Le festival Aux Armes Contemporains permet de découvrir de nombreuses compositions d’aujourd’hui et des esthétiques contrastées, du piano solo à l’ensemble instrumental avec choeur. Avis aux curieux !

« Le Papillon noir », opéra de Yann Robin sur un livret de Yannick Haenel, va faire vibrer La Scala Paris. (Gwendal Le Flem)

ParPhilippe Venturini

Publié le 7 oct. 2021 à 16:17Mis à jour le 7 oct. 2021 à 16:54

 

« La Scala suscite de plus en plus d’intérêt de la part des artistes », explique Rodolphe Bruneau-Boulmier, conseiller musical de la salle parisienne du boulevard de Strasbourg. « Nous sommes très sollicités par des ensembles étrangers. » Avec ses deux salles de 550 et 180 places, la Scala Paris propose, depuis sa réouverture, outre le théâtre, une programmation musicale originale tournée vers la création et la découverte dont le festival Aux Armes Contemporains est l’étendard.

En un week-end, cette quatrième édition réunit en effet pas moins de treize compositeurs qui offriront sept pièces en création mondiale ou parisienne. Certaines oeuvres créées en province viennent ainsi se faire entendre pour la première fois en Île-de-France comme « Le Papillon noir », opéra de Yann Robin sur un livret de Yannick Haenel mis en espace par Arthur Nauzyciel. Il sera interprété par la soprano Elise Chauvin, souvent entendue dans les spectacles du Balcon, et les remarquables ensembles Multilaterale et Les Métaboles sous la direction du brillant Léo Warynski.

« J’admire Yannick Haenel, j’ai beaucoup aimé « Tiens ferme ta couronne » et j’étais curieux de savoir comment il pouvait s’accorder à la musique. Par ailleurs, le langage de Yann Robin a beaucoup évolué, quittant les sonorités saturées qui l’ont fait connaître. « Le Papillon noir » questionne le genre de l’opéra. Que faire aujourd’hui de cette forme tellement marquée par le poids de l’histoire ? » Une chanteuse-actrice, un petit orchestre, un choeur, un dispositif électronique : c’est la première fois que La Scala accueille un opéra et une trentaine d’artistes sur scène.

Saxo et électro

La manifestation qui se veut un soutien à la jeune génération s’ouvre par un concert qui ne manque pas de souffle autour du saxophoniste Eudes Bernstein (« il est très très fort ! ») qui, avec quelques instrumentistes, affiche un programme où Berlioz, Ravel et Webern côtoient les compositeurs d’aujourd’hui tels Ondrej Adamek, Vincent David, lui-même saxophoniste et Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2021, et Matteo Franceschini dont on découvrira, en première mondiale, une pièce pour saxophone ténor et électronique.

Vanessa Wagner, qui vient d’enregistrer un superbe programme américain à deux pianos avec Wilhem Latchoumia pour La Dolce Volta, évoluera entre Arvo Pärt, Bryce Dessner, Francesco Filidei, Alex Nante et l’Américaine dont on parle beaucoup Caroline Shaw. De quoi satisfaire sa soif de découverte, tout comme « La Toute Multiple », nouvelle pièce de l’ensemble Liken conçue par le compositeur et trompettiste Timothée Quost et dirigée par Léo Margue qui promet, grâce à l’amplification, de l’inouï.

Voilà de quoi enthousiasmer les plus curieux, les plus à l’écoute de leur temps. On parle, en outre, de projets d’extension et de label discographique. La Scala Paris n’a donc pas fini de grimper.

FESTIVAL AUX ARMES CONTEMPORAINS

Musique

La Scala Paris

13, boulevard de Strasbourg, 75010

01 40 03 44 30, www.lascala-paris.com

du 8 au 10 octobre

Philippe Venturini

www.lesechos.com