Théâtre national de Nice – Direction Irina Brook

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8 02/2016

A Nice, Romane Bohringer joue une migrante se noyant près de Lampedusa | France 3 Côte d’Azur

lundi 8 février 2016|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

Récit vibrant d’une Africaine se noyant près de Lampedusa, hymne au travail de la terre menacé par l’argent des multinationales: pour sa deuxième saison à la tête du Théâtre national de Nice, la Britannique Irina Brook signe deux créations très engagées avec son égérie Romane Bohringer en vedette.



Pieds nus sur une scène dépouillée, gestuelle expressive, Romane Bohringer incarne avec retenue Shauba, une jeune migrante africaine partie sur un rafiot de 700 personnes et qui livre un monologue en sombrant au fond de la mer.

Le texte très poétique de l’auteure italienne Lina Prosa qui vit en Sicile, « Lampedusa Beach », constitue un plaidoyer sur un sujet d’actualité brûlante. « Ceux d’Afrique, nous sommes comme un collier de perles cassé », dit Shauba dans sa chute verticale au milieu des poissons et des cadavres humains, « certains arrivent à destination, d’autres se noient ».

La pièce montre jusqu’où peut aller la destruction de l’individu et de la planète », décrit Irina Brook, directrice du Théâtre national de Nice.

La jeune femme parle à une proche qui lui a financé le voyage (trois ans de salaire), lui raconte son odyssée à risque de femme convoitée par les passeurs et son bref aperçu de l’île de Lampedusa à portée de main. Le personnage a touché Irina Brook, qui en appelle à l’hospitalité: « elle nous sort de notre individualisme pour nous toucher dans notre humanité la plus profonde, bien plus que le flux d’informations que nous recevons du matin au soir et auquel nous devenons insensibles ».


Une autre création dénonce les multinationales.

« Terre Noire », deuxième création niçoise d’Irina Brook dévoilée à Nice en même temps, est tirée d’une pièce en trente-et-un tableaux du jeune auteur italien Stefano Massini.

Créant en une heure un récit enlevé et efficace sur un monde en péril. Hagos (l’acteur Pitcho Womba Konga), petit cultivateur de canne à sucre d’Afrique du Sud aux méthodes traditionnelles, est approché par une multinationale qui lui achète sa récolte, puis lui propose ses produits chimiques pour rentabiliser son exploitation. Ses cannes à sucre vont se dessécher, l’acculant à s’endetter et céder sa terre. Le fermier et sa femme vont faire appel à une jeune avocate téméraire (Romane Bohringer) qui va affronter l’avocat sans scrupules de la multinationale (Hippolyte Girardot)…

Scénario un tantinet manichéen? « La pièce montre jusqu’où peut aller la destruction de l’individu et de la planète », décrit Irina Brook. « C’est inimaginable que nos dirigeants encouragent un sacrifice collectif suivant le diktat des grandes firmes! », s’insurge l’enfant de la balle qui aspire à un théâtre qui fait réfléchir et rapproche les hommes.

La pièce vient à la suite d’un ensemble de spectacles et de rencontres, programmés à Nice fin 2015 en même temps que la conférence environnementale Cop21 de Paris.

Source : France 3 Côte d’Azur

30 11/2015

Climat : le théâtre de Nice fait sa révolution écolo | Les Echos Week-end

lundi 30 novembre 2015|Catégories: Environnement, Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |


© Pascal Victor/ArtComArt

Dans le sillage de COP21, le Théâtre National de Nice propose un festival citoyen « Réveillons-nous », avec des créations d’envergure comme « Point d’interrogation » de Stefano Massini ou encore « Glaciers fondants » de David Lescot (programmé ensuite au Théâtre de la Ville à Paris). Reportage et rencontre avec l’initiatrice du projet Irina Brook.

Le théâtre, outil en faveur de l’écologie ? Irina Brook en est convaincue. Nommée en 2014 à la tête du Théâtre National de Nice (TNN), la nouvelle directrice des lieux anime le festival citoyen « Réveillons-nous », jusqu’au 13 décembre. Une façon pour les Niçois de faire leur COP21 à l’échelle locale. Irina Brook a la volonté de replacer le théâtre au cœur du lien social en permettant la rencontre entre les différents acteurs concernés par l’avenir de la planète : artistes, universitaires et avant tout des spectateurs, « réunis ensemble pour parler ». Le programme est dense : côté conscience collective, on remarque la tenue de nombreuses conférences, ateliers et débats en présence du biologiste Gilles-Eric Séralini, le glaciologue Claude Lorius ou encore la militante Vandana Shiva. Certains artistes engagés de la première heure, telle Coline Serreau, sont aussi présents. Pendant le week-end d’ouverture, celle-ci a présenté son film « La Belle Verte » sorti en salle en 1996, dont le propos semble plus que jamais d’actualité.

Place à la jeunesse

Côté création, une large place est accordée à la jeunesse. Irina Brook a rassemblé de jeunes comédiens autour du projet « Les Éclaireurs ». Ils ont présenté, dans les premiers jours de « Réveillons-nous ! », une mise en espace du texte « ? [Point d’interrogation] », écrit spécialement pour eux par l’italien Stefano Massini. L’auteur de « Chapitre de la chute. Saga des Lehman Brothers » donne le ton du festival en mettant dans la bouche des nouvelles générations des questions aussi évidentes que profondes : y aura-t-il une terre ? Tombera-t-on malade ? De quoi se nourrira-t-on ? Par des réponses dérisoires et saugrenues, aidé du talent de cette brillante troupe, Massini fait ressortir l’absurdité du progrès tout azimut. Ces interrogations basiques acquièrent une haute qualité textuelle sous la plume de Massini. « Les Éclaireurs » est un projet particulièrement symbolique : « ils se sont rassemblés pour le festival, il n’y a pas de structure juridique, de collectif défini qui les rassemblent, simplement l’urgence d’être dans la fabrique d’un monde nouveau », raconte Irina Brook. Ce spectacle éducatif, dégagé de la didactique, a pour vocation d’être diffusé dans les établissements scolaires de Nice et alentours.


© Pascal Victor/ArtComArt

Entre science et poésie

Toujours lors de l’ouverture de « Réveillons-nous ! » et avant son installation à Paris, à partir du 4 décembre, David Lescot est venu présenter sa nouvelle création, « Les Glaciers grondants ». Une fresque narrative passionnante qui colle à l’actualité. Elle raconte L’histoire d’un auteur chargé par la rédactrice en chef d’un grand hebdomadaire de rédiger un texte « décalé » sur les changements climatiques. Eric Caruso – alter ego de David Lescot – a une année pour produire son article. « Les Glaciers grondants » est la quête de ce Monsieur Tout-le-monde pour acquérir une conscience climatique fondée. On suit le profane – celui que nous sommes tous – dans ses rencontres avec des scientifiques, des savants qui guident son parcours et partagent leurs connaissances. Parfois aérienne, toujours rythmée (Benoit Delbecq et Steve Arguëlles accompagnent Eric Caruso en musique au fil de l’épopée), la pièce parle des climats météorologiques, mais aussi des climats amoureux. En même temps qu’Eric vit cette aventure, il se sépare de Camille. Les drames se mélangent intelligemment et subtilement entre la mécanique des fluides et la mécanique des cœurs. Si les rencontres d’Eric Caruso sont souvent déprimantes, David Lescot parvient à installer le juste équilibre entre science et poésie pour ne pas plomber la combativité qui sommeille en chaque spectateur.

S’ancrer dans la durée

Après le festival, Irina Brook veut s’évertuer à ancrer le TNN dans une écologie au quotidien : « si l’écologie est l’amour de l’humain et de la planète, cela doit être au cœur de la mission du théâtre ». Le restaurant du théâtre ne propose que des produits locaux et biologiques. Le foyer est constellé de dessins de jeunes collégiens appelant à une conscience climatique accrue de la part de leurs parents. La directrice se définit comme ayant toujours été « une fille de la nature ». Lors de sa prise de fonction à Nice, ce combat est devenu pour elle une évidence face à l’urgence : « la fonction que j’occupe ici m’oblige à prendre du recul, pour observer ce qui est important à montrer du monde. Le théâtre est obligé, face à des puissances comme Monsanto, de donner un maximum d’informations pour réveiller les consciences ». Signe d’une volonté de s’inscrire dans la durée, la prochaine mise en scène d’Irina Brook, au mois de janvier, portera justement sur la question de la destruction des terres agricoles par une puissante industrie : « Terre Noire », de Stefano Massini. La révolution écologique a plusieurs visages, à Nice, elle adopte celui du théâtre.

RÉVEILLONS-NOUS, Théâtre National de Nice (04 93 13 90 90) jusqu’au 13 décembre 2015. « Les Glaciers grondants » de David Lescot est à l’affiche à Paris, au Théâtre de la Ville (01 42 74 22 77), du 4 au 18 décembre.

Source : Les Echos Week-end

30 11/2015

Climat : les artistes prennent la parole | France info

lundi 30 novembre 2015|Catégories: Environnement, Spectacle Vivant|Mots-clés: , , |

Le théâtre de Nice organise cette semaine le festival « Réveillons-nous ».

Alors que la Cop 21 s’ouvre lundi à Paris, leThéâtre national de Nice mobilise des artistes pour dire leur vision de la terre, de l’environnement, de l’évolution du climat, des inquiétudes pour demain. C’est le festival Réveillons-nous !

Ainsi que le souligne Irina Brook, L’Invité Culture cette semaine, « Il devient urgent, même vital, de questionner notre humanité si souvent oubliée, de chercher à comprendre nos relations les uns aux autres et aussi notre relation à la planète. Cette Terre qui nous a tout donné depuis le début des temps et à qui nous prenons tout, que nous détruisons avec une violence sans pareille. »

Autour de l’actrice, metteur en scène et directrice de l’établissement niçois, des troupes venues de toute la France proposent jusqu’au 13 décembre une programmation éclectique, entre danse, théâtre, musique, happening, vidéo, etc…

Source : France info