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Georges Lavaudant ravale l’«Hôtel Feydeau» – Culture / Next

Astrid Bas, Gilles Arbona et Manuel Le Lièvre. Photo Thierry Depagne

Le metteur en scène propose à l’Odéon un réjouissant condensé de cinq courtes pièces du maître du vaudeville.

Source : Georges Lavaudant ravale l’«Hôtel Feydeau» – Culture / Next

Pension bien tenue, Hôtel Feydeau se présente sous la forme de ce qu’on appellera commodément un digest digeste. Cinq pièces du maître du vaudeville y sont redécorées dans des tons vifs (jaune, bleu, orange, rose…, le tout sur fond blanc) par le non moins honorable Georges Lavaudant, dont on subodore qu’il a d’abord voulu (se) faire plaisir, dans un établissement qu’il a dirigé durant onze ans , de 1996 à 2007, et où, entre un Roi Lear et une Mort de Danton, il créa notamment en 2001 Un fil à la patte, du même Feydeau… ici absent du best-of.

On purge bébé, Mais n’te promène donc pas toute nue, Feu la mère de Madame, Léonie est en avance et Cent millions qui tombent sont (à l’exception de la dernière, par ailleurs inachevée) les ultimes pièces en un acte de l’auteur qui, lorsqu’il les écrit, digère mal les déboires conjugaux dans lesquels il aura laissé le peu d’illusions qu’aurait pu lui procurer une vie de couple laminée par l’usure du temps («Tu es mon mari, mais c’est une convention, tandis que mon fils, c’est ma chair, c’est mon sang»). Aussi, c’est avec une jubilation virulente et absurde («Il s’appelle Toto, c’est le diminutif d’Hervé») que le dramaturge sort la sulfateuse – comme aurait écrit Audiard – pour, entre deux intermèdes jazzy ou mambo, faire valser la préséance et clouer au pilori les mille et un faux-semblants de la bourgeoisie.

Pain bénit pour les comédiens – qu’on ne saurait imaginer aiguisant leurs saillies et embardées autrement que dans le plaisir – Hôtel Feydeau régale ainsi à tout va. Voir André Marcon rentrer trempé d’une soirée déguisé en Roi-Soleil («par temps de pluie», ne manque pas de le chambrer sa dulcinée) figurant un plaisir, parmi d’autres, qu’on aurait tort de snober.

Gilles Renault Hôtel Feydeau d’après Georges Feydeau m.s. Georges Lavaudant Théâtre de l’Odéon, 75006. Jusqu’au 12 février. Rens. : www.theatre-odeon.eu/fr

 

vendredi 20 janvier 2017|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |