j’ai aimé le théâtre avec la télévision, avec des captations de la Comédie-Française, n’ayant pas accès à ces pièces. C’est un complément de la décentralisation, cela ne la remplace pas. Et je trouve que Culturebox ne devrait pas être éphémère et devrait rester en permanence.

La tournée est reprogrammée à la fin de la saison, puis la saison prochaine. J’imagine que cela n’a pas été facile, car, dans votre distribution, il y a deux comédiens qui sont aussi directeurs de théâtre. Est-ce que cela a été un casse-tête ?

Oui, mais on a déjà réussi à le faire. Ce sont des directeurs, des comédiens, et avant tout des metteurs en scène. C’est très intéressant de travailler avec eux. D’ailleurs, je ne les ai jamais considérés comme des comédiens, mais des individualités qui sont arrivées avec leur univers et leur façon de penser le théâtre. Mon travail a consisté à ce que chacun puisse s’exprimer dans sa particularité. Quand Stanislas Nordey rencontre Racine, c’est intéressant car il est dans une grande maturité, et c’est la suite de notre travail après Partage de Midi de Claudel. De cette rencontre était née l’envie d’aller plus loin et de travailler sur un classique, avec ces contraintes, cette langue tout en alexandrins que les comédiens abordent avec une grande sécheresse, sans emphase. Propos recueillis par Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

22 02/2021

« Mithridate » : Racine en un opéra funèbre | Les Echos 22-02-21

lundi 22 février 2021|Catégories: Audiovisuel, Spectacle Vivant|Mots-clés: |

La tragédie de Racine n’a pu être représentée en novembre dernier au TNS. Elle donne presque toute sa mesure dans sa version filmée diffusée le 22 février sur la chaîne éphémère de Culture box, puis le 5 mars sur France 5. Un spectacle flamboyant, porté par l’esthétique épurée du metteur en scène plasticien Eric Vigner et par le jeu limpide de Stanislas Nordey, Thomas Jolly et Jutta Johanna Weiss.

Par Philippe Chevilley

Publié le 21 févr. 2021 à 16:45Mis à jour le 22 févr. 2021 à 9:36

Voyage funèbre, voyage poétique, voyage au coeur des sentiments viciés par le poison des guerres vaines et des amours trahis : Eric Vigner nous embarque très loin avec sa mise en scène de « Mithridate ». Le spectacle qui n’a pu être représenté en novembre dernier au Théâtre National de Strasbourg, crise sanitaire oblige, est devenu un film à découvrir sur Culturebox puis sur France 5, en attendant la réouverture des salles.

Dans cette pièce écrite en 1672 (entre « Bajazet » et « Iphigénie »), Racine imagine les dernières heures de Mithridate VI, roi du Pont (132 ou 135 – 63 av. J.C.), célèbre pour s’être immunisé contre les poisons. Le monarque, défait par les Romains, revient à son camp de base, où ses deux fils, qui l’ont cru mort, se disputent sa promise, la belle Monime. Entre rêves de revanche militaire et règlements de compte avec ses fils (l’un, le perfide Pharnace, veut pactiser avec Rome, l’autre, le tendre Xipharès a le tort d’aimer et d’être aimé de Monime), Mithridate se consume jusqu’à s’autodétruire.

L’atmosphère en clair-obscur, la sobriété et la magnificence du décor – composé pour l’essentiel d’une tour sans fin, d’un brasier et, surtout, d’un miroitant rideau de perles de verre de Bohême qui tournoie et balaie la scène – portent la tragédie à son acmé. Le spectateur assiste à un rituel hypnotique, tendu et feutré, entre opéra fantôme et transe de mort. Les costumes sont à l’avenant : précieux et scintillants. L’esthétique stylisée du metteur en scène, passe très bien à l’écran. Si le spectateur peut d’abord être dérouté par le phrasé très lent des comédiens, il est vite envoûté, happé par les vers de Racine, détachés avec justesse et netteté.

Trio magique

Eric Vigner s’est appuyé sur une équipe princière pour transcender ces longs monologues, dont deux directeurs de théâtres, comédiens et metteurs en scène fameux. Stanislas Nordey, patron du TNS, incarne avec superbe, une morgue lasse et une tristesse déchirante, Mithridate, ce roi mort-vivant qui voit le monde lui échapper. Tandis que Thomas Jolly, nouveau maître du Quai d’Angers, campe un Xipharès éperdu d’amour, à la fois bouillant et fragile. Avec Jutta Johanna Weiss, gracieuse et émouvante Monime, ils forment un trio tragique magique.

Le reste de la distribution – Jules Sagot, fougueux Pharnace, Philippe Morier-Genoud et Yanis Skouta, dignes serviteurs désemparés – est à l’avenant. On gardera longtemps en mémoire les images en gros plan de ces rois, princes et princesse empoisonnés par leurs ambitions déçues et leurs amours contrariés, de ce palais tombeau décoré de suaires de diamants. Même à la télé, le théâtre peut faire des miracles.

www.lesechos.fr

 MITHRIDATE

Théâtre

de Jean Racine

Mise en scène d’Eric Vigner.

Sur Culturebox le 22 février, sur France 5 le 5 mars à 21 h 00. Puis en replay

En tournée dès la réouverture des salles.

2 12/2016

Prix Sopadin 2016 : nos cinq paris sur les scénaristes de demain | Télérama.fr

vendredi 2 décembre 2016|Catégories: Audiovisuel|Mots-clés: , , |

Comme chaque année, le jury du prix Sopadin, présidé par Julie Gayet, a récompensé plusieurs scénarios. Dont certains, avec un peu de chance, deviendront des films. C’est long, parfois, même quand on a imaginé une bonne histoire, de trouver le financier idéal qui osera se lancer dans l’aventure… Quand il s’agit d’une comédie potentiellement commerciale, tout peut aller très vite : primé en janvier 2008, Le Nom des gens de Michel Leclerc sort en salles en novembre 2010 et remporte le César du scénario l’année suivante.

Mais pour Loin des hommes de David Oelhoffen, librement inspiré d’une nouvelle d’Albert Camus, cinq ans s’écoulent entre le Prix (2010) et la sortie en salles (2015). Idem pour Eva ne dort pas de Pablo Agüero, fantasmagorie autour d’Eva Perón, la femme la plus vénérée et la plus haïe d’Argentine.

Quoi qu’il en soit, par son retentissement, le Prix Sopadin est devenu, au fil du temps (le voilà trentenaire) pour beaucoup de scénaristes, une aide évidente. Le coup de pouce nécessaire… Quant au Prix « Junior », qui, lui, n’a que 19 ans, il a déjà révélé, et un peu avant tout le monde, Céline Sciamma (Naissance des pieuvres), Léa Fehner (Qu’un seul tienne et les autres suivront), Romain Cogitore (Nos résistances) et Katell Quillévéré (Un poison violent). Plutôt pas mal…

Depuis quelques années, le règlement impose aux finalistes de réaliser un petit film (2’30 » maxi) pour vanter leur projet. Ce sont les petits pitchs des lauréats 2016 que nous vous proposons de découvrir.

Grand Prix : Dragon Boat, de Clément Koch

Un scénario comme le cinéma anglais en réussissait, il y a quelques années : on songe aux Virtuoses ou à The Full Monty… Ici, un groupe de femmes, guéries d’un cancer du sein – en rémission, en tout cas – exorcisent l’angoisse, toujours tapie en elles, en se lançant un défi à bord d’un curieux bateau, surnommé « Dragon Boat »… Seul risque pour le futur réalisateur : verser dans la sensiblerie. S’il évite ce piège, le succès est assuré…

Prix spécial du jury : On a volé Mona Lisa, de Carole Giacobbi et Stéphane Vauthier

Beau projet. Gros budget (d’où tournage probable en anglais…). Jolie histoire. Superbes personnages, et notamment cette gamine triste, faussaire de génie, pour qui le héros vole la Joconde dans le Paris inondé de 1911… Seul hic : dans son pitch, la scénariste évoque, comme modèle possible, le Sherlock Holmes de Guy Ritchie. Aïe ! C’est le charme à la française qu’elle devrait absolument viser : Jean-Paul Rappeneau, le Philippe de Broca de L’Homme de Rio ou Michel Deville qui, dans les années 60, avait déjà réalisé un film sur ce fait divers extravagant : On a volé la Joconde, avec Marina Vlady et Georges Chakiris…

Grand Prix Junior : Appels d’air, de Pauline Mouroux

Le titre n’est pas bon. Pourquoi pas Le Décret 770, celui où, dans la Roumanie des années 70, Ceaucescu interdisait l’avortement pour mieux forcer les femmes à mettre au monde au moins quatre enfants chacune ? Le scénario est tout à fait dans la ligne de l’actuelle Nouvelle vague roumaine (4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu). Peut-être faudrait-il juste, avant le tournage, gommer quelques effets prévisibles. Mais la fougue est là, indéniable…

Prix spécial du jury : The Magnificent Gégé, de Sarah Malléon

Plein de bonnes idées. Le pitch, comme l’histoire, dégage une chaleur, un entrain irrésistibles. Les deux héros (un gamin, fan de combats de coqs, et un petit trafiquant sans envergure) sont hauts en couleur, sans jamais verser dans le pittoresque. A l’arrivée, on ne devrait pas être loin des réussites du néo-réalisme italien : le Vittorio De Sica de Sciuscia ou du Voleur de bicyclette. La bonne humeur en plus…

Coup de cœur Télérama : Les Œillets rouges, de Pauline Moussours

Certains scénarios, surécrits, ne laissent aucune place à l’imaginaire. Pas celui de Pauline Moussours. On sent bien, dans Les Œillets rouges, le poids de la dictature de Salazar dans le Portugal des années 70, mais il est diffus : une silhouette bizarre à l’entrée d’un immeuble suffit à suggérer le danger qui menace. Même discrétion dans les motivations des personnages. Même ambiguïté dans leur comportement. Rien ne nous est asséné. Et ça fait un bien fou…

Le site du Prix Sopadin : www.prix-scenariste.org

Source : Prix Sopadin 2016 : nos cinq paris sur les scénaristes de demain – Cinéma – Télérama.fr

7 03/2015

Rencontre avec Pierre Lhomme | Cinémathèque de Toulouse

samedi 7 mars 2015|Catégories: Audiovisuel, Festivals|Mots-clés: , |

Pierre Lhomme, directeur de la photographie et invité d’honneur de la 9e édition du festival Zoom Arrière (6–14 mars 2015)

Les films et la couleur : une idylle mouvementée mais souvent fructueuse par Pierre Lhomme

En s’appuyant sur la dernière bobine de Cyrano de Bergerac et de la première de Camille Claudel, deux films pour lesquels il a remporté le César de la meilleure photographie, Pierre Lhomme nous éclairera sur les questions – techniques, esthétiques et historiques – liées à la couleur.

Le 7 mars 2015 à la Cinémathèque de Toulouse dans le cadre du 9e festival Zoom Arrière.
Captation : Carmen Grimaud

Source : Cinémathèque de Toulouse