Théâtre national de Marseille «La Criée» – Direction Macha Makeïeff

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8 03/2017

L’aventure ethnologique sur un plateau | Libération

mercredi 8 mars 2017|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Faire de la scène un nouveau «terrain» d’expérience comme l’est celui de l’ethnologue à chaque immersion : c’est cette envie qui a nourri la rencontre entre Macha Makeïeff, auteure et metteuse en scène, directrice du théâtre de La Criée à Marseille, et Philippe Geslin, ethnologue fondateur de l’anthropotechnologie, qui partage le quotidien de certains peuples depuis plus de vingt ans. Cette «longue conversation» a donné naissance à une conférence spectacle déclinée en trois volets d’après trois terrains de prédilection de Philippe Geslin : les Inuits du Groënland, les Soussou de Guinée et les Massaï du Kenya et de Tanzanie.

«Nous sommes partis de ses carnets et leur avons accolé le rythme de la dramaturgie, explique Macha Makeïeff. L’ethnologue produit un discours scientifique très habité, au-delà du savoir purement intellectuel.» D’où l’évidence de faire monter sur les planches Philippe Geslin pour jouer les textes.

Un plateau «rond comme une planète», avec un écran en toile de fond qui fait défiler des photos du chercheur, des documents d’archives, mais aussi des images «de fiction et de fantaisie» : la scénographie dépouillée vise bien à «montrer le corps de celui qui va là-bas», explique Macha Makeïeff, afin de rendre accessible au plus grand nombre «l’émotion première» ressentie face à ces «sociétés raffinées extrêmement résistantes». «C’est un voyage d’une heure très sonore et très visuel, une déambulation que l’on ressent plus qu’on ne la comprend», suggère l’auteure. Tel un éloge impressionniste de l’ailleurs.

Création théâtrale «les Ames offensées», de Macha Makeïeff et Philippe Geslin, en trois volets, (samedi 11 et dimanche 12 mars)

Maïté Darnault

Source : Libération

8 04/2016

Et Eva Doumbia créa l’épopée afropéenne ! | Le Point Afrique

vendredi 8 avril 2016|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Éva Doumbia, metteur en scène franco-ivoirienne, présente la pièce La Traversée © DR

Spectacle en trois volets, « La Traversée » d’Eva Doumbia est une plongée littéraire et musicale dans un passé encore douloureux. Celui de la traite.

Source : Théâtre : et Eva Doumbia créa l’épopée afropéenne ! | Le Point Afrique

Le Point Afrique – Publié le – Modifié le Par

Des femmes noires, au carrefour de plusieurs cultures. Des cris de révolte. De la musique et de la poésie. Dans La Traversée, présenté à Marseille au théâtre de la Criée du 29 mars au 2 avril 2016, on retrouve tous les ingrédients du théâtre d’Eva Doumbia. Ses obsessions et son esthétique hybride, qu’elle déploie sur les scènes françaises depuis une vingtaine d’années. Son goût pour la démesure aussi, son spectacle en trois parties d’une heure chacune réunissant pas moins de huit comédiens et quatre musiciens. Après avoir exploré les failles des afrodescendantes d’aujourd’hui, la metteuse en scène franco-ivoirienne se penche sur une histoire dont elle se sent l’héritière. Celle de la traite.

Trilogie de blessures intimes

Aborder la grande histoire n’est pas pour Eva Doumbia une raison de mettre entre parenthèses son exploration de l’intime. Au contraire. Comme les errements sentimentaux des jeunes protagonistes d’Afropéennes, adaptation du roman éponyme de Léonora Miano, les douleurs liées à l’esclavage sont dans La Traversée articulées autour de parcours individuels tantôt réels, tantôt fictifs. Celui de la romancière guadeloupéenne Maryse Condé pour commencer, et de deux personnages de Ségou (1984), sa saga africaine en deux tomes. Insulaires fait ensuite entendre les voix de protagonistes d‘Humus (2006) de la Martiniquaise Fabienne Kanor et de Petite Île (1988) de l’Antiguaise Jamaica Kincaid. La Petite Chambre de Fabienne Kanor clôt le voyage avec un dialogue entre une jeune Antillaise de France née au Havre et un Africain sans papiers. Sur un plateau occupé côté jardin par un bureau et une bibliothèque, côté cour par une petite scène où sont installés les musiciens, La Traversée oscille entre blessures passées et présentes. Entre Afrique et Europe, à l’image des Afropéennes de Léonora Miano.

 © La part du pauvre cie
« La petite chambre » de Fabienne Kanor © La part du pauvre cie

D’un « je » à l’autre, le spectacle déploie dans un espace-temps indéterminé une poétique de la cicatrice et de la fracture. Où le « moi » qui se cherche est le lieu d’une révolution. Le point de départ d’une réinvention du collectif. De la société française en l’occurrence, dont Eva Doumbia déplore d’amnésie. « L’histoire de la colonisation et de la traite sont méconnues. Il y a une sorte de black out autour de ces périodes, alors que la France s’est construite à partir d’elles, et qu’elle en tire une grande partie de sa richesse actuelle », dit-elle. L’intime de La Traversée s’oppose ainsi au « je », souvent narcissique du théâtre français. Loin de se cantonner au fond de cale dont ils sont issus ou auquel ils reviennent régulièrement, les récits mis en scène par Eva Doumbia embrassent le monde. De l’entre-deux qui les fonde, ils posent les bases d’un métissage créatif.

Le goût du composite

Issus d’horizons et de formations divers, les comédiens et musiciens de La Traversée sont les piliers de l’esthétique hybride d’Eva Doumbia. Avec leurs accents variés et leurs corps forgés par la danse, le jeu ou la musique, ils incarnent sur le plateau ce que la metteuse en scène souhaite voir advenir dans la vie. Une société où chacun serait accepté tel qu’il est. Avec sa couleur, sa culture et ses idées. Avec le passé peu glorieux dont il est la trace. Entre jazz nostalgique et rock débridé, les morceaux composés par Lionel Elian et interprétés par les quatre musiciens font écho à cette diversité de la distribution. De même pour les nombreuses vidéos à teneur documentaire – archives et interviews réalisées par Sarah Bouyain –, qui créent une distance bienvenue par rapport aux récits principaux.

Interrompue par des chants et des images, la parole tragique de la mère qui dans Humus dit la perte de son enfant lors de son entrée dans le navire négrier échappe au pathos. Férocement critique contre le colon d’Antigua, celle de Petite Île est mise à distance. Transformée en numéro de cabaret par une comédienne habillée de plumes multicolores, qui dit en dansant les malheurs de son île où « les gens parlent de l’esclavage comme s’il s’était agi d’un grand spectacle, d’une suite de tableaux pleins de grands vaisseaux voguant sur une mer bleue ». L’équilibre de La Traversée tient à un fil. Un peu moins d’énergie dans la caricature, un peu plus d’insistance dans les passages les plus pédagogiques, et on entre dans la didactique. On frôle le spectacle militant. Eva Doumbia assume ce risque. Il est le prix à payer pour éviter aussi bien le consensuel que l’ambigu.

 © La vie sans fards cie
« Astrid Bayiha joue Maryse Condé dans « La vie sans fard ». © La vie sans fards cie

Un théâtre populaire contre l’entre-soi

« Je tiens à ce que tout ce qui se dit dans mes pièces soit parfaitement intelligible. D’où les vidéos qui ponctuent La Traversée et les nombreuses incises contextuelles réalisées par les comédiennes. » Chez Eva Doumbia, le message préside à l’esthétique. Elle ne cite pas Sékou Touré sans une vidéo explicative ni n’évoque l’islamisation dans le Mali du XVIIIe siècle sans interventions de spécialistes de la question. En ce sens, la metteuse en scène prône un théâtre populaire, où chacun peut trouver les clés de compréhension qui lui manquent. « Je veux croire que le théâtre peut changer les choses. Pour cela, il doit être accessible, et surtout représentatif de la société dans laquelle il s’inscrit. »

Fatiguée d’une scène française où les afrodescendants et autres représentants de la « diversité » n’ont pas leur place, Eva Doumbia n’hésite pas à reprendre à son compte l’impératif formulé un jour par un ami : « Il faut coloniser les théâtres nationaux, investir différemment la pensée. » Autrement dit, il faut « décoloniser les arts », nom d’un collectif formé en mars 2015 par une quinzaine d’artistes et responsables de lieux culturels. Parmi lesquels Eva Doumbia. « De nombreux artistes afrodescendants créent en France, mais ils sont maintenus dans une quasi-invisibilité par une profession qui cultive l’entre-soi. Tout comme Maryse Condé, malgré l’ampleur et la qualité de son œuvre, n’a jamais été reconnue à sa juste valeur. Ça ne peut plus durer. » Pour qui veut prolonger la traversée, en attendant les prochaines dates du spectacle d’Eva Doumbia, la première réunion publique du collectif aura lieu le 23 avril au théâtre national de Chaillot.

* La Traversée, trois pièces mises en scène par Eva Doumbia. Tournée en construction.

16 02/2016

Immersion au Théâtre de La Criée | Les Echos

mardi 16 février 2016|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Source : Lesechos.fr

15 12/2015

Macha Makeieff, auteur et metteur en scène | France Inter

mardi 15 décembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

L’Humeur Vagabonde reçoit Macha Makeieff, auteur et metteur en scène, pour sa nouvelle création « Trissotin ou les Femmes Savantes » de Molière, au théâtre La Criée à Marseille jusqu’au 17 janvier 2016

Source : France Inter

19 11/2015

Mariez-vous à Molière et à Makeïeff ! | France Inter

jeudi 19 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Sa mise en scène de « Trissotin ou les femmes savantes » de Molière a repris hier au Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, deux jours après son interruption suite aux attentats du 13 Novembre. Macha Makeïeff est l’invitée d’Augustin Trapenard.

Source : France Inter

16 11/2015

« Les Femmes savantes » déchaînées de Macha Makeïeff | Les Echos Week-end

lundi 16 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Rien ne va plus dans cette famille bourgeoise top moderne. La fille cadette, Henriette, fait la fête avec son amant Clitandre. La mère, Philaminte, se gave de sciences et de poésie – entraînant dans son addiction frénétique sa fille aînée, Armande, et sa belle-soeur lubrique, Bélise. De conversations pédantes en expériences chimiques, elles semblent avoir avalé leurs cornues et être sous influence psychotrope. Martine – la bonne -, avant d’être renvoyée pour inconvenance grammaticale, fait la loi (domestique). Quant au père de famille, Chrysale, il est complètement dépassé et pusillanime.

Décors et costumes seventies

Macha Makeïeff a fait un sort aux « Femmes savantes » de Molière en transposant la pièce de 1672 dans l’effervescence des années 1970 – et le résultat est probant. La directrice de La Criée à Marseille conserve le côté acide de la comédie, mais dissout son côté misogyne en plaçant les deux sexes sur le même pied d’hystérie et d’angoisse. Le décor acidulé, les costumes seventies offrent aux regards un patchwork coloré. Les alexandrins de Molière sonnent à l’oreille comme des refrains moqueurs. La « Cité des femmes » fait vaciller la loi des hommes, au fil des gags et des airs baroques-pop savamment distillés.

Macha Makeïeff a baptisé son spectacle « Trissotin ou les Femmes savantes ». C’est bien le triple sot qu’on attend et qui se fait désirer (comme Tartuffe) jusqu’à l’acte III. Surgit alors, pour incarner ce parangon de pédantisme, une folle créature, mix de John Galliano et de Conchita Wurst, qui fait basculer la comédie dans une transe burlesque. Geoffroy Rondeau est saisissant de drôlerie dans ce rôle. Mais il n’est pas le seul à provoquer le rire : Marie-Armelle Deguy (Philaminte) démontre son génie comique en ogresse philosophe. Thomas Morris campe une irrésistible Bélise transgenre. Et Karyll Elgrichi dépote en Martine, servante virago, vraie-fausse soumise à l’ordre masculin…

La distribution est sans fausse note. Chacun joue avec la même intensité la carte de la farce et de la cruauté – hommes et femmes au bord de la crise de nerf, à force de vouloir tout contrôler. C’est d’ailleurs sur une note sombre que se termine ces « Femmes savantes ». Des femmes débarrassées de leur mascotte parasite, Trissotin, mais condamnées à dire adieu à leurs illusions.

Rien ne va plus dans cette famille bourgeoise top moderne. La fille cadette, Henriette, fait la fête avec son amant Clitandre. La mère, Philaminte, se gave de sciences et de poésie – entraînant dans son addiction frénétique sa fille aînée, Armande, et sa belle-soeur lubrique, Bélise. De conversations pédantes en expériences chimiques, elles semblent avoir avalé leurs cornues et être sous influence psychotrope. Martine – la bonne -, avant d’être renvoyée pour inconvenance grammaticale, fait la loi (domestique). Quant au père de famille, Chrysale, il est complètement dépassé et pusillanime.

Source : Les Echos Week-end

13 11/2015

Macha Makeieff invitée de Frédéric Taddéi pour Les Femmes Savantes | Europe 1 social club

vendredi 13 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Source : Europe 1 social club

 

13 11/2015

­Décors vintage et costumes fluo : Macha Makeïeff embarque Molière dans les sixties | Arts et scènes | Télérama.fr

vendredi 13 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Dans cette version épatante des “Femmes Savantes”, on redécouvre les pulsions de vie secrètes de Molière, bien au-delà de son machisme présumé.

Source : ­ Télérama

13 11/2015

Trissotin ou les Femmes savantes, version pop baroque de Macha Makeieff | Sceneweb

vendredi 13 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Macha Makeïeff fait swinguer les alexandrins de Molière en pleine révolution hippie ! Sa version colorée de la pièce de Molière, « Les femmes savantes » est emmenée par une belle troupe de comédiens survoltés !

Molière avec des robes à fleurs et des pantalons « patte d’éléphant » ! Macha Makeïeff place l’action de la comédie de Molière à la fin des années 60, début des années 70. C’est l’après mai 68, le temps du power flower. Philaminte (exquise Marie-Armelle Deguy) et sa belle-sœur Bélize tentent de s’émanciper des hommes et se lancent dans toutes sortes d’expériences chimiques, plus drôles les unes que les autres. Macha Makeïeff a confié le rôle de Bélize au ténor Thomas Morris, irrésistible dans ce rôle de vieille dame érotomane qui s’extasie lorsque de la fumée en forme de pénis monte dans les éprouvettes !

Une grande vague de bonheur submerge le plateau. Nous sommes chez Molière par la langue, mais aussi un peu chez Feydeau par le rythme imposé sur le plateau et le va et vient incessant des comédiens qui ne se ménagent. Macha famille Macha Makeïeff. A composé une famille totalement timbrée ! Chacun en prend pour son compte. C’est délicieusement bien croqué et caricaturé.

Ces femmes savantes tombent sous le charme d’un usurpateur, Trissotin, qui est ici une sorte de gourou sectaire, androgyne, mélange de Jésus Christ allumé et de Conchita Wurst. Geoffroy Rondeau est à la fois inquiétant et d’une douceur exquise qui fait craindre le pire. Dans cette version pop et baroque de la comédie de Molière, le rire l’emporte dans un mélange des genres absolument réussi.

Source : sceneweb

9 11/2015

Macha Makeïeff & Elie Wajeman : Femmes savantes et amours anarchistes | Podcast France Culture

lundi 9 novembre 2015|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , , , |

Théâtre National de Marseille La Criée - «Trissotin ou les femmes savantes» de MolièreAu programme de Ping Pong ce soir Femmes savantes et amours anarchistes avec Macha Makeïeff, qui met en scène « Trissotin ou les Femmes Savantes » de Molière au Théâtre Gérard Philippe à Saint Denis puis en tournée (Créteil, La Criée à Marseille…).


Source : France Culture