Théâtre14

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16 03/2021

Derrière ses portes fermées, le Théâtre 14 devient une fabrique de la pensée | France Culture Affaires culturelles 15_03_21

mardi 16 mars 2021|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

LE 15/03/2021

 

À retrouver dans l’émission

AFFAIRE EN COURS par Marie Sorbier

Affaire en cours poursuit son tour d’horizon des institutions culturelles fermées au public mais toujours actives avec Edouard Chapot, co-directeur du Théâtre 14 à Paris.

La salle du Théâtre 14, à Paris.• Crédits :  Carole Sertillanges

Les institutions culturelles sont fermées depuis de longs mois. Alors que la colère et l’incompréhension montent, Affaire en cours continue son tour d’horizon des institutions fermées au public pour comprendre ce qui se passe derrière leurs portes closes. Après le Frac Bretagne et la scène nationale de Châteauroux, le Théâtre 14 à Paris. Au micro de Marie Sorbier, Edouard Chapot, co-directeur du théâtre avec Mathieu Touzé, explique comment le théâtre vit et poursuit ses missions malgré l’absence du public.

 Comme dans tous les théâtres, notre mission de service public est d’accueillir les spectateurs. Depuis novembre, nous sommes en incapacité de le faire, mais le théâtre continue à vivre. Nous l’avons transformé en une fabrique de théâtre et de pensée.
Edouard Chapot

Fabrique de théâtre

Le Théâtre 14 accueille des équipes en résidence pour des répétitions et propose des représentations professionnelles. Entre novembre et mars, le théâtre a accueilli exclusivement des créations. Une activité qui continue l’écosystème du spectacle vivant, et qui permet aux projets d’être vus, diffusés, et éventuellement tournés la saison suivante. A cela s’ajoutent des ateliers professionnels menés par le comédien et metteur en scène Marc Ernotte. Initialement prévus toutes les deux semaines, ces ateliers ont maintenant lieu chaque semaine, en raison d’une demande très forte de la part des comédiens. Ces ateliers, qui se tiennent dans différents lieux du 14ème arrondissement de Paris, leur permettent de maintenir des liens entre eux et d’entretenir leur pratique théâtrale.

Fabrique de pensée

Le Théâtre 14 profite du temps de la fermeture pour réfléchir à l’essence et à l’utilité mêmes du théâtres. Cette réflexion prend la forme de rencontres avec des autrices et auteurs, qui ont lieu dans la plupart des cas dans l’enceinte du théâtre, tout en étant retransmises en direct sur le site de l’Université populaire du Théâtre 14.  Des discussions « ciné-philo » sont également proposées, avec le philosophe et réalisateur Ollivier Pourriol.

Ces discussions sont un moyen de penser le lien social qui a normalement lieu au théâtre, cette sociabilité particulière où l’on est ensemble sans forcément se parler, mais en regardant tous la même chose. Ollivier Pourriol parle de temps partagé, ce qui est ce qu’on a perdu aujourd’hui et que l’on essaye de retrouver aujourd’hui par les outils numériques.
Edouard Chapot

On ne propose pas de captations de spectacles. On estime que le spectacle vivant est vivant, par définition. En attendant que les théâtres puissent réouvrir, on propose d’autres outils, notamment numériques, pour quand même se retrouver ensemble.
Edouard Chapot

Une colère saine

Aux yeux du directeur du Théâtre 14, la colère des intermittents et des étudiants qui occupent des théâtres en France, comme le Théâtre de l’Odéon et le Théâtre de La Colline, est saine et légitime.

Il est légitime d’interroger la fermeture des lieux culturels qui, eu égard à toutes les autres ouvertures, est d’autant plus difficile à comprendre. Ces occupations permettent de poser le débat dans l’espace public. C’est une radicalité intéressante et nécessaire, d’autant plus que des groupes très différents occupent les lieux : la CGT, les étudiants, les intermittents.  Edouard Chapot

Edouard Chapot estime nécessaire la prolongation de l’année blanche pour les intermittents du spectacle, dont le secteur d’activité est sinistré non seulement aujourd’hui mais à long terme. Si proposer des représentations professionnelles permet de répondre au court terme au problème de la diffusion, l’absence d’échéance d’ouverture finit par avoir raison des répétitions de spectacle.

A quoi bon répéter un spectacle dont on ne sait quand il va pouvoir se jouer ? Même si on a l’autorisation de répéter, ça commence à s’essouffler. Avoir des échéances de réouverture, même à long terme, devient absolument indispensable. Si ça doit passer par l’occupation, je trouve ça très sain.
Edouard Chapot

Une boîte à outils argumentaire

Un colloque prendra place les 30 et 31 mars 2021 au Théâtre 14. Un moment destiné à construire une boîte à outils permettant de dire, dans le débat public, pourquoi le spectacle vivant est essentiel. Les arguments pour défendre cette perspective ne sont pas forcément évidents, dit Edouard Chapot. Selon lui, les arguments d’autorité soulignant le spectacle comme moyen de la rencontre ne suffisent pas dans le débat public. Ainsi, le colloque organisé au Théâtre 14 mêlera chercheurs, universitaires, médecins, personnalités politiques et philosophes pour aborder l’ensemble des facettes du spectacle vivant. Dans le respect des normes sanitaires, cet événement accueillera dans le théâtre un nombre de professionnels, et sera diffusé le 31 mars 2021 en direct sur le site de l’Université populaire du Théâtre 14. Des extraits du colloque seront par la suite disponible sur le même site.

Au programme de ce colloque figurent notamment cinq tables rondes : une qui réunira un thérapeute, un neurologue, un psychiatre, une autre portera sur l’utilité sociale de la culture, deux autres traiteront des aspects économiques de la culture et de ses financements publics, et une qui reviendra sur les liens entre territoires et culture. Entre chacune de ces réunions, des personnalités politiques et des artistes seront amenés à faire un retour d’expérience.

Prêts à ouvrir demain

Dans une perspective de vaccination à grande échelle, Edouard Chapot espère pouvoir réouvrir son théâtre dès début mai, avec des protocoles sanitaires stricts et des jauges réduites.

En tout cas, nous sommes prêts. Le public n’attend que ça et nous, les équipes administratives, techniques et artistiques, nous tenons prêt pour ouvrir dès demain.
Edouard Chapot

Je crois que la saison prochaine sera une saison de crise. Enormément de lieux pensent d’abord le report des spectacles, par solidarité avec les équipes artistiques. Si des changements et des transformations doivent se faire au niveau des systèmes de production et de diffusion du spectacle vivant, ce sera plutôt à partir de la saison 2022-2023. Il est certain que tout le monde se pose ces questions. Cela a mis en valeur une forme de surproduction des spectacles, et il s’agit maintenant de repenser à la fois cette production et les temps de visibilité.
Edouard Chapot

18 01/2021

KOLIK | NEW YORK TIMES 14_01_2021

lundi 18 janvier 2021|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Behind Closed Doors, Paris Theaters Carry On

Rather than let finished productions go to waste in the locked-down city, exasperated artists are continuing with closed performances for others in the industry. If everyone’s “working,” it’s technically still allowed.

Antoine Mathieu in “Kolik,” directed by Alain Françon, at Théâtre 14. Credit:Ina Seghezzi

PARIS — Call it the French spirit of resistance — or contrariness. Officially, theaters here are shut, because of a new wave of coronavirus infections. Unofficially, there are still shows going ahead, behind closed doors.

Last weekend, for example, a “clandestine” performance of Shakespeare’s “King Lear” was held at a Paris theater — although the cameras of a popular talk show “C à vous,” were there, too. The socially distanced audience was described as “regulars of the venue,” and an unmasked man told a journalist from the show that he was attending to protest the “gradual erosion of the freedom to live.”

The unnamed, albeit easily recognizable, director of the theater later defended the rule breach onscreen. “If a society forgets that theater is absolutely necessary, it is dead,” he said.

The wisdom of flaunting illicit activities on TV aside, the case of “King Lear” speaks to a growing exasperation among local theater artists. While French theaters were luckier than most in 2020, with months of performances between two lockdowns, they have been in limbo since the second one began in November. The government initially announced that theaters would reopen on Dec. 15, but it changed course when a target of bringing new virus cases to fewer than 5,000 a day was missed. A review was scheduled for Jan. 7, then scrapped as the infection rate continued to climb. The industry now awaits the government’s next move, scheduled to be announced Wednesday.

 The stop-start nature of these decisions means that productions that were nearly ready for the stage faced last-minute cancellations. But rather than let them go to waste, a number of theaters have opted for a more legal solution than “King Lear” did. Private daytime performances are now being held for professionals, mostly programmers and journalists. Since going to work is still allowed if a job can’t be done from home, these closed showings don’t technically break any rules.
No theater aficionado would pass up the chance to return to a darkened auditorium, but in the event, it felt a little like opening gifts on your own, with no one to share in the excitement of the moment. Comedy suffered the most. While the French actor Bertrand Bossard performed his heart out at the Espace Cardin, the current residence of the Théâtre de la Ville, his one-man show “Incredibly Incroyable 2.0” relies on the kind of playful audience interaction that professional observers aren’t best placed to provide.

Despite its billing as “the antidote to Brexit,” “Incredibly Incroyable 2.0” is mainly a revival of a tribute to British stand-up that Bossard first performed in 1998. A short video introduction nodded to the present by casting Bossard as a depressed comedian who believes he is responsible for Britain’s decision to leave the European Union, but recent events barely featured in the show itself.

When they did, the lighthearted tone felt a little out of step with the reality of 2021. In a scene about Donald Trump, performed the afternoon after the storming of the United States Capitol, Bossard himself admitted: “He’s too fast for me. There’s a new episode every day.”

“Incredibly Incroyable 2.0” makes much of the fact that Bossard performs in English for a French audience, and a larger sample of viewers is probably needed for some of the jokes to land. Still, the brilliance of his physical impressions of some characters — a group of Russian thugs, especially — required no translation.

In “Kolik,” written by the German author Rainald Goetz, the sole character is portrayed by Mathieu as an alcoholic.Credit: Ina Seghezzi

One-man and one-woman shows have been in high demand since coronavirus regulations made it difficult for large casts to work together, and a closed premiere at the Théâtre 14 took the form in a radical direction. “Kolik,” a monologue by the German author Rainald Goetz, is a bleak, often obscure journey into the mind of a man nearing death.

In Alain Françon’s production, the main character is portrayed as an alcoholic, who slowly downs a bottle over the course of the play. The role demands a tour de force from the actor, and Antoine Mathieu delivered, veering between existential despondency and bravado.

Alone onstage with a chair, he modulated Goetz’s fragmented, minimalist text into quasi-musical phrases, his inflections varying slightly with each of the many repetitions. In any other circumstances, it would be a career-defining performance — but even extraordinary acting may not get the recognition it deserves, with touring dates canceled for the foreseeable future.

In that context, the competition prize for the Impatience Festival, a prestigious platform and competition for emerging directors, seems all the more valuable this year. Organizers opted to hold the event’s 12th edition at any cost, and while the customary audience prizes will have to wait, a jury of professionals led by the actress Rachida Brakni will offer the best production an opportunity to tour France once restrictions are lifted.

 The first weekend of the festival, held at the Théâtre de Chelles, in a suburb of Paris, was marred by the cancellation of Carole Umulinga Karemera’s “Murs-Murs,” as the director was unable to travel from Rwanda. Magrit Coulon’s “Home,” an accomplished work of documentary theater, managed to make the trip from Belgium, however. Coulon, who graduated from a theater program there in 2019, spent time with the residents of a retirement home in Brussels, and asked three young actors to embody some of them.

Onstage, with no aging makeup or special costumes, they recreated the weakened muscles and trembling hands that come with old age, as well as the slow, monotonous pace of life in some homes. Certain scenes leave realism behind in the second half of the show, as when the cast starts lip-syncing to audio recordings of residents; Coulon holds back instead of embracing the sense of absurdity that surfaces then, but hers is already a distinctive voice.

“Home” and another closed performance, Didier Ruiz’s “What Should Men Be Told?” (“Que faut-il dire aux hommes?”) at the MC93 theater, drew a sizable invited audience. “Home” had no fewer than 70 people in attendance, in an auditorium that can seat up to 230. Social distancing was easy to maintain, but there has been little clarity on the capacity limit. If workplace regulations apply, then the minimum space requirement is four square meters per person, about 40 square feet. Yet some venues have appeared to assume that as long as half the seats are empty, that’s fine.

 Of the productions currently hidden away, “What Should Men Be Told?” is the one that deserves to be seen widely, as a matter of urgency. Ruiz, who has worked mainly with nonprofessionals for two decades, enlisted seven men and women of faith for this new work. Quite a few systems of beliefs are represented, from Islam and Catholicism to shamanism, and the cast members take turns sharing how spirituality has shaped their lives.

Faith rarely comes up in french theater these days, and “What Should Men Be Told?” feels both fresh and unpreachy. Each participant takes the long view, thoughtfully, calmly: Hearing a Dominican friar reflect on four decades spent in a small cell has a way of putting short-term issues in perspective.

In endlessly frustrating times, crafting a theatrical experience that is simply soothing may already be an act of resistance. If only audiences could see it.
21 12/2020

Marie-Sophie Ferdane, ses héroïnes, de la Dame aux Camélias à Patti Smith | France Culture 15_12_20

lundi 21 décembre 2020|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

LE 15/12/2020

9 11/2020

Mathieu Touzé et le « feuilleton kafkaïen » du Théâtre 14 | Le Monde 09-11-2020

lundi 9 novembre 2020|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Confinement,  couvre-feu,  reconfinement… Le comédien et metteur en scène, à la tête  de la salle parisienne depuis janvier, confie son  désarroi.

Propos recueillis par Fabienne Darge  aujourd’hui à 07h30, mis à jour à 14h16

Temps de Lecture 5 min

Mathieu Touzé dans « Un garçon d’Italie »,  une pièce tirée du roman de Philippe Besson, en mars 2019, au Théâtre Transversal à Avignon.
Mathieu Touzé dans « Un garçon d’Italie »,  une pièce tirée du roman de Philippe Besson, en mars 2019, au Théâtre Transversal à Avignon. CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE/HANS LUCAS

« On a un peu l’impression d’être bizutés par la vie, et d’être coupés dans notre élan », lance d’emblée Mathieu Touzé, avec l’humour et l’élégance qui le caractérisent. Le jeune directeur du Théâtre 14, à Paris, n’est pas du genre à se lamenter, il est plutôt connu dans la profession pour son enthousiasme et sa fraîcheur. Mais pour lui, qui a pris en janvier 2020, avec l’administrateur Edouard Chapot, la tête de cette salle municipale parisienne assoupie depuis des années, la succession du confinement-déconfinement-couvre-feu-reconfinement a pris l’apparence d’un « feuilleton kafkaïen ».

A l’automne 2019, la nomination de cet équipage par la Mairie de Paris avait créé la surprise – une surprise bienvenue : accompagnés par toute une bande d’amis comédiens, les deux jeunes gens, à peine dans la trentaine, arrivaient avec un projet plein de panache, à la fois exigeant sur le plan artistique et ancré dans la vie des quartiers populaires de ce coin du 14e, propre à réveiller cette belle endormie qu’était le Théâtre 14.

En quelques mois, ils ont fait du théâtre un lieu chaleureux et accueillant, et bâti une programmation de qualité, mêlant des artistes reconnus comme Pascal Rambert, le tgSTAN ou Alain Françon, et des compagnies émergentes. « On a ouvert en janvier dans une euphorie totale, raconte Mathieu Touzé. C’était notre rêve de toujours, de participer à cette grande aventure du théâtre public en France. Et puis tout est allé très vite : comme les autres, on a d’abord été impactés par le mouvement des “gilets jaunes” et par la grève à la SNCF et à la RATP, puis le couperet du confinement est tombé, le 17 mars. »

« Vissé à son téléphone »

Comme tous les directeurs de théâtre de France, Mathieu Touzé s’est « vissé à son téléphone », pour annuler et tenter de reprogrammer les spectacles prévus. Sans savoir quand les théâtres auraient le droit de reprendre leur activité. Le 2 juin, le Théâtre 14 est la première salle de France à rouvrir. « On s’est glissés dans un vide juridique, sourit Mathieu Touzé qui, en plus d’être comédien, metteur en scène et directeur de théâtre, est également avocat, profession qu’il a exercée plusieurs années. En voyant les mères de famille du quartier épuisées par ces semaines passées enfermées avec leurs enfants, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. On a fait appel au marionnettiste Johanny Bert, qui est venu avec son spectacle Elle pas princesse, lui pas héros, et on a fait venir les enfants par très petites jauges. »

Pendant l’été, alors que la plupart des institutions théâtrales restent fermées, Mathieu Touzé accueille au Théâtre 14 une dizaine de spectacles de jeunes compagnies, qui auraient dû jouer dans le « off », à Avignon. Et il reprogramme son ouverture de saison 2020-2021 au 22 septembre, avec Le Quai de Ouistreham, de Florence Aubenas (journaliste au Monde), mis en scène par Louise Vignaud, un spectacle fort, dont l’envol a été stoppé net en mars.

Le 16 octobre, le couvre-feu, fixé à 21 heures, tombe sur la timide reprise des théâtres parisiens. Là encore, Mathieu Touzé et son équipe s’adaptent. « On choisit alors de mettre en place une offre surtout sur les week-ends, avec des représentations avancées à 18 h 30, des conférences, des concerts, quelque chose d’un peu festif », raconte le jeune directeur.

« Sentiment d’injustice »

« A peine avait-on fini ce travail d’adaptation que l’on a appris la nouvelle du nouveau confinement. Il avait beau être prévisible, on l’a pris comme un coup de massue, qui nous a laissés sonnés, poursuit Mathieu Touzé. Mon équipe, composée de quatre personnes, est exsangue, comme celles de nombreux théâtres. On a fait trois fois le travail de report et d’annulation, avec énormément de variables à gérer. Les séquelles du premier confinement ne sont pas dissipées, à un moment on ne pourra plus tirer sur la corde », prévient-il.

« Mon équipe est exsangue. On a fait trois fois le travail de report et d’annulation »

Mathieu Touzé et Edouard Chapot se sont retrouvés à tout faire dans leur théâtre, « s’occuper du bar, de la billetterie et du ménage », mais là n’est pas le pire, pour le directeur du Théâtre 14. « Ce qui est le plus difficile à vivre, c’est d’abord le sentiment d’injustice dû au fait que les salles de spectacle ont mis en place les protocoles sanitaires les plus stricts. Et c’est surtout l’imprévisibilité dans laquelle on nous laisse, et l’impression que le gouvernement navigue à vue. On a absolument besoin de visibilité pour pouvoir continuer. C’est pour cela que j’ai proposé, comme une boutade, que le gouvernement nous confine systématiquement une semaine par mois, jusqu’au reflux de l’épidémie. Ce qui, au moins, permettrait de s’organiser ».

Mais ce qui désole par-dessus tout ce jeune hussard du théâtre public à la française, c’est l’absence d’écoute et de réflexion qu’il ressent du côté de l’Etat. « On ne va même pas revenir sur le fait que le président de la République n’ait pas prononcé une seule fois le mot culturedans son allocution du reconfinement, évacue-t-il. Mais le sentiment est de plus en plus criant que l’État n’a tout simplement aucune visibilité sur les rôles à la fois concrets et symboliques que nous jouons. Une expérience comme celle menée avec les quartiers autour du théâtre cet été, elle ne s’apprend dans aucun texte théorique sur les relations publiques », plaide-t-il.

« Un monde meurtri »

Mathieu Touzé glisse, sans s’appesantir, sur les conséquences sur son propre travail artistique de comédien et de metteur en scène. « Comment trouver l’espace vide, la disponibilité mentale nécessaires à la création, dans ce contexte ? » souffle-t-il. Un garçon d’Italie, d’après le livre de Philippe Besson, le spectacle qui l’a fait connaître, dans le « off » à Avignon, devait être repris à partir du 1er décembre. Parallèlement, il devait créer, à la Ménagerie de verre, à Paris, Une absence de silence, adaptation de Que font les rennes après Noël ?, d’Olivia Rosenthal. La création est, pour le moment, repoussée à mars 2021.

A ce jour, comme ses pairs, Mathieu Touzé n’a aucune idée de la date à laquelle il pourra rouvrir son théâtre. « Si je peux le faire le 1er décembre, je rouvre. Mais on rentre dans un temps long où il va vraiment falloir réfléchir à ce sur quoi on se bat, médite-t-il. Qu’est-ce qui aura changé chez moi avec cette crise ? Je ne le sais pas encore. On est dans un monde meurtri. On ne peut pas faire abstraction de la peur, des séparations, de la solitude. Mon endroit artistique, c’est la manière dont les événements du monde nous traversent, nous transpercent. Je ne me vois pas aller vers des spectacles “covid-compatibles”… »

En attendant, c’est « la vie avec des plans a, b, c, d, e, f, etc. », résume Mathieu Touzé, chez qui l’humour n’est jamais bien loin. Un humour qui n’efface pas la tristesse de voir que « la culture n’est en aucun cas considérée comme un outil pour la société. Pourtant, les conséquences de cet oubli politique de la culture, on les vit déjà tous les jours : l’enfermement dans des croyances étroites, le conspirationnisme, l’absence d’esprit critique… A un moment, on va se relever et on sera sur un champ de ruines, non seulement sur le plan économique, mais sur le plan humain. »

8 11/2020

Antis : théâtre fragmentaire pour société fragmentée |Sceneweb | 06-11-20

dimanche 8 novembre 2020|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

 

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Au Théâtre 14, la jeune metteuse en scène Julie Guichard s’empare, avec une fluidité remarquable, du texte de Perrine Gérard et lance une alerte percutante à nos démocraties.

Les théâtres ont trouvé un modus vivendiPrivés de public en raison du reconfinement, mais autorisés à aménager des temps de répétition pour offrir aux artistes un espace de travail, certains lieux ont décidé d’aller plus loin et d’organiser des « filages-spectacles » – parfois doublés d’une captation vidéo – réservés, dans le respect des règles sanitaires, à un très petit nombre de professionnels et de journalistes. L’objectif est simple : permettre au monde du spectacle de préparer l’avenir, les saisons « post-Covid », et assurer aux compagnies, déjà grandement fragilisées, une once de visibilité. Grâce au soutien du Théâtre 14, qui l’accueille dans son incubateur, Le Grand Nulle Part a pu bénéficier de ce « lot de consolation ». Son spectacle, Antis, initialement prévu du 4 au 8 novembre et déjà interrompu lors de sa création, en mars dernier, au TNP de Villeurbanne, s’est joué, cette semaine, sous cette forme particulière.

Quelques mois de latence que son autrice, Perrine Gérard, en étroite collaboration avec l’ensemble de l’équipe artistique, a mis à profit pour remanier en profondeur le texte initial afin de suivre les emballements et les soubresauts de l’actualité. Non pas, et c’est heureux, celle liée au coronavirus et au confinement, mais plutôt celle relative à la violence, sous toutes ses formes, qui, en plein ou en creux, met à mal le tissu social. Car, lorsque Agnès, Nicolas, Tito, Ivan et Sibyle – qui, à eux tous, forment l’acronyme Antis – se penchent sur une série d’agressions nocturnes, ces journalistes sont loin d’imaginer mettre le doigt dans un engrenage qui va, très vite, les dépasser et les conduire jusqu’à un groupuscule haineux, l’Action nationale pour le triomphe de l’identité suprême – l’autre Antis –, qui, dans un sombre mélange d’intérêts convergents, s’en prend à toutes les minorités, sans distinction.

Là où Léa Drouet avait récemment, dans Violences, choisi la voie du théâtre documentaire pour traiter d’un sujet connexe, Perrine Gérard et ses comparses font pousser des ramifications fictionnelles sur le terreau du réel. Façon, pour eux, d’éviter la dénonciation frontale et de profiter de la finesse d’une légère anticipation, qui se révèle tout aussi efficace. Par touches discrètes et jamais didactiques, Antis fait le pas de plus et donne à voir, avec une crédibilité qui fait frissonner, le monde à nos portes. Un monde où les policiers ne se contentent plus de groupes Facebook racistes – comme l’avait dévoilé Street Press –, mais rejoignent des milices ; où les perquisitions des entreprises de presse – comme celle qui avait avortée chez Mediapart – sont légales et bafouent le secret des sources ; où l’anonymat numérique et les vidéos d’interventions policières – actuellement menacées par la proposition de loi « sécurité globale » – sont interdites au nom de « l’unité de la nation » ; où le pouvoir politique, nouvellement élu, s’abandonne à des dérives autoritaires sous couvert de lutte contre « le séparatisme ». Le tout face à une presse qui, coincée entre ses leçons de prêt-à-penser déconnectées, les injonctions hiérarchiques à produire du contenu attrape-clics et les intérêts politico-financiers de ses propriétaires, peine à incarner un quatrième pouvoir.

Un tableau sombre, mais d’une acuité percutante, qui s’assemble selon une logique dramaturgique fragmentaire. A la manière d’une composition cinématographique, Julie Guichard orchestre un ballet de scènes d’une fluidité remarquable, où les lieux et les personnages se succèdent sans accroc. Profitant d’une troupe très engagée et d’un plateau presque nu, avec seulement quelques chaises, les lumières bien senties de Brendan Royer et d’élégants panneaux amovibles pour sculpter l’environnement, elle impose au texte de Perrine Gérard un rythme de plus en plus soutenu. A mesure que les pièces du puzzle s’imbriquent, il génère une sensation d’étouffement, d’enfermement, comparable à celle que peuvent ressentir ces journalistes qui, malgré leur engagement, se retrouvent dans une impasse. Façon, pour le théâtre, de jouer son rôle de lanceur d’alerte, essentiel, quoi qu’on en dise, à nos démocraties.

Vincent Bouquet – www.sceneweb.fr

Antis
Texte Perrine Gérard
Mise en scène Julie Guichard
Accompagnement artistique Maxime Mansion
Avec Ewen Crovella, Sophie Engel, Jessica Jargot, Maxime Mansion, Nelly Pulicani
Assistanat à la mise en scène Bastien Guiraudou
Scénographie Camille Allain-Dulondel
Costumes Sigolène Petey assistée de Joanne Haennel
Lumières Brendan Royer
Son Quentin Dumay
Musique originale Morto Mondor-Quentin Martinod, Guillaume Vesin

Production Le Grand Nulle Part / EN ACTE(S)
Coproduction Théâtre National Populaire de Villeurbanne, Théâtre 14
Avec le soutien de la DRAC et de la Région Auvergne Rhône-Alpes, de la Spedidam, de l’Adami et de la Ville de Lyon
Remerciements à La Fédération-Compagnie Philippe Delaigue

Durée : 1h35

Théâtre de Villefranche
le 12 janvier 2021

15 07/2020

À Paris, le Théâtre 14 fait son festival Off | La Croix | 14-07-20

mercredi 15 juillet 2020|Catégories: Spectacle Vivant|Mots-clés: |

Par Marie-Valentine Chaudon, le 14/7/2020 à 04h08

Jusqu’au 18 juillet, à Paris, le Théâtre 14 propose au public de découvrir quelques pièces qui auraient dû être jouées au festival Off d’Avignon. Un petit air de fête pour redonner un peu de souffle aux compagnies durement touchées par la crise sanitaire.

Ne manque que le chant des cigales. Il suffirait, peut-être, de fermer un instant les yeux, pour laisser à l’imagination le loisir de convoquer cette scansion méridionale jusqu’aux confins du 14e arrondissement de Paris. Un bouquet de parasols, des transats et des lampions, des conversations où bruissent les impressions suscitées par le spectacle qui vient de s’achever…

Tandis qu’une poignée de spectateurs court vers la représentation suivante, quelques personnes s’attardent dans un « village » improvisé rue Paradol, entre le théâtre 14 et le Gymnase Renoir, les deux lieux du ParisOffestival, voulu par Mathieu Touzé et Édouard Chapo, les directeurs du Théâtre 14.

Leur objectif : montrer des spectacles initialement programmés au festival Off d’Avignon pour rendre possible la rencontre des artistes avec leur public, mais surtout, leurs programmateurs potentiels, comme le permet le rendez-vous annuel de la Cité des Papes. Pendant six jours, quinze pièces sont ainsi jouées plusieurs fois chacune. Masque de rigueur, rinçage des mains au gel hydro-alcoolique à l’entrée, espacement des sièges… le public se plie aux nouvelles normes et il est bien là, dispensant des applaudissements teintés d’une émotion particulière.

Portrait d’un invisible

Le lundi 13 juillet, pour l’ouverture du festival, parmi les propositions, se croisent deux trajectoires de vies, deux personnages qui se racontent et entraînent à leur suite un public conquis.

Le premier s’appelle Étienne A., incarné par Nicolas Schmitt dans une pièce de Florian Pâque. Étienne A. 31 ans, est employé chez Amazon. Le soir de Noël, au milieu des cartons siglés du sourire fléché de la marque américaine, il dévide le fil de sa vie de « fourmi ».

À travers la galerie des personnages qu’il interprète tour à tour – le manager de l’entrepôt, son fils, son ex-femme, son père vieillissant -, Étienne compose le puzzle de son propre portrait qui est aussi celui des travailleurs invisibles, répondant au clic aveugle des souris. Désabusé, mélancolique, campé avec une juste palette d’émotions par Nicolas Schmitt, Étienne invite à une réflexion dont le sens résonne inévitablement avec la crise actuelle.

Plongée sensorielle dans Saïgon

Autre univers, autre solitude, celle d’une jeune femme expatriée à Saïgon, avec Une goutte d’eau dans un nuage. Seule en scène, Éloïse Mercier fait le récit de son arrivée au Vietnam, en pleine mousson, pour travailler dans une multinationale. Dans un texte joliment ouvragé, elle dépeint le flot de sensations extérieures et intérieures qui l’envahissent au contact d’une ville cannibale, où la nature sauvage – des hommes qui la peuplent et de la mangrove toute proche – ne concède rien à la civilisation.

Ces mots sont mis en scène avec un jeu d’objets d’une belle finesse, dans un bain sonore subtil et coloré, où se mêlent des voix vietnamiennes et les phrases de Marguerite Duras. Une goutte d’eau dans un nuage emporte le spectateur dans un voyage géographique et intime, à la poésie polymorphe et sensuelle. Avec une originalité qui rappelle, comme un manifeste, la vitalité de la création.

Marie-Valentine Chaudon

Étienne A. à 17 h 30 les 15 et 17 juillet au Gymnase Renoir.

Une Goutte d’eau dans un nuage à 19 heures Les 15 et 17 juillet.

Tout le programme sur www.theatre14.fr. Rens. et réservation au 01.45.45.49.77.

 

15 07/2020

Théâtre 14. Une grande Bouffée de festival | journal Armelle Héliot | 14-07-20

mercredi 15 juillet 2020|Catégories: Non classé, Spectacle Vivant|Mots-clés: |

THÉÂTRE2020-07-14

parArmelle Héliot

Depuis hier, 13 juillet, les directeurs de l’institution parisienne, proposent un choix de spectacles que l’on aurait dû voir à Avignon. Pari réussi ! Le public est là, dans une atmosphère heureuse. C’est ParisOFFestival.

Il faisait beau, très beau. Chaleur et vent léger. Dans Paris, un peu vidé de ses habitants par les vacances et le week-end prolongé du 14 juillet, il y avait du monde du côté de l’avenue Marc Sangnier, du côté de la Porte de Vanves.

Une goutte d'eau_crédits Vincent Bérenger

« Une goutte d’eau dans un nuage ». Des objets miniature et le bruit de la pluie, la mousson, comme une musique. Crédit Vincent Béranger.

Les amateurs de théâtre connaissent le coin ! C’est celui du Théâtre 14. Mathieu Touzé et Edouard Chapot ont succédé à l’entreprenant Emmanuel Dechartre, qui a fait vivre ce lieu près de trente ans durant.

On change de génération et d’inspiration. Les deux jeunes gens ont pris les choses en mains portés par la confiance des tutelles. Des travaux conséquents ont été menés. La salle possède désormais une pente et l’allée centrale a disparu. Le plateau n’a pas changé.

Pour le moment, on pénètre dans les lieux par le jardin, à l’arrière. A la belle saison, c’est plaisant. On verra en hiver, car le métro est assez loin…

Les deux directeurs ont déjà organisé quelques séances destinées au jeune public, il y a quelques semaines, après le déconfinement. Des gestes ponctuels mais fertiles.

Ces temps-ci, c’est donc un véritable festival qui nous est proposé. Et disons-le d’emblée, le public était au rendez-vous, en particulier, évidemment, le soir car les spectateurs travaillent pour la plupart et n’ont pas tous la possibilité de consacrer des journées entières au théâtre.

Avec beaucoup d’intelligence, les directeurs et leur équipe, ont décidé d’un autre lieu, le gymnase Auguste-Renoir. A une certaine distance, mais il permet de franchir le boulevard des Maréchaux et de faire signe aux habitants des immeubles qui ne sauraient pas qu’un théâtre palpite non loin d’eux. Et on trouve facilement le chemin…Entre les deux lieux, une rue rendue piétonne, la rue Prévost-Paradol, est dévolue à un espace de repos et de pause, avec chaises longues élégantes et confortables, restauration légère avec même, venue tout exprès du Vaucluse, une cargaison de « Pac » ou mieux nommé « Pac à l’eau », le sirop de citron du sud, boisson des festivaliers d’Avignon !

Il s’agit en effet de donner leur chance à certains spectacles d’Avignon, que l’on aurait dû applaudir dans le off. De bonnes adresses telles le Train bleu, Artéphile, l’Oulle, le Théâtre Transversal, le Théâtre des Brunes (on connaît moins bien ces deux derniers).

Quinze spectacles programmés du 13 au 18 juillet, selon un calendrier qui permet des parcours divers. Pour monter ce festival, les directeurs ont convaincu d’autres soutiens :  l’Adami, l’Onda, la Ville de Paris, la SACD, notamment.

Les artistes, jeunes eux aussi, peuvent donc présenter leurs spectacles dans d’excellentes conditions. Mais évidemment avec de raisonnables distances dans les salles et des masques pour la plupart des spectateurs.

Dans la salle « historique » nous avons découvert Une goutte d’eau dans un nuage d’Eloïse Mercier. Un moment assez fragile, mais conçu comme tel par la jeune auteure et interprète soutenue par Charles Berling, directeur du Théâtre Liberté à Toulon. Elle s’est inspirée d’un séjour qu’elle a fait au Vietnam. Elle s’inscrit dans la lumière de Marguerite Duras, tresse des liens de l’histoire qu’elle nous raconte jusqu’à L’Amant, notamment.

Un travail soigné sur le son, le bruit, les voix, un enveloppement intéressant. Vincent Bérenger, conception avec Eloïse Mercier et Charlie Maurin, arrangements et mixage, sont précis et éloquents dans ce travail.

Mais la représentation que nous avons vue manquait un peu de densité. Le texte mériterait d’être travaillé encore. Plus tendu, il serait plus fort. Eloïse Mercier se met elle-même en scène. Elle est précautionneuse, protégée par son micro sur pied ou manipulant des objets. Ce travail minimaliste est dangereux : il alourdit le spectacle au lieu de l’aérer.

Défaut de jeunesse. Il est toujours plaisant de découvrir des jeunes qui se lancent sur scène et font du théâtre leur pays…

Ultra Girl_crédit Julien Benhamou«

 Ultra-Girl contre Schopenhauer », des héroïnes très différentes, mais bien accordées….Crédit Julien Benhamou. DR.

 

D’un tout autre genre est le très déjanté Ultra-Girl contre Schopenhauer. L’auteur et metteur en scène, Cédric Rouillat, est photographe. Ce spectacle est le premier qu’il ait signé, mais ce moment de folie enjouée a déjà été présenté il y a quelque temps dans la programmation du Théâtre des Célestins de Lyon, mais hors murs du théâtre, au Point du Jour.

On est au début des années 80 dans un studio décoré à la mode des années 70, avec un papier peint assez kitsch. Une scénographie de Caroline Oriot et Guillaume Ponroy. Trois protagonistes. Edwige, la très belle Sahra Daugreilh, traductrice qui travaille pour un éditeur de bandes dessinées et qui sa vie durant a été obsédée par les héroïnes telle celle qui va surgir et bousculer son calme présent. Sanglée dans une combinaison moulante qui évoque le drapeau américain, cuissardes rouges, Laure Giappiconi, longs chevaux bruns et lisses de parfaite créature de fiction, est donc Ultra-Girl ! Entre les deux fausses jumelles, David Bescond interprète avec finesse tous les rôles masculins : un voisin, un prof, un plombier, etc.

 

Un peu de flottement dans l’écriture rend le spectacle parfois plus pesant qu’il n’est en réalité. Il y a beaucoup de références et il faut très bien connaître ses classiques hollywoodiens et son jazz pour comprendre toutes les allusions. Mais cela fonctionne par-delà l’exacte signification car le jeu est survolté et les « personnages » rendus très attachants par les interprètes. Les filles sont superbes et fines et le garçon très subtil ! Plaisir du jeu tenu par un trio irrésistible ! Cela chante, cela danse, on s’envole sur les morceaux en playback, on incarne de toutes ses fibres, voix bien placées et humour ! Bref, du théâtre.

« Une goutte d’eau dans un nuage » sera repris à Châteauvallon les 6 et7 octobre 2020, puis dans le cadre de « l’itinérance » de cette scène nationale également dirigée par Charles Berling. Au centre culturel de Porrentruy, en Suisse, les 3 et 4 décembre et le 20 avril 2021 au Théâtre du Rocher, à La Garde. Autres dates certainement à venir. Durée : 1h10.

« Ultra-Girl contre Schopenhauer » : on vous recommande la bande-annonce très sophistiquée de cet objet théâtral bousculé ! Durée : 1h15.

Renseignements sur le festival « Paris OFFestival » au 01 45 45 49 77.

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