Théâtre de l’Atelier

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18 10/2019

LA PROMESSE DE L’AUBE | STEPHANE FREISS | LE FIGARO

vendredi 18 octobre 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Romain Gary au coin du feu au Théâtre de l’Atelier

30 05/2019

Mademoiselle Julie | Le Figaro 29 -05-19

jeudi 30 mai 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Anna Mouglalis, la violence de Mademoiselle Julie

Xavier Legrand et Anna Mouglalis dans 
Mademoiselle Julie.

MORCEAU CHOISI – Face à Xavier Legrand, exceptionnel, et Julie Brochen, qui signe la mise en scène et joue Christine, elle est fascinante.

Le décor est à vue. Simple. Sur le plateau de l’Atelier, on distingue au lointain un passage. Un escalier derrière un voilage, les échos de la fête. La vie qui va, en cris, musique, piétinements de la danse, éclats de rire. Mais tout se jouera dans la cuisine, dans la chaleur d’une nuit de Saint-Jean.

Mademoiselle Julie a dansé avec les employés, les paysans. Son père est en déplacement, il ne rentrera qu’à l’aube. Sa mère est depuis longtemps morte. Mademoiselle Julie n’est plus une adolescente. Elle a 24 ans. Elle est une jeune femme en crise. Un être qui a mal grandi, déchirée qu’elle a été par les injonctions contradictoires de sa mère. Un grand caractère, cette figure dessinée en creux. Mais une épouse très perturbée, rêvant d’indépendance, élevant sa fille comme un garçon.

Les malheurs s’héritent parfois. La mélancolie aussi. Julie va mal. Julie est impressionnante tant son désespoir est profond. Tant elle peut apparaître odieuse, méprisante, perverse dans son jeu avec Kristin, la cuisinière, et le fiancé de celle-ci, Jean, serviteur du comte. La pièce a été écrite par August Strindberg en 1888. Dans la remarquable traduction de Terje Sinding, elle frappe par sa violence, sa crudité, la tension permanente, la cruauté de ce qui se dit, par-delà l’attirance sexuelle d’une jeune aristocrate pour un valet. Et par-delà les souvenirs enchantés de ce dernier. Strindberg, qui parlait de sa pièce comme d’une «tragédie naturaliste», lui donne une densité de pierre. Il se dit tant en l’espace d’une heure vingt… Il connaît la complexité des âmes.

Les chansons de Gribouille

Jean est un homme intelligent, cultivé, entreprenant. En rien un rustre. Julie Brochen, qui signe la mise en scène à la demande d’Anna Mouglalis et Xavier Legrand, impose la présence silencieuse, douloureuse, de Kristin. Elle est très humaine et fière, elle aussi. Car dans cette nuit de pensées, de sentiments, de gestes paroxystiques, d’humeurs toxiques, la fierté blessée, pour Jean, la fierté aveuglée pour Julie, est comme le feu d’une ordalie païenne. Jamais on n’aura si bien entendu ce que dit Strindberg, et qui dérange, et qui bouscule, et qui heurte, et qui blesse, que dans cette production.

» LIRE AUSSI – Xavier Legrand, un réalisateur qui a l’étoffe des lions

Xavier Legrand est un comédien exceptionnel. Le cinéaste de Jusqu’à la garde , passé par le Conservatoire, comme Anna Mouglalis, est d’une finesse étourdissante. Tout est juste, acéré, déchirant. Face à lui, Anna Mouglalis, si belle, à la voix si envoûtante, silhouette déliée dans les costumes harmonieux de Lorenzo Albani, passe par toutes les nuances qu’exige Strindberg. De l’abandon d’une petite fille à la fureur d’une Gorgone. Elle communique à la salle un vertige troublant. Julie Brochen montre tout. La mort, le sang. Curieusement, elle ponctue les mouvements de la pièce de chansons de Gribouille. Qui se souvenait qu’elle célébrait Julie, l’androgyne à voix grave?

«Mademoiselle Julie», Théâtre de l’Atelier (Paris XVIIIe), à 19 heures du mardi au samedi, 15 heures le dimanche. Durée: 1 h 20. Jusqu’au 30 juin. Tél. : 01 46 06 49 24.

 

27 03/2019

Aurélia Thierrée, une acrobate sublime |L’EXPRESS 26 – 03-19

mercredi 27 mars 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

SUR LES PLANCHES

Les spectacles à voir (ou pas)

Par Igor Hansen-Love 

publié le 26/03/2019 à 16:00 , mis à jour à 17:07

Un spectacle d’une rare poésie (Bells and Spells), un Molière au goût du jour (Les Fourberies de Scapin)… Les recommandations scènes de L’Express.

Bells and Spells

Théâtre de l’Atelier, Paris (XVIIIe). Jusqu’au 12 mai. 

La note de L’Express : 18/20 

Place au plus beau spectacle du mois, de l’année, de la décennie… Et peut-être même du siècle. A cheval entre la danse, le mime, la magie nouvelle, le cirque et le théâtre d’objet, cette courte pièce (1h10) créée au théâtre des Célestins, à Lyon, en juillet 2018, met en scène les tribulations d’une jeune femme cleptomane (l’élégante et la sublime Aurélia Thierrée, soeur de James Thierrée et petite-fille de Charlie Chaplin) poursuivie par un soupirant alcoolique désoeuvré (Jaime Martinez) dans un monde imaginaire à l’esthétique joliment vintage (évoquant l’univers des cabarets pendant les années folles) peuplé par de créatures fantastiques. Ici, les portemanteaux se transforment en oiseaux préhistoriques ou en taupes, les draps deviennent des partenaires de danse et les corps se disloquent régulièrement, sans douleur, pour se réassembler quelques minutes plus tard.

Jamais mièvres, les numéros (muets pour la plupart) s’enchaînent avec une fluidité remarquable, comme si un tapis roulant filant à vive allure avait été installé sur la scène (la performance est à saluer). Les idées de mise en scène – signée par Victoria Thierrée Chaplin, la mère de l’acrobate – fusent. Et les émotions se bousculent : le rire, le suspense, l’émerveillement, la peur… Rares sont les spectacles où la poésie est aussi ensorcelante et contagieuse. Un véritable petit bijou. I.H.-L.

18 03/2019

Aurélia Thierrée L’art de la cambriole | Le Figaro 15-03-19

lundi 18 mars 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Par Armelle Héliot

Mis à jour le 15/03/2019 à 19h10 | Publié le 15/03/2019 à 17h04

Dans Bells and Spells, imaginé par Victoria Chaplin, elle enchante en kleptomane dans des apparitions enjouées.

Tout un monde, c’est tout un monde que celui d’Aurélia Thierrée qui, avec «Bells and Spells»(«Cloches et sorts», un titre plus musical en anglais), suit le fil de ses précédentes créations tout en élargissant son cercle. Après « L’Oratorio d’Aurélia », en 2003, puis «Murmures des mur»s en 2011, la sœur aînée de James Thierrée se remet entre les mains de leur magicienne de mère, Victoria Thierrée-Chaplin, pour vivre les aventures si particulières du personnage déroutant que l’on découvre sur le plateau du Théâtre de l’Atelier.

 

Chez les Thierrée-Chaplin, on pratique la magie cousue main. Et le merveilleux n’en est que plus enchanteur

Aurélia Thierrée n’est pas seule. Elle est accompagnée du danseur Jaime Martinez qui partageait déjà le plateau de «Murmures des murs». Mais, d’entrée, la première scène réunit quatre interprètes et, pour faire fonctionner avec fluidité les inventions de Victoria, pas moins de cinq personnes sont nécessaires. Elles sont intégrées au jeu, déplaçant à vue certains éléments scéniques ou tenant lieu, même fugitivement, de véritables protagonistes. Cinq qu’il faut saluer: Baptiste Bridon, Marco d’Amico, Régine Marangé, Monika Schwarzl, Gerd Walter. Ils ont la souplesse et la grâce des danseurs.

Dans ce monde, on ne connaît pas la vidéo, les nouvelles technologies ni même ces tubes de néon qui sont du dernier chic au théâtre. Non. Chez les Thierrée-Chaplin, on pratique la magie cousue main. Et le merveilleux n’en est que plus enchanteur.

Difficile de raconter «Bells and Spells». Tout fonctionne comme dans un rêve, en enchaînements pas toujours rationnels. Mais la logique a sa part! On pourrait dire que le personnage incarné par Aurélia est une kleptomane, une chapardeuse qui adore faire disparaître les objets, même ceux dont elle n’a aucune utilité. Ce fil ténu court tout au long de la représentation mais se ramifie.

 Étonnantes métamorphoses

Un spectacle de Victoria Thierrée-Chaplin, c’est comme un bel arbrisseau avec ses tiges souples et ses feuilles nervurées. C’est fait d’un matériau vivant, vibrant. Les objets, avec elle, ont une âme et son aptes à d’étonnantes métamorphoses. C’est ce qui fascine le plus dans son travail. Devant chaque image, chaque tableau, on se demande: mais comment ça marche? Comment fait-elle? Son imagination la conduit vers des zones très étranges. Un peu archaïques. On a souvent le sentiment d’être du côté des pays de l’Est, avec sombres boiseries, lustres à pendeloques, bijoux de strass, violon tsigane. Qu’on les voie ou non! L’équipe artistique réunie fait de chaque seconde un miracle: son, lumières, costumes, chorégraphie, c’est toute une troupe qui se cache derrière ces fantasmagories.

Et l’imagination de Victoria demeurerait inerte si Aurélia n’était pas là pour lui donner cohérence et vitalité. Dans «Bells and Spells», on l’entend parler, ce qui est une nouveauté. Oh! Elle chuchote, elle lance des répliques furtives. Son art, c’est son corps, sa présence, sa mobilité de vif-argent, son regard. Elle a conservé, à plus de quarante-cinq ans, une silhouette de ballerine et l’espièglerie et la gravité mêlées d’une petite fille. Cela aussi, c’est de famille! Frêle comme un oiseau, Jaime Martinez est un partenaire de conte. Aigu, léger, il joue des claquettes et se fond dans l’étoffe des songes.

Bref, le spectacle séduira aussi bien les jeunes que leurs aînés. Rares sont ces moments à partager, heureux.

Théâtre de l’Atelier, à 21 heures du mardiau samedi, 15 heures dimanche. Durée: 1 h 20. Tél.: 01.46.06.49.24. Jusqu’au 12 mai.

20 04/2017

Weber et Morel rejouent le débat Mitterrand-Chirac: « En 1988, c’était sauvage » | L’Obs

jeudi 20 avril 2017|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Entre les deux tours de la présidentielle, Jacques Weber et François Morel vont jouer le dernier grand débat télévisé entre François Mitterrand et Jacques Chirac. Ils nous disent pourquoi, et ce qu’ils pensent de l’élection qui vient.

Entre le premier et le second tour de l’élection présidentielle, le Théâtre de l’Atelier à Paris propose cinq représentations exceptionnelles de « Débat 1988, Mitterrand-Chirac ». Avec Jacques Weber et François Morel. Deux vieux routiers du spectacle en qui vont se réincarner, pour quelques jours, deux vieux briscards de la ­politique.

Le débat Chirac/Mitterrand, à la veille du second tour de la présidentielle de 1988,
animé par Michèle Cotta et Elie Vannier. (Barthelemy/Sipa)

En septembre dernier, Weber a publiquement apporté son soutien à Jean-Luc ­Mélenchon. Il a maintenant l’air de ne plus savoir sur quel pied danser. Morel, lui, tout en se déclarant de gauche, semble n’être fanatique de personne. Ecoutons-les débattre avant le débat.

Source : L’Obs