Théâtre-Studio d’Alfortville

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21 03/2019

Alix Riemer dans “Susan”, une présence magique |Télérama |13-03-19

jeudi 21 mars 2019|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Théâtre

La comédienne Alix Riemer, 31 ans.

Au théâtre elle ne joue pas, elle est. A 31 ans, la comédienne s’essaye à la mise en scène. Avec succès !

Elle aurait plu aux cinéastes de la nouvelle vague. Sourire coquin à la Jeanne Moreau, moue stylée façon Anna Karina : Alix Riemer, 31 ans, est une actrice qui attire l’œil. Mais elle vient du théâtre. Formée dans le saint des saints, le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, elle y a suivi les cours d’Alain Françon et de Dominique Valadié. Du premier, elle a appris la lecture scrupuleuse des textes ; de la seconde, elle a retenu la nécessaire écoute de l’autre. Dans cette même école, elle a aussi rencontré son double, Julie Duclos, qui l’a plusieurs fois dirigée sur les planches, lui permettant de basculer de rôles d’adolescentes, où la cantonnait jusque-là son physique juvénile, vers la partition d’une femme sensuelle dans Nos serments,spectacle adapté d’un scénario de Jean Eustache.

Depuis, ces deux complices mènent une recherche sur le jeu de l’acteur dont on prendra la mesure, en juillet, au Festival d’Avignon avec la création de Pelléas et Mélisande, de Maurice Maeterlinck. La présence, l’intériorité et l’intensité forgent leur alphabet. Alix Riemer s’exclame : « Faire semblant a ses limites ! » et c’est vrai qu’au théâtre elle ne joue pas, elle est. Elle vient de franchir le pas qui mène à la mise en scène. Elle orchestre et interprète son adaptation des journaux intimes de Susan Sontag. La combativité de la romancière américaine l’a « saisie ». Entre vidéo, musique et texte, elle a bien l’intention de faire de cette intellectuelle, morte en 2004, une vivante parmi les vivants.


on aime passionnément Susan, d’après Susan Sontag, conception Alix Riemer. Du 13 au 30 mars. Du mer. au sam. 20h30, au Théâtre-Studio d’Alfortville, 16, rue Marcelin-Berthelot, Alfortville (94).

14 11/2018

Un Ivanov à Grincer des dents | Le Monde

mercredi 14 novembre 2018|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |


Le metteur en scène Christian Benedetti (au centre) dynamite la représentation traditionnelle d’« Ivanov ». © Simon Gosselin

A L’Athénée, à Paris, Christian Benedetti donne de l’œuvre de Tchekhov une vision très crue.

Voilà un spectacle peu aimable et qui ne veut pas l’être. Il faut du courage pour proposer une représentation où la vulgarité des personnages est prise au pied de la lettre et s’énonce en gros mots (« on se fait chier »), en surnom connoté (« Zézette ») ou en évocation crue d’un Gérard Depardieu éructant et paillard (rôle qu’assume crânement Christian Benedetti). On ne s’attendait pas à être aussi heurté devant cette fiction crépusculaire que les artistes enveloppent d’habitude d’une élégante mélancolie.

Ivanov (sobrement joué par Vincent Ozanon) est un homme dépressif marié à Anna Petrovna (Laure Wolf). Il croule sous les dettes et ne peut financer le voyage dont son épouse phtisique a besoin pour se soigner. Sourd aux implorations du médecin (formidable Yuriy Zavalnyouk), il s’entiche de Sacha (Alix Riemer), fille de sa créancière, Zinaïda Lebedeva (Brigitte Barilley). Pendant qu’il fait la fête, Anna expire dans l’indifférence de tous. Un an plus tard, le veuf s’apprête à se remarier. Il n’en aura pas le temps. Il meurt. On ne le pleurera pas.

Christian Benedetti connaît Tchekhov sur le bout des doigts. Depuis 2011, il monte ses textes l’un après l’autre avec la volonté d’en proposer une intégrale qui le mènera jusqu’aux pièces en un acte de l’auteur. Après La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Sœurs et La Cerisaie, le voici arrivé à cette première version d’Ivanov, sous-titrée Comédie en quatre actes et dont la représentation, en 1887, avait suscité les quolibets des spectateurs, incitant le dramaturge russe à livrer, en 1889, une seconde mouture, sous-titrée celle-ci Drame en quatre actes et qui eut les faveurs du public (mais pas celles de Benedetti).

Coutures du théâtre exhibées

A l’Athénée, sous les dorures de la salle à l’italienne, un silence perplexe (ou gêné ?) accompagne les débordements qui agitent un plateau brut de décoffrage. La lumière se lève sur une scène entravée par une paroi de contreplaqué interdisant la profondeur de champ. Pas question d’esquiver ce qui se dit ou de s’abandonner à la rêverie, tout nous est renvoyé en boomerang et sans sommation. Les acteurs déplacent le décor. Installent piano, chaises, sofa, puis les déménagent pour déposer un pâle paravent ou des portes de vaudeville qui n’ouvrent que sur elles-mêmes (quand elles consentent à s’ouvrir.) L’espace est une aire de jeu. Les coutures du théâtre sont exhibées sans ménagement. Le temps des illusions est fini. Place au réel.

Ce réel est inscrit dans la chair de la pièce, dont la traduction, cosignée par le metteur en scène avec Brigitte Barilley et Laurent Huon, fera grincer des dents. Musclée, triviale et efficace, elle ne s’attarde pas dans le poétique et le psychologique, encore moins dans l’intériorité des êtres. Là encore, aucune profondeur. Les personnages sont ce qu’ils disent. Il n’y a pas moyen de trouver une excuse à leur médiocrité. Il nous faut faire avec ces humains de bas étage, comprendre que ce qu’ils exhibent d’eux-mêmes est leur vérité nue et encaisser ce qu’ils suscitent en nous d’effroi et de dégout.

On finit par admettre que Tchekhov a écrit une farce détestable où les héros sont affreux, sales, méchants, obsédés par l’argent et entichés d’eux-mêmes

Ainsi, et même si on n’aime pas voir ce que l’on voit et entendre ce que l’on entend, on finit par admettre que Tchekhov a écrit une farce détestable où les héros sont affreux, sales, méchants, obsédés par l’argent et entichés d’eux-mêmes. « Une femme va mourir », leur répète inlassablement le médecin en qui on discerne un Tchekhov effaré devant la laideur d’âme de ses propres créatures. Car personne ne s’émeut.

Pourtant Anna Petrovna n’est pas n’importe qui. Elle est juive. Elle a, pour l’amour d’Ivanov, renié sa religion, perdu sa dot, subi le rejet de son mari. Mais pour lui, comme pour tous ceux qui viennent s’encanailler chez la Lebedeva, Anna est une « youpine ». Tchekhov a écrit ce mot-là plus d’une fois. Lorsque les acteurs le prononcent haut et fort, il écorche les oreilles. Le malaise est palpable.

Christian Benedetti ne nous épargne pas. Cette communauté délétère qui se repaît de rires gras et de rasades de vodka n’est en rien ambiguë. Elle est antisémite. Ce reflet atterrant, mais fidèle qui nous est renvoyé n’est pas beau à voir. Mais ces gens-là existent et ils sont parmi nous. Se servir d’Ivanov pour le dire n’est pas salir Tchekhov mais l’élever au rang des visionnaires. La nuance est de taille.

Par Joëlle Gayot

Ivanov, de Tchekhov, jusqu’au 1er décembre au Théâtre de l’Athénée, Paris 9e. Mise en scène de Christian Benedetti. Tous les jours sauf les dimanches et lundis à 20 heures, le mardi à 19 heures ; une représentation à 16 heures, le dimanche 25 novembre. De 14 € à 36 €.

Source: Le Monde

6 03/2018

« La Cerisaie » balayée par la folle énergie du désespoir | Les Echos

mardi 6 mars 2018|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

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© Simon Gosselin

Au Théâtre-Studio d’Alfortville, Christian Benedetti continue d’imposer son rythme effréné à l’oeuvre de Tchekhov. Après « La Mouette », « Oncle Vania » et « Les Trois Soeurs », il s’installe aux commandes d’une « Cerisaie » à la fois féroce et lumineuse.

Cité par Evtikhi Karpov dans « Tchekhov dans les souvenirs », le dramaturge russe assurait : « Je voudrais qu’on me joue d’une façon toute simple, primitive… Comme dans l’ancien temps… une chambre… sur l’avant-scène un divan, des chaises… Et puis de bons acteurs qui jouent… C’est tout. » Cette confidence, Christian Benedetti l’a placée au coeur de son projet un peu fou entamé il y a près de sept ans, celui de monter tout Tchekhov. Après « La Mouette », « Oncle Vania » et « Les Trois Soeurs », le metteur en scène s’aventure dans « La Cerisaie ». Créé en 2015 aux Nuits de Fourvière, le spectacle est repris au Théâtre-Studio d’Alfortville et s’ancre à pleines racines dans le sillon théâtral qui a fait la singularité, et le succès, des trois précédents opus.

Avec pour seul décor une vieille armoire, un banc et quelques chaises, comme autant d’éléments imposés, Christian Benedetti ne s’embarrasse d’aucunes fioritures. Il met le texte à nu, imprime un rythme effréné où les silences, savamment maîtrisés, soulignent les noeuds du drame tchekhovien et traduisent sa fine lecture de l’oeuvre. Débarrassée de ses longueurs et langueurs, « La Cerisaie » dévoile alors toute sa férocité. Pris, les bras ballants, dans ce tourbillon bourgeois qui terrasse une aristocratie aveuglée par sa rutilance passée, l’aréopage de personnages n’en devient que plus pathétique.

Enterrement de première classe

Mus par une extrême vitalité, les comédiens semblent se nourrir de cette folle énergie du désespoir. De Christian Benedetti, ambivalent Lopakhine, à Hélène Viviès, touchante Varia, tous donnent une teinte nouvelle à cette inéluctable décadence. Montée avec un ton quasi vaudevillesque, la pièce se transforme en une célébration presque lumineuse. La fête du troisième acte, orchestrée comme un théâtre d’ombres, tourne à l’enterrement de première classe d’un monde qui s’est dissout dans un mélange d’orgueil et d’oisiveté. Jusqu’à devoir mendier auprès de ceux que jadis il dominait.
Abrupts et anguleux, les personnages ne perdent pour autant ni de leur profondeur, ni de leur complexité. Leurs relations sont toujours sous-tendues par cette attraction-répulsion antédiluvienne, leur rapport au monde encore dicté par ces réflexes sociaux reçus en héritage mais aujourd’hui dépassés. A travers le travail de Christian Benedetti, c’est bien toute l’acuité de Tchekhov qui se fait jour. Et comme tout regard perçant, il est cruel, forcément cruel.

LA CERISAIE
d’Anton Tchekhov
Mise en scène de Christian Benedetti.
Théâtre-Studio d’Alfortville (01 43 76 86 56) jusqu’au 24 mars.
Durée : 1h30.

Source: Les Echos

21 01/2018

Une malicieuse « Auto Accusation » de Peter Handke | L’Humanité

dimanche 21 janvier 2018|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

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© Charlotte Corman

Mis en scène par Félicité Chaton, Xavier Legrand interprète un curieux personnage qui se raconte à la première personne, dans un délire verbal drôle, émouvant et accusateur.

Seule une chaise occupe la plateau, sur une petite estrade. Comme s’il s’agissait d’une causerie au coin du théâtre. Il va s’agir plutôt d’une longue évocation, d’un monologue, du récit d’une vie depuis les tout débuts. Le tout dit à la première personne du singulier, avec un « Je » qui tient forcément du jeu, et qui chez Peter Handke, qui a écrit ce texte curieux à l’âge de 24 ans (il est né en 1942), dans un ensemble intitulé « Outrage au public et autres pièces parlées » tient aussi du miroir à facettes.

Le public n’est pas que public, puisqu’il est mis dans la confession. L’auteur, dit-on lisait Les confessions de Saint-Augustin lorsqu’il a écrit cette Auto-Accusation d’abord traduite par « Introspection », jusqu’à la mise à jour en 2015 de Sarah Blum et Félicité Chaton.

Cette dernière signe la mise en scène, en donnant donnant à la fois une apparence de proximité et de distance au personnage qui au fil des minutes, en quasi perpétuel mouvement sur le plateau ou dans les coulisses, ne cesse de déclamer. Tel ce fragment : « J’ai parlé fort dans des lieux dans lesquels parler fort était incorrect. Je me suis tu à des moments où se taire était une honte. J’ai parlé de sujets dont il était indélicat de parler. J’ai tu ma participation à un crime. Je n’ai pas dit du bien des morts. J’ai dis du mal des absents. J’ai parlé sans qu’on me l’ait demandé. »

Un univers sonore

La sonorisation, avec micro HF mais aussi micro de scène et mégaphone rajoute à l’étrangeté voire à la fascination, avec un éclairage fait uniquement de tubes fluorescents, qui clignotent ou s’allument là où on ne les attend pas forcément, dans un univers sonore indéfini (de Marinette Buchy) qui rajoute à la magie de l’instant.

Pour Xavier Legrand, costume bleu et tee-shirt blanc dans cette lumière peu commune sur toute la durée d’un spectacle, regard souvent plongé dans l’assistance, parle d’une confession universelle et intemporelle, une incantation froide », pas dénuée d’humour. Le comédien, qui il y a plusieurs années avait déjà participé à une première expérience de présentation de ce texte devrait voir en février sortir sur les écrans français son second long métrage de réalisateur « Jusqu’à la garde » où il dirige notamment Léa Drucker, Denis Ménochet, ou encore Thomas Giora. Ce film a obtenu le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2017.

Quant à l’intime « Auto-Accusation » elle mérite de continuer sa route aux multiples virages.

Jusqu’au 27 janvier à 20h30, Au Studio théâtre d’Alfortville, 16 rue Marcelin Berthelot, téléphone: 01 43 76 86 56

Source: L’Humanité

9 01/2018

Xavier Legrand un réalisateur qui a l’étoffe des Lions | Le Figaro

mardi 9 janvier 2018|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |

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© JC Tardivon

On découvrira le 7 février son premier long métrage, Jusqu’à la garde, doublement récompensé à la Mostra de Venise. Au théâtre, il joue en janvier Auto-accusation de Peter Handke.

L’émotion de Xavier Legrand a été vive à la dernière Mostra de Venise: deux lions d’un coup pour son film, Jusqu’à la garde, drame du divorce et de la violence conjugale (sur les écrans le 7 février). Lion d’argent pour la mise en scène et lion du futur de la première œuvre. «C’était déjà une belle surprise d’être en compétition avec de grands réalisateurs… Me retrouver au palmarès est un cadeau qui me permet d’avoir confiance. Je me dis que lorsqu’on travaille scrupuleusement et avec son cœur, ça se voit.»

« C’était déjà une belle surprise d’être en compétition avec de grands réalisateurs… Me retrouver au palmarès est un cadeau qui me permet d’avoir confiance. »

À 38 ans, comédien devenu cinéaste, Xavier Legrand n’accède pas par hasard à cette reconnaissance internationale. Jusqu’à la garde a été précédé en 2014 d’un court-métrage abondamment primé déjà, Avant que de tout perdre, qui traitait du même thème de la violence conjugale, sur le mode du thriller angoissant, avec le même couple d’interprètes, Léa Drucker et Denis Ménochet. «Mais c’était l’étape précédente, le moment où la femme battue décide de s’enfuir avec ses enfants. Je mets en scène la peur et la menace. Et je voulais assigner au spectateur une place où il reste impliqué étroitement. Ne pas montrer la femme victime et ne pas montrer la violence, parce que dans la réalité elle est cachée et que, si on la rend trop visible, le spectateur prend ses distances, pour se protéger.»

Une passion pour les tragédies

D’où vient son insistance à creuser ce sujet terrible?

«De la tragédie, je pense, dit Xavier Legrand. Je me suis très tôt passionné pour les tragiques grecs, puis pour Corneille, Shakespeare, Victor Hugo. Les liens du sang, le pouvoir et le crime… Je voulais écrire du théâtre et quand j’ai cherché un équivalent actuel à ce monde tragique, j’en suis venu à la violence familiale, si incroyablement répandue. Cette emprise d’un être sur l’autre, ce harcèlement impitoyable qui va jusqu’aux coups, jusqu’au sang. J’ai étudié beaucoup de faits divers, passé des nuits à police-secours, consulté des psychologues… J’ai eu besoin d’“entrer dans la peau” de cette violence, comme je le fais pour un rôle.»

« Je me suis rendu compte que le théâtre me permettait de devenir à la fois miroir de l’autre et vecteur de dialogue. »

Au fil de son travail, Xavier Legrand s’est aperçu qu’il n’était pas fait pour l’écriture de théâtre et c’est devenu un scénario, que le producteur Alexandre Gavras l’a encouragé à tourner. « Je me suis vite senti assez à l’aise avec la mise en scène », dit-il. Pas question pour autant de renoncer au métier de comédien, où il a débuté bien avant ses années de conservatoire : « J’étais en CM2, je crois, quand une association est venue organiser un spectacle pour des handicapés. J’avais le rôle principal et je jouais dans un fauteuil roulant. Et je faisais rire ces enfants qui étaient réellement handicapés. Je me suis rendu compte que le théâtre me permettait de devenir à la fois miroir de l’autre et vecteur de dialogue.»

Un dialogue qu’il poursuit toujours. Avant la sortie de son film, Xavier Legrand sera sur scène à partir du 17 janvier au Théâtre-Studio d’Alfortville avec un monologue de Peter Handke, Auto-accusation, tiré d’Outrage au public. « Je le joue dans une nouvelle traduction qui fait ressortir sa dimension philosophique et langagière. C’est un fleuve de mots, absurde et drôle, où toutes les phrases commencent par “je”. Une partition corporelle du langage et du son très puissante.»

Source: Le Figaro

31 10/2017

Alfortville : une saison qui « déménage » au Théâtre-Studio | Le Parisien

mardi 31 octobre 2017|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: , |


Alfortville, le 26 octobre 2017. Filage de la pièce Triumvirus de Nina Villanova au Théâtre-Studio à Alfortville

La scène de théâtre contemporain démarre avec une création de Nina Villanova qui devient associée du metteur en scène Christian Benedetti.

Attention, vous allez en prendre plein les yeux. Ce mardi, le Théâtre-Studio lance sa nouvelle saison. La scène de Christian Benedetti donne sa chance à une jeune metteur en scène et comédienne, Nina Villanova qui présente « Triumvirus ».

« C’est quelqu’un qui a énormément de talent qu’il faut suivre et à qui il faut donner les moyens d’aller au bout de sa pensée », s’enthousiasme Christian Benedetti, qui l’a croisée à Avignon. A tel point que le metteur en scène a décidé d’en faire son associée.

Durant 1 h 40, cette pièce en douze tableaux place le spectateur à travers une métaphore médicale, face aux rapports d’oppression et de soumission qui s’exercent dans la société. Le tout avec pour toile de fond la crise grecque.

Le déclencheur pour Nina Villanova ? « La loi travail, confie-t-elle au sortir d’un filage. Cela a fait partie de ma repolitisation. J’avais besoin de comprendre. » Alors pendant un an et demi, un travail de recherche, de documentation l’occupe.

Avant l’écriture du spectacle qui entrecroise improvisations, extraits de films réarrangés, de musiques, ou de textes célèbres (Ka a « A la colonie pénitentiaire », Jules Romain « Knock » ou encore « le Malade Imaginaire » de Molière…) Un mélange déjanté qui fonctionne et dont le spectateur ne ressort pas indemne. Le décor non plus…

Partenariat avec le théâtre Antoine-Vitez d’Ivry

« C’est un discours politique et artistique rare », note Christian Benedetti, qui annonce le deuxième volet l’année prochaine et son inscription à l’ouverture des Théâtrales Charles- Dullin.

Un projet que soutient aussi le théâtre Antoine-Vitez d’Ivry. C’est l’autre nouveauté de cette saison. Les deux scènes multiplient les partenariats. « Nous sommes sur la même longueur d’onde », sourit Christian Benedetti. « Je suis contre la concurrence et pour créer des relations artistiques », complète Christophe Adriani, le directeur d’Antoine-Vitez. La pièce « Parfois le vide » produite à Ivry figurera à l’affiche à Alfortville.

Les habitués du Théâtre-Studio retrouveront aussi « La Cerisaie » (Tchekhov), « 4.48 Psychosis/Blasted » (Sarah Kane), des pièces classiques du répertoire signé Benedetti…

Autant de « croisements » qui définissent le Théâtre-Studio, « lieu de recherche, de laboratoire et de fabrique », selon le maître des lieux.

Théâtre-Studio, 16, rue Berthelot. Tél. 01.43.76.86.56

Source: Le Parisien