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209/2019

LE DIMANCHE IDEAL DE PHILIPPE TORRETON – Les Échos

lundi 2 septembre 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Le dimanche idéal de Philippe Torreton

Vincent Bouquet / Journaliste |  Le 30/08 à 05:00

Lorsqu’il n’est pas sur scène, le comédien passe ses dimanches en famille, de préférence autour d’un bon repas. Un plaisir de la chère partagé avec le Galilée de Brecht, son prochain rôle.

À QUOI RESSEMBLENT VOS DIMANCHES ?

Selon les périodes, j’alterne les dimanches en famille, ceux où je joue, et les dimanches chômés où je suis éloigné à cause d’une pièce ou d’un tournage. J’ai la chance que mes dimanches ne se ressemblent pas beaucoup, tant mieux ! Même si, parfois, je suis frustré de ne pas être plus libre.

FINALEMENT UN JOUR COMME LES AUTRES…

Comme tout le monde, j’entretiens un rapport particulier au dimanche. Dans mon enfance, c’était, par définition, d’un jour ennuyeux. Le samedi correspondait à un moment de joie : je partais à la campagne avec mes parents, je jouais avec mes frères. Tout semblait possible car il restait le dimanche. Une fois le dimanche arrivé, il ne reste plus rien, si ce n’est une pente douce qui conduit jusqu’au lundi. C’est pour cela qu’en tant que jeune comédien à la Comédie-Française, j’étais content de travailler ce jour-là.

UNE OCCASION, AUSSI, DE JOUER EN MATINÉE. CELA CHANGE-T-IL QUELQUE CHOSE ?

Au fil des années, j’ai pu observer que ces représentations étaient souvent beaucoup plus souples que les autres, comme si les comédiens jouaient à l’improviste. Cela provoque généralement de belles choses, plus épurées. J’aime bien les matinées car nous sommes face à un public qui vient au théâtre en ayant le temps, débarrassé de la charge mentale de la semaine. Dans la salle, règne une ambiance plus légère dont les acteurs profitent aussi.

AVEZ-VOUS UN PÉCHÉ MIGNON OU UN RITUEL DOMINICAL ?

Que je sois chez moi ou en déplacement, je ne manque jamais l’émission de ma femme, Elsa Boublil, entre 11 heures et 12 h 30, sur France Musique. Lorsque je suis à la maison, j’aime aussi faire le marché ou la cuisine pour ma famille.

COMME LE GALILÉE DÉPEINT PAR BRECHT, VOUS ÊTES AMATEUR DE PLAISIRS TERRESTRES ?

S’il y a un bien un point commun entre ce personnage et moi, c’est le goût du bon vin et de la bonne chère. Partager un repas, à table, avec mes proches, autour d’une bonne cuisine, constitue vraiment un très grand plaisir pour moi. Comme le dit Galilée : « C’est au cours d’un bon repas que j’ai le plus d’idées. »

DES IDÉES QUI PEUVENT RÉVOLUTIONNER LA SCIENCE ET LE MONDE…

Effectivement. Dans sa façon de décrire la démarche scientifique comme un art du doute, d’interroger les relations de soumission entre science et pouvoir, de lutter contre l’obscurantisme religieux, de sonder la responsabilité humaine – Galilée a-t-il eu raison d’abdiquer face à l’Inquisition pour sauver sa peau ? – la pièce de Brecht est un chef-d’oeuvre. En préparant ce rôle, je n’arrête pas de penser à nos chercheurs modernes, ces Galilée en puissance, scientifiques du Giec ou d’ailleurs, qui nous alertent sur le réchauffement climatique, mais se heurtent à nos modes de vie occidentaux qui ressemblent, dans leur inconscience environnementale, à un nouvel obscurantisme.

« La Vie de Galilée » de Bertolt Brecht, mise en scène de Claudia Stavisky. La Scala Paris (Tél. : 01 40 03 44 30), du 10 septembre au 9 octobre, puis en tournée.

@VincentBouquet

3005/2019

Mademoiselle Julie | Le Figaro 29 -05-19

jeudi 30 mai 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Anna Mouglalis, la violence de Mademoiselle Julie

Xavier Legrand et Anna Mouglalis dans 
Mademoiselle Julie.

MORCEAU CHOISI – Face à Xavier Legrand, exceptionnel, et Julie Brochen, qui signe la mise en scène et joue Christine, elle est fascinante.

Le décor est à vue. Simple. Sur le plateau de l’Atelier, on distingue au lointain un passage. Un escalier derrière un voilage, les échos de la fête. La vie qui va, en cris, musique, piétinements de la danse, éclats de rire. Mais tout se jouera dans la cuisine, dans la chaleur d’une nuit de Saint-Jean.

Mademoiselle Julie a dansé avec les employés, les paysans. Son père est en déplacement, il ne rentrera qu’à l’aube. Sa mère est depuis longtemps morte. Mademoiselle Julie n’est plus une adolescente. Elle a 24 ans. Elle est une jeune femme en crise. Un être qui a mal grandi, déchirée qu’elle a été par les injonctions contradictoires de sa mère. Un grand caractère, cette figure dessinée en creux. Mais une épouse très perturbée, rêvant d’indépendance, élevant sa fille comme un garçon.

Les malheurs s’héritent parfois. La mélancolie aussi. Julie va mal. Julie est impressionnante tant son désespoir est profond. Tant elle peut apparaître odieuse, méprisante, perverse dans son jeu avec Kristin, la cuisinière, et le fiancé de celle-ci, Jean, serviteur du comte. La pièce a été écrite par August Strindberg en 1888. Dans la remarquable traduction de Terje Sinding, elle frappe par sa violence, sa crudité, la tension permanente, la cruauté de ce qui se dit, par-delà l’attirance sexuelle d’une jeune aristocrate pour un valet. Et par-delà les souvenirs enchantés de ce dernier. Strindberg, qui parlait de sa pièce comme d’une «tragédie naturaliste», lui donne une densité de pierre. Il se dit tant en l’espace d’une heure vingt… Il connaît la complexité des âmes.

Les chansons de Gribouille

Jean est un homme intelligent, cultivé, entreprenant. En rien un rustre. Julie Brochen, qui signe la mise en scène à la demande d’Anna Mouglalis et Xavier Legrand, impose la présence silencieuse, douloureuse, de Kristin. Elle est très humaine et fière, elle aussi. Car dans cette nuit de pensées, de sentiments, de gestes paroxystiques, d’humeurs toxiques, la fierté blessée, pour Jean, la fierté aveuglée pour Julie, est comme le feu d’une ordalie païenne. Jamais on n’aura si bien entendu ce que dit Strindberg, et qui dérange, et qui bouscule, et qui heurte, et qui blesse, que dans cette production.

» LIRE AUSSI – Xavier Legrand, un réalisateur qui a l’étoffe des lions

Xavier Legrand est un comédien exceptionnel. Le cinéaste de Jusqu’à la garde , passé par le Conservatoire, comme Anna Mouglalis, est d’une finesse étourdissante. Tout est juste, acéré, déchirant. Face à lui, Anna Mouglalis, si belle, à la voix si envoûtante, silhouette déliée dans les costumes harmonieux de Lorenzo Albani, passe par toutes les nuances qu’exige Strindberg. De l’abandon d’une petite fille à la fureur d’une Gorgone. Elle communique à la salle un vertige troublant. Julie Brochen montre tout. La mort, le sang. Curieusement, elle ponctue les mouvements de la pièce de chansons de Gribouille. Qui se souvenait qu’elle célébrait Julie, l’androgyne à voix grave?

«Mademoiselle Julie», Théâtre de l’Atelier (Paris XVIIIe), à 19 heures du mardi au samedi, 15 heures le dimanche. Durée: 1 h 20. Jusqu’au 30 juin. Tél. : 01 46 06 49 24.

 

2905/2019

MOIS MOLIERE | TELERAMA SORTIR | 29 – 05 -19

mercredi 29 mai 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

https://www.telerama.fr/sortir/avec-le-mois-moliere,-versailles-se-metamorphose-en-grand-theatre-a-ciel-ouvert,n6272012.php

Décryptage

Avec le Mois Molière, Versailles se métamorphose en grand théâtre à ciel ouvert

 

  • Publié le 29/05/2019.Mis à jour le 29/05/2019 à 15h50.

Depuis 23 ans, durant tout le mois de juin, la cité entière est envahie par les tréteaux. Le répertoire classique, de Molière à Feydeau en passant par Shakespeare, y est à l’honneur.

Quoi ?

Créé en 1996, le Mois Molière propose deux cents spectacles dans tous les genres artistiques : théâtre, danse, opéra et cirque. Le sieur Poquelin n’est pas seul à l’affiche. Si la première semaine lui est consacrée, la seconde explore le répertoire russe (dont L’Idiot par la compagnie Thomas Le Douarec, les 14 et 15 juin), la troisième, celui de Shakespeare, avant de conclure avec la légèreté d’un Feydeau (Le Dindon, les 26 et 27 juin) et d’une opérette d’Offenbach (La Vie parisienne, par le Théâtre du Petit Monde, du 28 au 30 juin).

Qui ?

Maire de Versailles, François de Mazières a toujours été passionné de théâtre. Enarque, devenu en 1995, adjoint à la culture de la Mairie versaillaise, il crée le Mois Molière. « Vingt-trois ans plus tard, je reste fidèle à la volonté de promouvoir du théâtre populaire avec les grands textes du répertoire. »

Comment ?

« Pendant un mois, toute la ville devient une grande scène à ciel ouvert. » Rues, places, cours, parcs et jardins : plus de soixante-dix lieux sont investis. Que leurs mises en scène soient classiques ou contemporaines, les compagnies jouent sur des tréteaux, comme les troupes itinérantes du temps de Molière.

Pourquoi ?

Avec une aussi riche programmation, l’édile tend à mettre en avant la puissance de création d’une ville chargée d’histoire. Aux côtés des amateurs, à qui il souhaite donner une « occasion de goûter au plaisir des planches », le fondateur du Mois Molière réunit les onze compagnies professionnelles en résidence à Versailles. A l’exemple de la troupe de L’Eternel Eté, qui présente sa nouvelle création en ouverture du festival (Le Capitaine Fracasse, les 1er et 2 juin), avec quarante acteurs sur scène, pour un spectacle réalisé pour et par Versailles.

Y aller 
Mois Molière, du 1er au 30 juin, dans toute la ville, Versailles (78 ), 01 30 21 51 39, 0-21 €.

2805/2019

L’Iliade: sable, sueur et sang à la Scala |Le Figaro | 27-05-19

mardi 28 mai 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

L’Iliade: sable, sueur et sang à la Scala

Par   Jean Talabot

Publié le 27/05/2019 à 16:22

CRITIQUE – Pauline Bayle reprend son diptyque homérien en mélangeant les hommes, les femmes et les dieux dans un tumulte moderne et épique. Jusqu’au 2 juin.

Tout commence dans le hall de la Scala. Une classe de scolaires piétine. Il fait chaud. Quelques gouttes de sueur apparaissent sur le front des spectateurs, impatients de rentrer dans la salle climatisée. Soudain, Achille et Agamemnon débarquent. Combat de coq et échange de noms d’oiseaux: qui est le véritable chef des armées grecques? On se croirait sur les plages venteuses de Troie. Chacun doit hurler pour se faire entendre au milieu des soldats.

Arrive «l’industrieux» Ulysse, un peu plus malin que les autres. Il compte les forces mobilisées. Un gamin tout content se voit appeler « Ajax le Grand». Il est remercié pour avoir mobilisé «quarante navires». Enfin, tout le monde rentre, prêt à se battre. Ça devient plus statique. Comme chez Homère, il y a une indigestion de noms propres. Chaque homme tué au combat est cité, ce qui fait beaucoup de morts et beaucoup de noms. Soufian Khalil tire son épée du jeu. Il campe un parfait Ulysse. On l’imaginait moins en Andromaque éplorée. Avec Pauline Bayle, qui reprend l’Iliadeet l’Odyssée, les sexes sont mélangés. Sans doute une volonté de «casser» l’identité très binaire du récit d’Homère.

Du sang, des larmes, des vagues

Hector, aussi conjugué au féminin, s’impose comme une figure aristocrate et romantique. Tout le contraire d’Achille (vibrante Mathilde Méry), rageur et bas du front, qui a le droit à de belles scènes de «furie» meurtrière. L’Iliade est son histoire, une histoire de pulsions, de ses colères à son pardon. Les gamineries triviales des dieux de l’Olympe tranchent avec le sérieux des hommes. On se détache complètement du poème original quand il s’agit de l’Olympe. Zeus et Era forniquent en coulisses. Le tonnerre du premier se traduit en un rap de l’enfer.

D’autres effets sont un peu chics mais le spectacle reste haletant. Pauline Bayle nourrit l’épique à peu de frais (de l’eau, des paillettes, un soutien-gorge) et avec beaucoup de cœur. Il y a du sang, des larmes et le fracas des vagues. De quoi revenir embarquer pour l’Odyssée, qui est aussi le thème du prochain Festival d’Avignon. Homère a décidément le vent en poupe.

 

  • L’Iliadeet l’Odyssée à la Scala, 13 Boulevard de Strasbourg (Xe).
    Jusqu’au 2 juin. Durée: 1h25 et 1h45. Tél.: 01 40 03 44 30
304/2019

LA MORT (d’) AGRIPPINE | L’HUMANITÉ 01-04-1019

mercredi 3 avril 2019|Catégories: Spectacle Vivant|

LE GRAND SOUFFLE DE LA LIBRE-PENSÉE

Lundi, 1 Avril, 2019

Jean-Pierre Léonardini

 

La chronique théâtre de Jean-Pierre Léonardini.

Un double jeu permanent, dans un envol de costumes barbares et rutilants.

Daniel Mesguich s’empare de la Mort d’Agrippine, l’unique tragédie écrite par Hercule Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655), le vrai, de la vie duquel Rostand tira un parti pittoresque (1). Inspirée de Tacite, cette pièce en vers, d’un noir d’encre, tient à la fois d’un théâtre de la cruauté mentale et du pamphlet athée clandestin. Donnée trois fois du vivant de l’auteur, sentant le fagot, elle fit scandale.

Pour venger la mort de Germanicus, son époux, Agrippine ourdit un complot contre l’empereur Tibère. Les desseins des conjurés diffèrent. Séjanus dit agir par amour pour Agrippine, tandis que Livilla affirme que c’est par amour pour lui… L’imbroglio passionnel et politique s’avère inextricable. La pulsion de mort sévit sans répit. Séjanus laisse entendre qu’il ne croit ni à Dieu ni à Diable. La Mort d’Agrippine constitue un chef-d’œuvre de l’esprit du libertinage érudit au XVII e siècle, dont René Pintard se fit l’historiographe.

Mesguich régit avec superbe un opéra parlé, sous l’égide d’un baroque d’invention assumé dans ses conséquences radicales, au sein d’un jeu de miroirs invisibles dans lequel les acteurs (Sarah Mesguich, Sterenn Guirriec, Rebecca Stella, Joëlle Lüthi, Jordane Hess et Yan Richard), tellement mobiles, s’ingénient à se prendre pour leur personnage aux yeux de l’autre jusqu’à ne plus savoir, on dirait, qui ils sont réellement. C’est vertigineux en un double jeu permanent, dans un envol de costumes barbares rutilants (Dominique Louis, Stéphane Laverne, Jean-Michel Angays) dignes d’une toile de Gustave Moreau. C’est comme dansé dans la fureur (chorégraphie de Caroline Marcadé) avec des chutes brutales, des pâmoisons, des torsions de corps à bout de nerfs.

La langue de Cyrano, somptueusement inventive dans le lexique de son temps, est proférée avec une fière gourmandise. Chaque tirade d’importance est accompagnée par la présence d’un alter ego, un famulus, qui mime de sa bouche muette la partition verbale de l’être qu’on entend. Grande audace de cette théâtralité depuis longtemps propre à Mesguich et qu’il affine ici au-delà d’une manière et qui constitue, au grand sens, un style. Au milieu de fumées, au sein d’une fréquente buée musicale, sa voix si disante, mélodieuse, annonce non sans ironie la couleur de chaque brève séquence de ce génial brûlot attisé par le souffle de la libre-pensée d’un poète en tout irréconciliable, sauf dans le grand vent de l’imagination.

(1) Jusqu’au 20 avril, au Théâtre Dejazet, 41, boulevard du Temple, Paris 3 e, tél. rés. : 01 48 87 52 55, www.dejazet.com

2703/2019

Aurélia Thierrée, une acrobate sublime |L’EXPRESS 26 – 03-19

mercredi 27 mars 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

SUR LES PLANCHES

Les spectacles à voir (ou pas)

Par Igor Hansen-Love 

publié le 26/03/2019 à 16:00 , mis à jour à 17:07

Un spectacle d’une rare poésie (Bells and Spells), un Molière au goût du jour (Les Fourberies de Scapin)… Les recommandations scènes de L’Express.

Bells and Spells

Théâtre de l’Atelier, Paris (XVIIIe). Jusqu’au 12 mai. 

La note de L’Express : 18/20 

Place au plus beau spectacle du mois, de l’année, de la décennie… Et peut-être même du siècle. A cheval entre la danse, le mime, la magie nouvelle, le cirque et le théâtre d’objet, cette courte pièce (1h10) créée au théâtre des Célestins, à Lyon, en juillet 2018, met en scène les tribulations d’une jeune femme cleptomane (l’élégante et la sublime Aurélia Thierrée, soeur de James Thierrée et petite-fille de Charlie Chaplin) poursuivie par un soupirant alcoolique désoeuvré (Jaime Martinez) dans un monde imaginaire à l’esthétique joliment vintage (évoquant l’univers des cabarets pendant les années folles) peuplé par de créatures fantastiques. Ici, les portemanteaux se transforment en oiseaux préhistoriques ou en taupes, les draps deviennent des partenaires de danse et les corps se disloquent régulièrement, sans douleur, pour se réassembler quelques minutes plus tard.

Jamais mièvres, les numéros (muets pour la plupart) s’enchaînent avec une fluidité remarquable, comme si un tapis roulant filant à vive allure avait été installé sur la scène (la performance est à saluer). Les idées de mise en scène – signée par Victoria Thierrée Chaplin, la mère de l’acrobate – fusent. Et les émotions se bousculent : le rire, le suspense, l’émerveillement, la peur… Rares sont les spectacles où la poésie est aussi ensorcelante et contagieuse. Un véritable petit bijou. I.H.-L.