Les Echos

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16 02/2016

Immersion au Théâtre de La Criée, Diaporamas – Les Echos

mardi 16 février 2016|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Source : Lesechos.fr

30 11/2015

Climat : le théâtre de Nice fait sa révolution écolo – Les Echos Week-end

lundi 30 novembre 2015|Catégories: Environnement, Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |


© Pascal Victor/ArtComArt

Dans le sillage de COP21, le Théâtre National de Nice propose un festival citoyen « Réveillons-nous », avec des créations d’envergure comme « Point d’interrogation » de Stefano Massini ou encore « Glaciers fondants » de David Lescot (programmé ensuite au Théâtre de la Ville à Paris). Reportage et rencontre avec l’initiatrice du projet Irina Brook.

Le théâtre, outil en faveur de l’écologie ? Irina Brook en est convaincue. Nommée en 2014 à la tête du Théâtre National de Nice (TNN), la nouvelle directrice des lieux anime le festival citoyen « Réveillons-nous », jusqu’au 13 décembre. Une façon pour les Niçois de faire leur COP21 à l’échelle locale. Irina Brook a la volonté de replacer le théâtre au cœur du lien social en permettant la rencontre entre les différents acteurs concernés par l’avenir de la planète : artistes, universitaires et avant tout des spectateurs, « réunis ensemble pour parler ». Le programme est dense : côté conscience collective, on remarque la tenue de nombreuses conférences, ateliers et débats en présence du biologiste Gilles-Eric Séralini, le glaciologue Claude Lorius ou encore la militante Vandana Shiva. Certains artistes engagés de la première heure, telle Coline Serreau, sont aussi présents. Pendant le week-end d’ouverture, celle-ci a présenté son film « La Belle Verte » sorti en salle en 1996, dont le propos semble plus que jamais d’actualité.

Place à la jeunesse

Côté création, une large place est accordée à la jeunesse. Irina Brook a rassemblé de jeunes comédiens autour du projet « Les Éclaireurs ». Ils ont présenté, dans les premiers jours de « Réveillons-nous ! », une mise en espace du texte « ? [Point d’interrogation] », écrit spécialement pour eux par l’italien Stefano Massini. L’auteur de « Chapitre de la chute. Saga des Lehman Brothers » donne le ton du festival en mettant dans la bouche des nouvelles générations des questions aussi évidentes que profondes : y aura-t-il une terre ? Tombera-t-on malade ? De quoi se nourrira-t-on ? Par des réponses dérisoires et saugrenues, aidé du talent de cette brillante troupe, Massini fait ressortir l’absurdité du progrès tout azimut. Ces interrogations basiques acquièrent une haute qualité textuelle sous la plume de Massini. « Les Éclaireurs » est un projet particulièrement symbolique : « ils se sont rassemblés pour le festival, il n’y a pas de structure juridique, de collectif défini qui les rassemblent, simplement l’urgence d’être dans la fabrique d’un monde nouveau », raconte Irina Brook. Ce spectacle éducatif, dégagé de la didactique, a pour vocation d’être diffusé dans les établissements scolaires de Nice et alentours.


© Pascal Victor/ArtComArt

Entre science et poésie

Toujours lors de l’ouverture de « Réveillons-nous ! » et avant son installation à Paris, à partir du 4 décembre, David Lescot est venu présenter sa nouvelle création, « Les Glaciers grondants ». Une fresque narrative passionnante qui colle à l’actualité. Elle raconte L’histoire d’un auteur chargé par la rédactrice en chef d’un grand hebdomadaire de rédiger un texte « décalé » sur les changements climatiques. Eric Caruso – alter ego de David Lescot – a une année pour produire son article. « Les Glaciers grondants » est la quête de ce Monsieur Tout-le-monde pour acquérir une conscience climatique fondée. On suit le profane – celui que nous sommes tous – dans ses rencontres avec des scientifiques, des savants qui guident son parcours et partagent leurs connaissances. Parfois aérienne, toujours rythmée (Benoit Delbecq et Steve Arguëlles accompagnent Eric Caruso en musique au fil de l’épopée), la pièce parle des climats météorologiques, mais aussi des climats amoureux. En même temps qu’Eric vit cette aventure, il se sépare de Camille. Les drames se mélangent intelligemment et subtilement entre la mécanique des fluides et la mécanique des cœurs. Si les rencontres d’Eric Caruso sont souvent déprimantes, David Lescot parvient à installer le juste équilibre entre science et poésie pour ne pas plomber la combativité qui sommeille en chaque spectateur.

S’ancrer dans la durée

Après le festival, Irina Brook veut s’évertuer à ancrer le TNN dans une écologie au quotidien : « si l’écologie est l’amour de l’humain et de la planète, cela doit être au cœur de la mission du théâtre ». Le restaurant du théâtre ne propose que des produits locaux et biologiques. Le foyer est constellé de dessins de jeunes collégiens appelant à une conscience climatique accrue de la part de leurs parents. La directrice se définit comme ayant toujours été « une fille de la nature ». Lors de sa prise de fonction à Nice, ce combat est devenu pour elle une évidence face à l’urgence : « la fonction que j’occupe ici m’oblige à prendre du recul, pour observer ce qui est important à montrer du monde. Le théâtre est obligé, face à des puissances comme Monsanto, de donner un maximum d’informations pour réveiller les consciences ». Signe d’une volonté de s’inscrire dans la durée, la prochaine mise en scène d’Irina Brook, au mois de janvier, portera justement sur la question de la destruction des terres agricoles par une puissante industrie : « Terre Noire », de Stefano Massini. La révolution écologique a plusieurs visages, à Nice, elle adopte celui du théâtre.

RÉVEILLONS-NOUS, Théâtre National de Nice (04 93 13 90 90) jusqu’au 13 décembre 2015. « Les Glaciers grondants » de David Lescot est à l’affiche à Paris, au Théâtre de la Ville (01 42 74 22 77), du 4 au 18 décembre.

Source : Les Echos Week-end

16 11/2015

« Les Femmes savantes » déchaînées de Macha Makeïeff – Les Echos Week-end

lundi 16 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Rien ne va plus dans cette famille bourgeoise top moderne. La fille cadette, Henriette, fait la fête avec son amant Clitandre. La mère, Philaminte, se gave de sciences et de poésie – entraînant dans son addiction frénétique sa fille aînée, Armande, et sa belle-soeur lubrique, Bélise. De conversations pédantes en expériences chimiques, elles semblent avoir avalé leurs cornues et être sous influence psychotrope. Martine – la bonne -, avant d’être renvoyée pour inconvenance grammaticale, fait la loi (domestique). Quant au père de famille, Chrysale, il est complètement dépassé et pusillanime.

Décors et costumes seventies

Macha Makeïeff a fait un sort aux « Femmes savantes » de Molière en transposant la pièce de 1672 dans l’effervescence des années 1970 – et le résultat est probant. La directrice de La Criée à Marseille conserve le côté acide de la comédie, mais dissout son côté misogyne en plaçant les deux sexes sur le même pied d’hystérie et d’angoisse. Le décor acidulé, les costumes seventies offrent aux regards un patchwork coloré. Les alexandrins de Molière sonnent à l’oreille comme des refrains moqueurs. La « Cité des femmes » fait vaciller la loi des hommes, au fil des gags et des airs baroques-pop savamment distillés.

Macha Makeïeff a baptisé son spectacle « Trissotin ou les Femmes savantes ». C’est bien le triple sot qu’on attend et qui se fait désirer (comme Tartuffe) jusqu’à l’acte III. Surgit alors, pour incarner ce parangon de pédantisme, une folle créature, mix de John Galliano et de Conchita Wurst, qui fait basculer la comédie dans une transe burlesque. Geoffroy Rondeau est saisissant de drôlerie dans ce rôle. Mais il n’est pas le seul à provoquer le rire : Marie-Armelle Deguy (Philaminte) démontre son génie comique en ogresse philosophe. Thomas Morris campe une irrésistible Bélise transgenre. Et Karyll Elgrichi dépote en Martine, servante virago, vraie-fausse soumise à l’ordre masculin…

La distribution est sans fausse note. Chacun joue avec la même intensité la carte de la farce et de la cruauté – hommes et femmes au bord de la crise de nerf, à force de vouloir tout contrôler. C’est d’ailleurs sur une note sombre que se termine ces « Femmes savantes ». Des femmes débarrassées de leur mascotte parasite, Trissotin, mais condamnées à dire adieu à leurs illusions.

Rien ne va plus dans cette famille bourgeoise top moderne. La fille cadette, Henriette, fait la fête avec son amant Clitandre. La mère, Philaminte, se gave de sciences et de poésie – entraînant dans son addiction frénétique sa fille aînée, Armande, et sa belle-soeur lubrique, Bélise. De conversations pédantes en expériences chimiques, elles semblent avoir avalé leurs cornues et être sous influence psychotrope. Martine – la bonne -, avant d’être renvoyée pour inconvenance grammaticale, fait la loi (domestique). Quant au père de famille, Chrysale, il est complètement dépassé et pusillanime.

Source : Les Echos Week-end