Par Armelle Héliot

Mis à jour le 13/01/2019 à 17h37 | Publié le 13/01/2019 à 17h27

NOS FIGURES DE LA RENTRÉE – Après Normale sup, elle a préféré le théâtre. Elle joue, met en scène et dirige une salle à Lyon.

Elle est fraîche, fine, simple, directe. Elle est réfléchie et rieuse. Elle a un grand sens de la responsabilité, mais il y a en elle quelque chose d’espiègle. Elle est aérienne. Elle pourrait jouer Puck avec son clair regard, son teint nacré, son radieux sourire. Mais c’est le rôle grave d’Hermione que répète actuellement, à Lyon, dans le théâtre qu’elle dirige depuis deux ans, cette remarquable jeune femme de 31 ans. Elle se nomme Louise Vignaud et, depuis quelque temps, elle ne quitte plus l’affiche.

Louise Vignaud a grandi à Paris dans un milieu ouvert, épris de culture. Ses parents sont architectes. Sa sœur, Irène, plus jeune qu’elle, est scénographe et accompagne les créations de son aînée

Louise Vignaud a grandi à Paris dans un milieu ouvert, épris de culture. Ses parents sont architectes. Sa sœur, Irène, un peu plus jeune qu’elle, est scénographe et accompagne les créations de son aînée. Louise a fait de très sérieuses études de lettres. Elle a intégré l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Elle ne se voyait pas tout à fait universitaire. Le goût du théâtre la taraudait. Elle a d’ailleurs consacré son master 2 à «Roger Planchon et la lecture des classiques». Lyon, où elle vit aujourd’hui, et Villeurbanne, où elle a débuté comme metteuse en scène, se profilaient.

À l’École nationale supérieure d’arts et techniques du théâtre (la «rue Blanche» délocalisée), Louise a tout appris. Le jeu, la mise en scène, l’amour du plateau, des coulisses et de tous les métiers de l’illusion.

Christian Schiaretti, directeur du Théâtre national populaire, l’accueille dans un cycle de formation et de transmission et lui offre sa première chance: Louise Vignaud met en scène «Le Misanthrope». Nous sommes en janvier 2018. Trois mois plus tard, elle dirige de très grands caractères, Claude Mathieu, Thierry Hancisse, Jennifer Decker, notamment, au Studio de la Comédie-Française dans «Phèdre» de Sénèque. Magnifique travail.

 Se mesurer aux classiques

Elle a très tôt fondé sa compagnie : «La Résolue» et depuis elle dirige une salle de poche à Lyon, «Les Clochards» célestes. Quarante-huit places pour un laboratoire idéal. En ce moment, sous la direction de Sven Narbonne, elle répète donc Hermione dans «Andromaque» de Racine. Clara Simpson incarne la veuve d’Hector, Olivier Borle, comme elle de la troupe du TNP, Pyrrhus. Première le 15 janvier.

Louise aime se mesurer aux grands classiques, mais son temps la passionne. Après une adaptation du «Quai de Ouistreham» de Florence Aubenas, elle a monté Rebibbia d’après l’Italienne Goliarda Sapienza, plongée dans la plus grande prison de femmes de Rome. Un spectacle très maîtrisé que l’on espère voir repris à Paris.

Prochaine étape, «Agatha» de marguerite Duras dont elle apprécie la langue, les rythmes, les énigmes. Deux acteurs, Marine Béart et Sven Narbonne. Aux Clochards célestes bien sûr. Et résolument. Rendez-vous le 13 mars.