Nous recevons un immense metteur en scène de théâtre et d’opéras dont le nom, pour certains, évoque la figure d’un bâtisseur. Peter Stein a été Directeur de la Schaubühne à Berlin de 1970 à 1987.

Source : Franceculture.fr

Peter Stein a désormais quitté l’Allemagne pour l’Italie où, pas très loin de sa maison, il a fait construire une salle de répétition aussi grande, dit-on, que la prestigieuse institution berlinoise.

Son tempérament, il faut dire, le porte au devant des défis. Comme, par exemple lorsqu’il monte l’intégrale du Faust de Goethe, soit près de 23 heures de représentation. Sur la liste des auteurs qu’il a créés, on note Tchekhov, Schiller, Sophocle, Eschyle. Et puis Brecht, aussi, bien sûr, aux tous débuts. En effet, comment passer à côté de Brecht lorsqu’on est metteur en scène et né en Allemagne en 1937.

Rencontre avec un artiste entier qui s’attaque aujourd’hui à Samuel Beckett (il crée « La dernière bande » au théâtre de l’Oeuvre) et qui déclare que sa « religion c’est l’art ».

Affiche
Affiche Crédits : théâtre de l’oeuvre

Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp enregistre un compte rendu détaillé de son état et de ses agissements durant l’année écoulée. Chaque fois, il écoute l’une ou l’autre des bandes enregistrées des dizaines d’années auparavant, et il la commente. C’est dans cet éternel retour à son passé que réside maintenant sa seule lumière. Krapp, qui jadis déclarait ne plus rien vouloir de ce qu’il avait vécu, ne peut aujourd’hui exister que s’il parvient à être de nouveau ce qu’il fut : “Sois de nouveau, sois de nouveau. ” Il lui faut surtout être encore celui qui, “ quand il y avait encore une chance de bonheur ”, a vécu un instant d’amour. »

Extrait de La dernière bande de Samuel Beckett, publié aux Éditions de Minuit

Intervenants

  • Peter Stein : Metteur en scène, réalisateur, scénariste, acteur
  • Laurent Stocker : comédien sociétaire de la Comédie-Française