Spectacle Vivant

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« La Cerisaie » de Anton Tchekhov

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Nous sommes en Russie en 1900 et tout vient de basculer. L’aristocratie n’a pas vu venir le XXe siècle, les bourgeois, les marchands, si. Mais Tchekhov dit de sa pièce que c’est une comédie, où l’on va bien rire. Pourtant, le bonheur en est absent : dans l’antique datcha, rien ne marche comme prévu, tel un couple qui s’aime mais ne parvient pas à s’unir. Quant à Lioubov Andréevna et à son frère Gaev, propriétaires pour quelques heures encore de la Cerisaie, ils n’ont pas vu l’heure passer dans cette comédie du bonheur qu’ils se jouent pour la valetaille, où « tout était si beau avant ». Il y a tout juste vingt ans, à l’Odéon, Lev Dodine avait donné une première version, en demi-teinte, de la dernière pièce de Tchekhov. Dans celle-là, je crois qu’il s’est lui-même projeté dans cette comédie farcesque et tragique. En laissant une grande liberté aux acteurs, il a montré comment deux siècles se télescopent, l’un, touché à mort partant à la dérive, l’autre, mettant le cap vers l’inconnu.


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« Toujours la tempête » de Peter Handke

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Laisser ressurgir les voix inouïes d'une famille, et à travers elles le destin d'une minorité et d'une langue, le slovène, qui est son trésor menacé. Est-on dans le monde des morts, croise- t-on des fantômes ? Ici tous les temps paraissent se mêler : chronique et météo, vie quotidienne et géographie. Ici l'on peut dialoguer avec ses ancêtres. Ici, être plus vieux que sa mère, à tu et à toi avec la génération de ses oncles. Se découvrir, « moi » en suspension, sans père et entre guillemets, dans le landau que pousse Gregor, l'oncle-parrain.


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Festival « Shake Nice! »

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Le Théâtre National de Nice retentira des grandes œuvres de Shakespeare avec 8 spectacles proposés par de grands metteurs en scène internationaux [français, anglais, indien et italien]. Une rencontre publique autour de Shakespeare aura lieu en présence de Peter Brook et de Kristin Linklater le samedi 7 février 2015 à 16 h 30.


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« Les Contes d’Odessa » d’Isaac Babel

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Sur le plateau : trois lecteurs et deux musiciens, deux écrans, des images et des fantômes, des chansons, la langue russe, le yiddish, deux MacBookAir. Un dispositif poétique pour faire entendre tour à tour les mots éclatants, ironiques et brutaux d’Isaac Babel, le grand écrivain d’Odessa, et une correspondance par e-mail étrange et drôle, entre un homme et une femme, autour d’une Odessa rêvée.


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« Shakespeare’s Sister ou La Vie matérielle » de Marguerite Duras et Virginia Woolf

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Dans une cuisine intemporelle, découpant des légumes pour préparer une soupe, cinq femmes bavardent, rient, chantent, dansent et surtout échangent, avec les mots de Virginia Woolf et Marguerite Duras en parfaite harmonie. Sur leur vie quotidienne, leur “vie matérielle”. Leur point commun ? Être femmes, mè̀res et artistes, à la vie comme à la scène. La Vie matérielle de Marguerite Duras est un recueil d’interviews sur toutes sortes de sujets - plusieurs chapitres traitent de la mère et de la maison. Une Chambre à soi de Virginia Woolf est un essai féministe avant l’heure sur les difficultés rencontrées par les femmes souhaitant travailler, s’émanciper, et surtout devenir romanciè̀res. Du temps, et surtout une chambre à soi qu’on peut fermer à clé, voilà ce qu’il leur manque pour s’échapper des contraintes domestiques et libérer leur créativité, dit en substance la brillante auteure anglaise.


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« Archipel » de Marie N’Diaye

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À peine sorti de la création de Te craindre en ton absence, opéra présenté en mars 2014 au Théâtre des Bouffes du Nord par Georges Lavaudant, l’ancien directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe reconduit aujourd’hui son travail sur la langue de Marie N’Diaye avec les jeunes acteurs sélectionnés pour la nouvelle édition de Talents Adami Paroles d’acteurs, un programme de transmission mis en place par l’Adami pour mettre en relation, le temps d’une création, de jeunes interprètes avec des “maîtres” de la scène. Avec eux, Georges Lavaudant travaillera sur un montage de textes variés, regroupés sous le titre-paysage Archipel Marie N’Diaye.


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« Chatting with Henri Matisse »

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Chatting with Henri Matisse est la retranscription de conversations que le chef de file du fauvisme a eues en 1941 durant la seconde guerre mondiale avec le critique d’art Pierre Courthion. Le peintre s’était alors livré sans retenue sur sa carrière, ce qu’il n’avait encore jamais fait.


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« Lancelot du lac » de Florence Delay et Jacques Roubaud

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Enlevé nouveau-né à ses parents par la fée Viviane, dite la Demoiselle du Lac, Lancelot est élevé par elle dans l’ignorance de sa lignée royale et de son nom. À sa demande, quand il a quinze ans, et bien à contre- cœur, Viviane le présente à la Cour du roi Arthur pour être armé chevalier. Yvain se charge de son éducation. La reine Guenièvre, quand il prend congé d’elle avant de partir vers sa première aventure, l’appelle «beau doux ami» et lui tend sa main nue à baiser — par où entre l’amour. Galehaut, sire des Îles Lointaines, fils de la Belle Géante, qui convoite le royaume de Logres, aperçoit dans la bataille un Chevalier aux Armes Blanc et Noir dont il s’éprend violemment sans le voir. C’est Lancelot.


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Festival « l’éMoi en scène »

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Pour sa première saison à la tête du Centre Dramatique National Nice Côte d’Azur, Irina Brook a souhaité initier trois festivals : L’éMOI en scène autour de la figure de l’artiste seul au plateau, ShakeNice! autour de William Shakespeare et Le Printemps des femmes : projets de femmes, femmes au plateau, portrait[s] de femmes… Nous vous présentons le déroulé de ce premier festival sous le signe d’ ”histoires” à partager : celle du rire, celles de migrants italiens, celle d’une diva suisse, ou encore celle des souvenirs d’enfance d’un musicien, celle du langage des oiseaux, celle des amours parallèles…


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« Tristan »

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Tristan et Iseult, c’est le scandale de l’extrême jeunesse dans sa beauté insolente qui défie les lois des pères et ne résigne pas à l’abandon. C’est le désir absolu mené jusqu’au bout de vivre cet amour là, ou bien mourir, c’est égal : Lui par Elle, Elle par lui.


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« L’Ecole des femmes » de Molière

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Arnolphe est un homme d’âge mûr qui aimerait jouir du bonheur conjugal, mais il est hanté par la crainte d’être trompé par une femme. Aussi a-t-il décidé d’épouser sa pupille Agnès, élevée dans l’ignorance, recluse dans un couvent. Horace, un jeune homme, est tombé amoureux d’Agnès au premier regard; il se confie à Arnolphe dont il ignore le rôle de tuteur.


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« Peer Gynt » de Henrik Ibsen

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Acculé à la fuite pour ses mauvais agissements, Peer Gynt se lance dans une quête effrénée qui le conduit dans les montagnes où il rencontre, comme dans un rêve, le roi des Trolls dont il séduit la fille, avant de reprendre la route pour rejoindre sa mère, Ase, qui se meurt. Vingt ans plus tard on le retrouve en Afrique, riche marchand d’esclaves vivant dans la débauche. Ruiné, on le couronne Empereur des fous, roi de l’illusion. La pièce s’achève par un retour au pays natal, auprès de Solveig, femme refuge longtemps négligée : “Celui qui ne voulait pas être un bouton brillant sur le gilet du monde” en vient à confesser : “Payer de sa vie sa naissance, le prix est lourd !


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« Mai, juin, juillet » de Denis Guénoun à Avignon

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Cette pièce, commande d’écriture de France Culture et du TNP, relate les événements qui ont secoué le théâtre en France en 1968. A travers eux, le texte interroge l’évolution de nos sociétés et les mutations de l’idée de Révolution. En mai-juin 1968, Barrault est aux prises avec l’occupation de l’Odéon par les contestataires, qui commence avec panache et finit en calamité. En juillet, Vilar fait face à l’assaut contre le Festival d’Avignon, et à la tentative de le mettre à bas. Entre ces deux moments de crise violente prend place la longue réunion de travail à huis-clos qui rassemble, au Théâtre de Villeurbanne, la plupart des animateurs de centres dramatiques et de maisons de la culture.


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Festival Arte Flamenco 2014

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Art du dépassement, de l’oubli de soi, du Flamenco, du Duende. Faire, refaire, remettre en cause, proposer pour finaliser au bout d’une séance de travail de plusieurs heures, parfois quelques minutes d’un spectacle. Cette 26e édition de Arte Flamenco, nous l’avons travaillée comme une création flamenca, avec cette volonté de vous surprendre et de vous captiver.


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« La Veuve et le lettré » Théâtre Liyuan

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La forme ancienne du Liyuan n’empêche rien à la modernité de La Veuve et le Lettré. C’est un théâtre bâti sur les ambiguïtés, les stratagèmes, les amours brûlantes, les petites lâchetés, le désir. C’est un texte qui offre aux comédiens une partition faite d’émotion, de parodie, d’humour. C’est chanté, dansé, joué par de remarquables comédiens avec à leur tête une des plus grandes comédiennes de Chine. Le Nanyin, la musique délicate du sud de la Chine, entoure la pièce comme une caresse.


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Festival « Lev Dodine »

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Lev Dodine a été invité à la MC93 pour la première fois en 1992, avec Gaudeamus. Ce spectacle a révélé Lev Dodine dans le monde entier. Il a depuis présenté 9 autres mises en scène à la MC93, le plus souvent des classiques de la littérature russe. En 2014, le Maly Drama Theatre est de retour avec trois spectacles mis en scène par Lev Dodine : Les Trois Sœurs d'Anton Tchekhov, Cabale et amour adapté de l'œuvre de Friedrich Von Schiller et Gaudeamus.


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« Le Roi Lear » de William Shakespeare

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Lear, roi de Bretagne, a régné de nombreuses années et désire se retirer du gouvernement du royaume ; il décide de partager ses terres entre ses trois filles, proportionnant la largesse de ses dons à l’intensité de l’amour qu’elles lui témoignent.


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« La Traversée aux Disparus » de Eva Doumbia

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On estime à plusieurs dizaines, parfois des centaines de millions le nombre des disparus pendant la traite, des frères, sœurs, pères, cousins, époux, amants, fils, filles, disparus, morts sans sépultures, sans être nommés ni honorés. Les rescapés ont fondé des familles qui ne connaîtront jamais leur généalogie. De part et d’autre de l’océan, des familles possèdent une amputation.


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« Médée, poème enragé » de Jean-René Lemoine

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Après Face à la mère et la Cerisaie, Jean-René Lemoine revient à la MC93 avec Médée, poème enragé, un opéra pour un récitant accompagné d’un musicien. Cette réécriture du mythe, en trois mouvements, s’articule autour de la pulsion. Tout est vécu comme un rêve. Il s’agit de faire vivre et d’entrelacer les cultures, le passé et présent, pour essayer de créer un chant, une mythologie contemporaine avec ses pulsations et son lyrisme.


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« Lucrèce Borgia » de Victor Hugo

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Une femme. Une seule femme sur la scène (la princesse Negroni et ses invitées n’étant que des « passages ».) Une seule femme parmi des hommes. Pas n’importe quelle femme : Lucrèce Borgia. Belle, cruelle, monstre sanguinaire qui n’hésite pas à faire assassiner ceux qui la défient, créature débauchée, incestueuse, sorte de Phèdre ou de Médée, tel est le portrait que nous tracent d’elle les seigneurs de Venise et de Ferrare. Mais quand Hugo ouvre son drame, c’est d’une toute autre femme qu’il semble s’agir : il nous dévoile une amoureuse. Une amoureuse d’un jeune soldat nommé Gennaro.


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« Les Gens » de Edward Bond

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Les Gens fait partie de la quinte dite de Paris (Café, Le Crime du XXIe siècle, Naître, Les Gens, Innocence), et tourne autour de la question : qu’est-ce que veut dire être humain ? Edward Bond a confié qu’il a longtemps hésité à aller voir les toiles de Goya représentant les massacres de la guerre ; lorsqu’il le fit, ce fut pour lui, contre toute attente, une journée de grand bonheur – nous espérons que Les Gens aura le même effet sur les spectateurs.


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« Eugène Onéguine » de Alexandre Pouchkine

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Dans cette adaptation de l’œuvre de Pouchkine, c’est une véritable poussière d’or que ces jeunes acteurs font voltiger sur les pages du plus grand des poètes dont les Russes connaissent chaque vers par cœur. Cette connaissance profonde de l’œuvre leur a permis, par improvisations et tâtonnements, de réussir ce passage périlleux du roman en vers au théâtre en prose. Rimas Tuminas, metteur en scène lituanien et directeur artistique du théâtre Vakhtangov, crée une œuvre somptueuse, au lyrisme ni trop flamboyant ni trop grandiloquent.


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« Les Âmes offensées »

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Dire la continuité des mondes. Rechercher dans les moindres détails les attitudes intactes du passé. Celles décrites par nos aînés les voyageurs. Celles de nos rêves de gosses. En ethnologue, je sais que cette collecte est vaine ou presque. Et pourtant chacun de mes périples est un recommencement, un quasi entêtement. Prendre le temps, en vagabond curieux et exigeant. Déplier les territoires des êtres et des choses, en révéler les coulisses, en suivre les méandres, en restituer le sensible et l’anodin. Dans ces contrées lointaines, c’est dans l’imperceptible et le ténu qu’on saisit l’univers. Mon appareil photographique en carnet d’aquarelles. Elles permettent la caresse et le chevauchement, à la touche de lumière, avec cette palette étrange réduite au noir et blanc pour dire l’inquiétude. J’aime l’effort d’exploration, le temps de pause qu’elles demandent à ceux qui les regardent…


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« Le Voci di dentro » de Eduardo de Filippo

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En 1948, Eduardo de Filippo écrit les Voix intérieures en trois semaines. Le cinéma et le théâtre sont alors au zénith en Italie, une épopée que toute l’Europe célèbrera. « En cinq comédies, on peut raconter l’histoire de l’humanité » disait Eduardo de Filippo parlant de la condition humaine des années d’après-guerre : Naples millionnaire ! , Filumena Marturano, les Mensonges avec les longues jambes, Sacré Fantôme et les Voix intérieures, des comédies jouées dans le monde entier.


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« Ali Baba »

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Il est raconté dans les traditions et légendes qu’une nuit parmi les nuits, dans un lointain Orient, — or cette nuit-là était la nuit du Destin, Shéhérazade aux yeux de pharaonne, liseuse des Astres, dit à l’oreille du très cruel et tourmenté roi Schariar, pour ne pas perdre la vie d’une façon violente, une histoire envoûtante qui depuis s’est répandue dans le monde entier… Il m’est revenu, Ô Roi fortuné, qu’il y avait en les années d’il y a très longtemps et les jours du passé reculé et depuis des âges abolis, dans une ville d’entre les villes de la Perse, deux frères dont l’un se nommait Qâssim et l’autre Ali Baba…


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