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12 09/2017

La littérature fait sa mue au festival Extra ! – Livres

mardi 12 septembre 2017|Catégories: Art & Patrimoine, Festivals, Non classé|Mots-clés: |

En marge de la rentrée littéraire, le festival Extra explore les littératures « hors livre » pendant cinq jours au Centre Pompidou.

Source : La littérature fait sa mue au festival Extra ! – Livres
La littérature fait sa mue au festival Extra !
Esther Attias | Le 08/09 à 06:00, mis à jour le 11/09 à 08:56

Le livre a perdu de sa superbe. La faute à la radio, puis à la télévision et aujourd’hui à internet… On connaît la chanson. Mais si le public lit moins de livres, doit-on nécessairement conclure qu’il ne lit plus ? La littérature est elle en perdition parce que « l’objet livre » est rendu obsolète par les écrans d’ordinateur et les liseuses électroniques ? Le festival « Extra ! » au Centre Pompidou se moque bien des Cassandre. La littérature évolue, et, comme le fredonnait Léo Ferré, « c’est extra ! ». Jusqu’au dimanche 10 septembre, la première édition du festival réunit un ensemble de manifestations littéraires pour fêter la littérature « hors livre », selon la formule du poète sonore français Bernard Heidsieck. En pleine rentrée littéraire, c’est un joyeux pied de nez à l’establishment du folio papier.

Derrière le concept du « hors livre » se logent toutes les occurrences littéraires existant par d’autres formats que le livre imprimé : la performance artistique, l’écriture numérique, le film poème, la lecture à haute voix, le rap, le slam… soit toute forme d’art plastique ou audiovisuel revendiquant un geste littéraire. Aussi, il n’est pas étonnant que le Centre-Pompidou, qui célèbre l’innovation artistique depuis sa création en 1977, se soit emparé de cette forme d’expression éclatée. Jean Max Collard, programmateur d’Extra ! et chef du département « Parole » au Centre Pompidou, insiste : « ce festival se dresse contre ceux qui disent que la littérature s’est repliée sur elle-même. De nouvelles formes littéraires naissent dans le sillage du numérique. Extra ! met en avant cette reconfiguration du paysage, en proposant des formes alternatives. »
Ces proliférations littéraires sont encore peu familières au grand public. Peu visibles, diffusées de manière sporadique, attirant un public de niche, les littératures hors livre laissent par définition peu de traces. Dès lors, pour Serge Lasvignes, directeur du Centre Pompidou, la création d’un prix devrait permettre de graver ces formes d’art dans la pierre des institutions. La figure tutélaire de Bernard Heidsieck s’est imposée d’emblée, souligne Jean-Max Collard. Lauréat 1991 du grand prix national de la poésie, pionnier de la « poésie sonore », invité régulier du Centre Pompidou, il défendait le renouvellement des formes poétiques par le biais de médias dissidents comme le magnétophone et la performance physique.
C’est Caroline Bergvall, artiste franco norvégienne connue pour ses créations visuelles et sonores, a reçu ce premier prix Bernard Heidsieck – Centre Pompidou de l’année 2017. Elle se réjouit de cette évolution du champ de la littérature : « je me perçois comme une écrivain qui travaille le livre mais aussi l’ailleurs du livre. J’écris, et j’utilise aussi d’autres supports : le dessin, la vidéo, la performance, qui sont aussi des formes d’écritures. » Les deux autres récipiendaires sont John Giorno, récompensé pour l’ensemble de son oeuvre, et Lamberto Pignotti, qui obtient la mention spéciale Fondazione Bonotto, partenaire et mécène du prix.
FORMES MILLÉNAIRES
Tout en explorant le futur, le festival renoue avec des formes de littérature millénaires. Les chants d’Homère, les contes populaires, le théâtre même relèvent à l’origine d’une littérature strictement orale – et « poème » vient du latin carmen, chant. Dès lors, le livre pourrait n’être qu’un moment d’une longue histoire littéraire qui basculerait demain sur d’autres supports, numériques, plastiques, sonores, visuels… et les temps changent déjà : le prix Nobel de littérature 2016 n’a-t-il pas été remis au chanteur Bob Dylan ?
image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/09/11/2112900_la-litterature-fait-sa-mue-au-festival-extra-web-tete-030539180654.jpg

– ©Hervé Veronese
On ne manquera pas durant ces quelques jours « extras » les performances de l’auteur performeur Julien Bismuth, qui écrira tous les jours à 18h30 face au public, et dont le texte en train de se faire sera projeté en direct ; le showcase du rapport Elom 20ce (vendredi 20h30) et le spectacle libertin de Catherine Robbe-Grillet (samedi 20h) qui promet bien des plaisirs ; dans le sillon de la rentrée littéraire, Joy Sorman, Célia Houdart et Yannick Haenel (19h jeudi, samedi et dimanche) viendront parler de leur dernier roman. Littérature sonore, nous voilà !

EXTRA!
Paris, Centre Pomidou, jusqu’au 10 septembre, www.centrepompidou.fr

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/week-end/culture/livres/030538705872-la-litterature-fait-sa-mue-au-festival-extra-2112900.php#kbehc6TPBIEd8SOF.99

20 01/2017

Les folies douces du « Footsbarn » sous le chapiteau des Romanès: la transgression salutaire | culturebox

vendredi 20 janvier 2017|Catégories: Non classé|Mots-clés: , |


© Pascal Gély


© Pascal Gély

« Nid de coucou » et « Shakespeare celebration »: deux spectacles, belle affiche et interprètes aux multiples talents. Ils sont comédiens, musiciens, marionnettistes, conjuguent poésie et humour. Le « Footsbarn théâtre » profite de l’accueil chaleureux et circassien des Romanès.

Le Footsbarn théâtre est une compagnie cosmopolite qui compte onze nationalités. Ambulante et populaire, elle parcourt les zones rurales et les routes du monde depuis 45 ans.

Le cirque Romanès leur a prêté son chapiteau de la porte Maillot à Paris pour 2 spectacles et 6 semaines.
Ils sont 7 à interpréter librement « Vol au dessus d’un nid de coucou » d’après l’œuvre de Ken Kesey et « Shakespeare Celebration », 2 spectacles déjà fort bien accueillis l’été dernier en Irlande au « Kilkenny Arts Festival » et au « Clifden Festival ».

Dans « Nid de coucou », nous sommes dans un hôpital psychiatrique où se croisent malades et personnel soignant sous l’autorité d’une infirmière en chef aussi truculente qu’autoritaire et despote. Les jours sont rythmés  par les horaires des prises de médicaments, ceux des programmes de télévision ou des parties de cartes… Une communauté thérapeutique qui vivote, sous contrôle.

Jusqu’à l’arrivée de Mac Murphy un américain déluré à la pathologie non définie et bien décidé à ne pas se soumettre. Il y a aussi l’indien que l’on dit sourd et muet. Surdité et mutisme qui paradoxalement installent et imposent sa présence.
Ce couple improbable est à l’origine d’une rébellion qui va s’installer à bas bruit.
Les pensionnaires finissent par chercher à s’émanciper et à transgresser. La règle se durcit, les électrochocs pleuvent, la trépanation anéantit…

Footsbarn T
© Pascal Gély

C’est dans un mélange des genres et des talents inclassable que cette fable nous est contée. Les disciplines sont nombreuses, la mise en scène inventive. Les comédiens jouent, chantent, dansent avec des marionnettes… Dans cette palette de jeu plurielle, on trouve de la générosité et du jubilatoire, de la poésie et du loufoque!

Pour partager encore, une fois le rideau baissé sur cette fiction déjà adaptée par Milos Forman dans son film « Vol au-dessus d’un nid de coucou », la troupe du Footsbarn apporte sur la scène un vin chaud. Autant un moment de partage qu’une occasion de remercier les Romanès pour leur abri.

Footsbarn Théâtre jusqu’au 26 février 2017, chapiteau du Cirque Romanès, Square Parodi, bd de l’Amiral Bruix 75016 PARIS
Réservation : 04.70.06.84.84
En alternance : « Nid de Coucou » et « Shakespeare Celebration »

Source : Culturebox